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Actualités - Chronologie

Sida , la mort programmée

Le virus du sida provoquerait le «suicide» de cellules sans les infecter, en imitant les messages émis par des substances naturellement présentes dans l’organisme, selon des travaux américains publiés dans la revue scientifique «Nature». Selon ces travaux, réalisés in vitro en laboratoire, le virus déclenche la «mort programmée», ou apoptose, d’une variété de globules blancs, qui ont un rôle de «tueurs professionnels» des cellules infectées. Les chercheurs auraient ainsi élucidé un des mystères liés à l’évolution du sida. Ce mécanisme passe par la transmission de signaux semblables à ceux émis dans l’organisme par des substances naturelles, appelées chimiokines, selon le Pr Jean-Claude Ameisen, spécialiste français qui commente ces recherches dans la revue. L’équipe conduite par les Prs Eric Verdin (université de Californie, San Francisco) et Georges Herbein (New York) a notamment montré que ce suicide cellulaire était induit par l’enveloppe du virus (protéine gp120), qui se fixe à une molécule CXCR4, située à la surface des cellules. Selon leurs travaux, une chimiokine naturelle — le SDF-1 (Stromal-Derived Factor-1) — qui se lie, comme le virus, avec les récepteurs CXCR4, peut également provoquer cette mort des cellules in vitro. Une autre équipe (Dr Joseph Hesselgesser, Californie), vient de montrer dans la revue Current Biology un phénomène semblable touchant les neurones. La mort de ces cellules conduit à l’épuisement des défenses immunitaires et à des démences. «On se demandait comment le virus tuait des cellules, dénuées de récepteurs CD4 (nécessaires à la pénétration du virus dans les cellules), comme les neurones ou les lymphocytes tueurs CD8», commente M. Ameisen. «Ces travaux apportent pour la première fois une explication à un effet délétère direct du virus sur ces populations de cellules», ajoute-t-il. Lors de la phase tardive de l’infection, chez la moitié environ des patients — porteurs d’une variété de virus dénommés «SI» («Syncytium Inducing») — la maladie progresse plus vite avec un effondrement des lymphocytes tueurs que l’organisme n’arrive plus à remplacer. Cette variété de virus a la particularité de se fixer sur les lymphocytes tueurs dotés de récepteurs CXCR4. Le suicide en masse des lymphocytes tueurs ne se produit qu’en présence d’autres cellules chargées d’éliminer les cellules mortes, les macrophages. Le virus s’arrime en effet également aux macrophages afin qu’ils envoient des signaux de mort aux globules tueurs, préalablement rendus réceptifs au suicide, en mimant la chimiokine. «Les stratégies thérapeutiques, visant à bloquer l’action vitale pour l’embryon de la chimiokine SDF-1 et du récepteur CXRC4, dépendront de leur rôle chez l’adulte. Des expérimentations animales sont nécessaires pour vérifier ce qui se passe dans un corps entier et pour savoir si elles peuvent être bloquées sans danger», a estimé le PR Aseimen (hôpital Bichat, Paris). (AFP)
Le virus du sida provoquerait le «suicide» de cellules sans les infecter, en imitant les messages émis par des substances naturellement présentes dans l’organisme, selon des travaux américains publiés dans la revue scientifique «Nature». Selon ces travaux, réalisés in vitro en laboratoire, le virus déclenche la «mort programmée», ou apoptose, d’une variété de globules blancs, qui ont un rôle de «tueurs professionnels» des cellules infectées. Les chercheurs auraient ainsi élucidé un des mystères liés à l’évolution du sida. Ce mécanisme passe par la transmission de signaux semblables à ceux émis dans l’organisme par des substances naturelles, appelées chimiokines, selon le Pr Jean-Claude Ameisen, spécialiste français qui commente ces recherches dans la revue. L’équipe conduite par les Prs Eric...