L’entraîneur de l’équipe d’Espagne Javier Clemente, très critiqué depuis la piètre prestation de la Seleccion à la Coupe du monde, a annoncé jeudi sa démission. Cette décision survient cinq jours après une nouvelle défaite de l’Espagne, dans son premier match éliminatoire de l’Euro 2000, contre la modeste équipe de Chypre 3-2. Javier Clemente a expliqué que cette décision a été prise «pour le bien des joueurs et du football espagnol». Lors d’une conférence de presse, il a déclaré qu’il aurait préféré rester à son poste, mais que les medias avaient créé un tel «climat de tension» qu’il lui était désormais impossible d’assumer ses fonctions. Parfois surnommé l’ours basque, Clemente avait pris la direction de l’équipe nationale en 1992, en remplacement de Vicente Miera, après la non-qualification des Espagnols pour l’Euro suédois. Malgré toutes les critiques qui s’étaient acharnées contre lui après l’élimination de l’Espagne dès le premier tour du Mondial, il avait déjà juré poursuivre son contrat jusqu’au terme prévu, dans deux ans. La chute brutale Homme de conviction, forte tête et volontiers «grande gueule», Javier Clemente, 48 ans, porté aux nues avant le Mondial, a été brutalement contraint d’annoncer son départ. Sous sa férule depuis septembre 92, la sélection a remporté en six ans 37 victoires en 62 parties (19 matches nuls, 6 défaites) et participé à tous les sommets internationaux, faisant défiler 74 joueurs dans l’équipe nationale. Né à Barakaldo, près de Bilbao (Pays basque, nord), Clemente avait commencé une belle carrière de joueur avec l’Athletic Bilbao mais une fatale blessure au genou devait y mettre fin prématurément, à l’âge de 23 ans. Il s’était alors vu confier la représentation de la marque sportive Addidas pour le Pays basque. Après plusieurs années difficiles, s’aidant de béquilles, il revient dans son club comme entraîneur. Sous sa baguette, parfois rigide, les Basques de l’Athletic gagneront en un lustre (1981-86) deux titres de champions (1983 et 84), une Coupe d’Espagne (1984) et la Super-coupe (1984). Sur sa lancée, Clemente emmènera l’Espanyol Barcelone en finale de la Coupe de l’UEFA en 1988 contre les Allemands de Leverkusen, avant d’entraîner l’Atletico Madrid, puis de nouveau l’Athletic et l’Espanyol au début des années 90. La meilleure attaque, c’est la défense: telle pourrait être en résumé la doctrine de Clemente, de l’Athletic à la sélection. Son mauvais caractère légendaire va de pair, selon ceux qui le connaissent, avec une grande fidélité en amitié. Domicilié au Pays basque, Clemente se définit comme «basque, espagnol et européen». L’homme, qui, avant le Mondial 98, avait sû imprimer sa rage de vaincre à l’Espagne, a engrangé cet été des échecs qui ont soudainement épuisé en quelques semaines six ans de popularité. En France, où l’Espagne se présentait comme une des favorites, les hommes de Clemente, qui l’ont défendu jusqu’au bout, ont été sortis dès le premier tour avec une défaite contre le Nigeria et un match nul sans gloire contre le Paraguay. La défaite samedi (3-2) en éliminatoires de l’Euro-2000, contre la modeste équipe de Chypre, jadis battue 6-0 par la sélection, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Une gigantesque clameur s’est alors élevée en Espagne contre «Javi», canalisée par la presse et relayée par les politiques, y compris par le gouvernement. Tandis que la ministre de la Culture Ezperanza Aguirre l’invitait à démissionner, Clemente, fidèle à lui-même, la remettait vertement en place: «Dans quelques jours, je dirai à Ezperanza Aguirre ou à Jose Maria Aznar (NDLR: le chef du gouvernement) ce qu’ils doivent faire dans le pays». Avec sa démission déguisée de jeudi, Clemente a tiré sa révérence. «Le méchant du film s’en va», a-t-il lâché, sans dissimuler son amertume. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’entraîneur de l’équipe d’Espagne Javier Clemente, très critiqué depuis la piètre prestation de la Seleccion à la Coupe du monde, a annoncé jeudi sa démission. Cette décision survient cinq jours après une nouvelle défaite de l’Espagne, dans son premier match éliminatoire de l’Euro 2000, contre la modeste équipe de Chypre 3-2. Javier Clemente a expliqué que cette décision a été prise «pour le bien des joueurs et du football espagnol». Lors d’une conférence de presse, il a déclaré qu’il aurait préféré rester à son poste, mais que les medias avaient créé un tel «climat de tension» qu’il lui était désormais impossible d’assumer ses fonctions. Parfois surnommé l’ours basque, Clemente avait pris la direction de l’équipe nationale en 1992, en remplacement de Vicente Miera, après la...