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Actualités - Chronologie

Karadzic se cache mais n'a pas disparu des mémoires

L’homme le plus recherché de Bosnie, Radovan Karadzic, reste un héros pour de nombreux Serbes de Bosnie, malgré les accusations de crimes de guerre. A cause de son inculpation par le Tribunal pénal international (TPI), Karadzic, 53 ans, n’a pas le droit de participer aux élections présidentielles et législatives des 12 et 13 septembre. Mais à Pale, un village de montagne près de Sarajevo dont il avait fait son fief lors de la guerre de Bosnie (1992-95), comme dans nombre d’autres localités de l’entité serbe, la Republika Sprska (RS), le nom de Karadzic attire encore le respect. «Tout ce que je peux dire, c’est que mes vœux l’accompagnent», déclare Jelena, 51 ans, professeur qui, comme les autres habitants de Pale interrogés, refuse que son nom complet soit cité. «Il était, et sera toujours, mon président». «Nous l’avons suivi», confirme Danica, 63 ans. «S’il ne nous avait pas dirigés, nous les Serbes, nous aurions disparu». Chez les jeunes aussi on soutient l’ancien leader. «Je pense qu’il a fait du bon travail, je pense qu’il est OK», dit Slaja, 16 ans. Pour le TPI par contre, Karadzic, l’ancien psychiatre devenu architecte de l’épuration ethnique pour «sauver les Serbes», est tout sauf «OK». Il est inculpé deux fois de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, pour les 43 mois de siège sanglant de Sarajevo, et pour les massacres de 7.000 civils musulmans à Srebrenica en juillet 1995. Et pourtant il est toujours en liberté, selon des rumeurs passant de maison en maison dans la partie orientale, peu peuplée et au relief accidenté, de la RS, frontalière avec la République fédérale de Yougoslavie. La Force de stabilisation de l’OTAN (SFOR), qui a appréhendé plusieurs suspects recherchés par le TPI dans des opérations de commando, n’a toujours pas agi contre lui, trois ans après sa première inculpation. Les chefs de la SFOR, dit-on dans les milieux militaires, craignent qu’une tentative d’arrestation ne dégénère en affrontements meurtriers avec ses gardes du corps, ou provoque des représailles des Serbes qui lui sont loyaux, par exemple des prises d’otages d’étrangers travaillant pour les organisations internationales. Bien que Karadzic ait disparu depuis la fin de l’an dernier de sa maison de Pale, sa femme et ses enfants sont restés dans la petite ville et leur influence y demeure. Sa famille a démenti toute possibilité qu’il se rende de son propre gré. Par contre, au niveau politique, il a perdu le contrôle qu’il exerçait encore, même de façon occulte après la fin de la guerre: depuis janvier un gouvernement modéré installé dans l’Ouest, à Banja Luka, a ravi à Pale le pouvoir en RS. Le Parti démocratique serbe (SDS), dont Karadzic était le chef, reste l’adversaire principal du nouveau régime de la présidente Biljana Plavsic et du premier ministre Milorad Dodik. (AFP)
L’homme le plus recherché de Bosnie, Radovan Karadzic, reste un héros pour de nombreux Serbes de Bosnie, malgré les accusations de crimes de guerre. A cause de son inculpation par le Tribunal pénal international (TPI), Karadzic, 53 ans, n’a pas le droit de participer aux élections présidentielles et législatives des 12 et 13 septembre. Mais à Pale, un village de montagne près de Sarajevo dont il avait fait son fief lors de la guerre de Bosnie (1992-95), comme dans nombre d’autres localités de l’entité serbe, la Republika Sprska (RS), le nom de Karadzic attire encore le respect. «Tout ce que je peux dire, c’est que mes vœux l’accompagnent», déclare Jelena, 51 ans, professeur qui, comme les autres habitants de Pale interrogés, refuse que son nom complet soit cité. «Il était, et sera toujours, mon...