L’anxiété grandit dans les rangs des alliés démocrates de Bill Clinton, qui avaient hier les yeux rivés sur leurs écrans de télévision et les réactions du grand public au nouveau grand déballage des frasques sexuelles de leur président. Si nombre d’élus démocrates avouent en privé avoir été profondément blessés, voire «trahis», par les mensonges de Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky, la grande majorité d’entre eux jusqu’ici se sont efforcés de «limiter la casse». Sans grand succès pour l’instant, ils cherchent à éviter l’ouverture d’une procédure de destitution présidentielle le mois prochain au Congrès, ce qui risquerait de plonger l’ensemble du parti dans une crise dont il aurait beaucoup de mal à se relever. Beaucoup craignent de se retrouver mardi dans une position beaucoup plus intenable, lorsque toute l’Amérique aura subi le déluge des nouvelles révélations sur le scandale avec la diffusion intégrale à la télévision de la déposition sous serment faite le 17 août par M. Clinton devant une Chambre de mise en accusation fédérale et la publication de 2.800 pages d’annexes, à peine expurgées, au rapport du procureur indépendant Kenneth Starr. Le soutien populaire dont bénéficiait M. Clinton au lendemain de la publication du rapport Starr commence à s’éroder. Selon un sondage publié ce week-end par le magazine Newsweek, 46% des Américains estiment maintenant que leur président devrait penser à démissionner contre 39% il y a une semaine. Et 41% approuvent l’idée d’auditions au Congrès sur une procédure de destitution contre 35% il y a huit jours. Enfin, 64% souhaitent que M. Clinton soit réprimandé par le Congrès contre 54%. Dimanche dans son éditorial, le Washington Post, qui jusqu’ici s’était montré plutôt sur la réserve, a accentué ses critiques, en jugeant que M. Clinton «devrait avoir la grâce de dire au pays que sa conduite pose réellement le problème de son maintien au pouvoir, même si c’est pour ajouter immédiatement qu’il souhaite se voir donner cette chance». Une nouvelle dégradation de l’image présidentielle pourrait avoir des conséquences catastrophiques lors des élections du 3 novembre pour le renouvellement de l’ensemble de la Chambre des représentants et du tiers du Sénat. Les républicains n’ont besoin que de cinq sièges supplémentaires au Sénat pour s’assurer la majorité des deux tiers. Elle leur permettrait de faire voter systématiquement leur programme politique. Une telle perspective aboutirait à une paralysie du président. Les instituts de sondages prédisent déjà des taux record d’absentéisme, les électeurs étant désabusés par un président menteur et dépravé. Ils prévoient par contre que ceux votant traditionnellement à droite se rendront aux urnes pour exprimer leur volonté de pousser Bill Clinton à la démission ou à la destitution. Certains des élus démocrates, et non des moindres, jugent avec beaucoup de sévérité la ligne de défense juridique du président. Ses avocats continuent à affirmer qu’il n’a «techniquement pas menti» dans sa déposition, ses ébats érotiques avec sa jeune stagiaire ne constituant pas des relations sexuelles au sens où l’entendait le président. Le chef de la minorité démocrate au Sénat Thomas Daschle a appelé M. Clinton à «cesser de couper les cheveux en quatre» et à reconnaître qu’il avait menti et son homologue à la Chambre de représentants Richard Gephardt s’est montré presque aussi sévère. Deux démocrates conservateurs de la Chambre des représentants, Paul McHale (Pennsylvanie) et Gene Taylor (Mississippi), ont même signé un appel à la démission du président lancé il y a huit jours par le représentant républicain George Radanovich. Cet appel a été signé par 54 parlementaires républicains. (AFP)
L’anxiété grandit dans les rangs des alliés démocrates de Bill Clinton, qui avaient hier les yeux rivés sur leurs écrans de télévision et les réactions du grand public au nouveau grand déballage des frasques sexuelles de leur président. Si nombre d’élus démocrates avouent en privé avoir été profondément blessés, voire «trahis», par les mensonges de Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky, la grande majorité d’entre eux jusqu’ici se sont efforcés de «limiter la casse». Sans grand succès pour l’instant, ils cherchent à éviter l’ouverture d’une procédure de destitution présidentielle le mois prochain au Congrès, ce qui risquerait de plonger l’ensemble du parti dans une crise dont il aurait beaucoup de mal à se relever. Beaucoup craignent de se retrouver mardi dans une position beaucoup plus...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.