Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Belgrade refuse résolument une véritable autonomie au Kosovo

Le pouvoir serbe affirme sa volonté de «normaliser» la situation au Kosovo, mais s’emploie en même temps à galvaniser l’opinion sur le thème du refus d’une véritable autonomie de la province, réclamée par la Communauté internationale. Alors que les forces serbes continuent de «nettoyer» les derniers bastions de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), faisant chaque jour de nouvelles victimes et personnes déplacées, le gouvernement rend la partie albanaise responsable du blocage des négociations sur le statut de la province. Les Kosovars refusant toute négociation directe tant que les opérations militaires serbes n’auront pas cessé, les contacts entre les deux parties s’effectuent exclusivement par l’intermédiaire de l’émissaire américain Christopher Hill. Sous la pression américaine, le président yougoslave Slobodan Milosevic a proposé début septembre aux Albanais de conclure un accord conférant au Kosovo «un certain degré d’auto-administration» pendant une période intérimaire de 3 à 5 ans, sans fournir plus de détails. La partie albanaise a avancé son propre projet d’accord intérimaire, qui prévoit de faire du Kosovo une troisième république yougoslave, aux côtés de la Serbie et du Monténégro, une option inacceptable pour Belgrade qui insiste sur le maintien de l’intégrité de la Serbie, dont la province fait partie. Les Etats-Unis, de leur côté, ont soumis aux deux parties un texte prévoyant de doter la province d’un Parlement, d’un gouvernement, d’un «représentant» en chef et d’un superviseur international, mais qui laisse en suspens la définition du statut du Kosovo. A une semaine d’une session du Parlement serbe consacrée au Kosovo et appelée à définir la position de Belgrade, porte-parole officiels, partis politiques et presse pro-gouvernementale rivalisent de zèle pour condamner les «terroristes» de l’UCK et proclamer que «le Kosovo restera partie intégrante de la Serbie». Un droit constitutionnel «Si les terroristes n’ont pas encore été éliminés, c’est parce qu’ils sont soutenus par l’Occident», l’immense majorité des Kosovars est «loyale» au pouvoir serbe et ne demande qu’à user des «droits que leur confère la Constitution» et ceux qui ne reconnaissent pas la Serbie comme leur Etat, n’ont qu’à aller vivre en Albanie, sont autant de thèses soutenues tambour battant. Pour illustrer le «profil» des rebelles de l’UCK, les autorités judiciaires ont publié les résultats d’une «enquête» parmi 411 membres arrêtés de cette organisation: 70% d’entre eux ont déclaré qu’à leur sortie de prison, ils continueraient à se battre pour l’indépendance et 43% ne parlent pas le serbe, selon ce rapport cité dimanche par le quotidien Dnevni Telegraf. Le gouvernement affirme qu’«il n’y a pas de crise humanitaire» au Kosovo et que ceux qui campent encore dans les forêts et les montagnes — 50.000 selon les organisations internationales — le font à l’instigation de l’UCK à des fins de «propagande». «Tout est sous contrôle, en particulier sur le plan humanitaire», a déclaré dimanche Andreja Milosavljevic, ministre coordonnateur serbe pour le Kosovo, cité par l’agence Beta. «La vie reprend son cours normal (...), les entreprises, où Serbes et Albanais travaillent côte à côte, ont repris leur production, le trafic routier a été rétabli, les écoles et les hôpitaux fonctionnent normalement», a-t-il affirmé. Pour leurs menaces répétées d’intervention de l’OTAN au Kosovo, les ministres allemands des Affaires étrangères et de la Défense, Klaus Kinkel et Volker Ruehe, sont la cible privilégiée de la propagande officielle et des partis nationalistes, ces derniers n’hésitant pas à les comparer aux nazis. Les autorités minimisent ces menaces: une intervention militaire est exclue «car la Russie ne le permettra pas», a affirmé cette semaine Ivica Dacic, porte-parole du Parti socialiste de M. Milosevic. (AFP - Reuters)
Le pouvoir serbe affirme sa volonté de «normaliser» la situation au Kosovo, mais s’emploie en même temps à galvaniser l’opinion sur le thème du refus d’une véritable autonomie de la province, réclamée par la Communauté internationale. Alors que les forces serbes continuent de «nettoyer» les derniers bastions de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), faisant chaque jour de nouvelles victimes et personnes déplacées, le gouvernement rend la partie albanaise responsable du blocage des négociations sur le statut de la province. Les Kosovars refusant toute négociation directe tant que les opérations militaires serbes n’auront pas cessé, les contacts entre les deux parties s’effectuent exclusivement par l’intermédiaire de l’émissaire américain Christopher Hill. Sous la pression américaine, le président...