Le système cellulaire a fait l’objet d’une réussite foudroyante au Liban depuis son démarrage en mai 1995 et jusqu’aujourd’hui. Cependant, son avenir est actuellement sur la sellette, vu la décision du gouvernement libanais de stopper la distribution de nouvelles lignes cellulaires; les deux opérateurs, Cellis et LibanCell, ayant atteint chacun le plafond des 250.000 lignes. Le marché actuel de la téléphonie mobile est presque complètement bloqué et nul ne peut obtenir de ligne à moins d’user de savants subterfuges. Cependant, Cellis et LibanCell, les deux opérateurs concernés, ne perdent pas espoir et parlent de négociations en cours avec le ministère des Postes et Télécommunications, sans toutefois en préciser la teneur. En mai 1995, un contrat de type BOT (Build, Operate and Transfer) est signé entre les deux opérateurs Cellis et LibanCell d’une part, et le ministère des P&T d’autre part. Ce contrat donne une exclusivité de 7 ans et demi aux deux sociétés distribuant les lignes cellulaires sur le marché libanais, par rapport à l’introduction d’un troisième opérateur. Ce contrat est signé pour une durée de dix ans, avec une extension possible de deux ans, si les deux parties concernées le souhaitent. Selon des sources responsables des deux sociétés, le contrat BOT ne prévoit pas de limites au raccordement de nouvelles lignes cellulaires, mais il indique clairement que les opérateurs sont dans l’obligation de développer un réseau qui puisse satisfaire la demande du marché. Ceux-ci se sont donc exécutés, mais le gouvernement, lui, a choisi de se référer à une clause de l’arrêté ministériel, qui peut être interprétée comme un plafond de 250.000 lignes, et a empêché toute distribution de lignes de la part de Cellis et LibanCell. Ce différend provient, selon M. Hassan Rifaï, directeur général de LibanCell, d’une interprétation différente des deux parties de certaines clauses du contrat. Et les négociations se poursuivent afin de trouver une issue rapide et définitive à ce blocage. Les deux opérateurs étant actuellement dans l’impossibilité de répondre aux besoins de leurs clients, un marché noir de lignes cellulaires et de cartes prépayées a immédiatement vu le jour suite à l’annonce du ministère des P&T de geler l’action de chaque opérateur dès l’atteinte du plafond des 250.000 lignes. Une demande artificielle et acharnée a donc émergé, et les prix ont accusé des hausses vertigineuses. Les deux sociétés affirment qu’elles ne sont en aucun cas impliquées dans ce marché parallèle. Entre-temps, des modèles de cellulaires de plus en plus sophistiqués voient le jour, et le privilégié qui possède une ligne cellulaire, aujourd’hui, et un appareil acheté l’an dernier, ne se prive pas, lui, de lorgner vers ces nouvelles merveilles technologiques et esthétiques. Car un cellulaire a une durée de vie d’à peu près un an et demi. Après cette période, il est certainement encore en excellent état, mais on s’en lasse, et on recherche le dernier-né des appareils, le plus récent, le plus beau, le plus performant.
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