La tension à la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan dominait les entretiens à Paris du prince héritier d’Arabie Séoudite Abdallah Ben Abdel Aziz. Le conflit entre les deux républiques islamiques a été d’emblée examiné avec les dirigeants français dès le premier jour de la visite du prince. Alliée de Washington, l’Arabie Séoudite, qui avait financé la montée en puissance des taliban avec l’appui du Pakistan, est un des rares pays à reconnaître le régime de Kaboul, et peut donc jouer un certain rôle pour réduire les tensions entre les deux adversaires. Cependant les relations entre Ryad, qui joue la modération, et les extrémistes taliban ont perdu de leur vigueur, ce qui limite la marge de manœuvre des Séoudiens, souligne-t-on. Le représentant des taliban à Ryad n’en a pas moins déclaré il y a quelques jours que son gouvernement était favorable à une médiation séoudienne et pakistanaise pour dénouer la crise avec l’Iran. Après des années de brouille, le royaume séoudien a, également sous la férule du prince Abdallah, repris ses relations avec Téhéran. Le dirigeant séoudien a d’ailleurs indiqué qu’il avait fait passer un message d’apaisement, en particulier auprès de l’Iran et «qu’il espérait être entendu», selon le porte-parole de l’Elysée. Au cours des derniers jours, le royaume a exhorté Téhéran et Kaboul à faire «preuve de retenue» et à régler leur conflit de manière pacifique. Dans l’immédiat cependant, l’évolution de la crise devrait dépendre de la réunion prévue lundi à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, entre les six voisins de l’Afghanistan dont l’Iran, ainsi que les Etats-Unis et la Russie. Ryad craint une dégénération de la crise Quoi qu’il en soit, les Séoudiens sont très inquiets de voir la crise actuelle dégénérer en conflit armé aux conséquences imprévisibles sur la stabilité régionale, et celle du Royaume. L’Arabie Séoudite, qui a dû faire face ces dernières années à des attentats terroristes, est particulièrement sensible à toute montée de l’extrémisme et du fanatisme dans la région. La question de la sécurité dans le Golfe, mais aussi les relations bilatérales, ont été d’ailleurs examinées entre le prince Abdallah, en sa qualité de chef de la Garde nationale, et le ministre français de la Défense, Alain Richard. Après l’acquisition de matériels français pour son armée de terre et par sa marine, l’Arabie Séoudite est toujours en discussion avec la France pour l’achat de quelque 300 chars de combat Leclerc, ainsi que d’autres équipements (radiocommunications et blindés légers). L’approfondissement du «dialogue politique» entre Paris et Ryad devrait aussi faire l’objet vendredi de discussions entre le chef de la diplomatie française Hubert Védrine et son homologue séoudite le prince Séoud al-Fayçal. Après Londres, où il a été reçu par la reine Elisabeth et le premier ministre Tony Blair, et Paris qu’il quittera vendredi, l’héritier du trône sera la semaine prochaine à l’Assemblée générale de l’ONU, et à Washington. Puis, il entamera la troisième partie de son périple en Asie. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La tension à la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan dominait les entretiens à Paris du prince héritier d’Arabie Séoudite Abdallah Ben Abdel Aziz. Le conflit entre les deux républiques islamiques a été d’emblée examiné avec les dirigeants français dès le premier jour de la visite du prince. Alliée de Washington, l’Arabie Séoudite, qui avait financé la montée en puissance des taliban avec l’appui du Pakistan, est un des rares pays à reconnaître le régime de Kaboul, et peut donc jouer un certain rôle pour réduire les tensions entre les deux adversaires. Cependant les relations entre Ryad, qui joue la modération, et les extrémistes taliban ont perdu de leur vigueur, ce qui limite la marge de manœuvre des Séoudiens, souligne-t-on. Le représentant des taliban à Ryad n’en a pas moins déclaré il y...