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Actualités - Chronologie

Les instituts de sondage mis à rude épreuve

La classe politique allemande et les électeurs ont les yeux rivés sur les instituts de sondages, dont les oracles sont écoutés avec d’autant plus d’attention que l’écart se resserre entre Helmut Kohl et Gerhard Schroeder, mais leur fiabilité est mise à rude épreuve. Depuis la victoire, dimanche en Bavière, de l’allié régional du chancelier Kohl, l’Union chrétienne-sociale (CSU), la nervosité est à son comble dans les états-majors politiques. La CSU a déjoué la plupart des pronostics: les sondeurs prédisaient son recul mais elle a renforcé ses positions tandis qu’en guise de percée, les sociaux-démocrates (SPD) ont perdu du terrain. Helmut Kohl veut croire à «l’effet bavarois» pour doper ses deux dernières semaines de campagne. Et de fait, un premier sondage réalisé au lendemain de ce scrutin régional par l’institut Forsa révèle une progression de deux points, à 38%, de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Il n’est plus ainsi qu’à trois points du SPD de Gerhard Schroeder qui en perd un, à 41%. Le chancelier Kohl a coutume de le dire, au point d’en faire un leitmotiv de sa campagne:«Les autres gagnent les sondages, moi je gagne les élections». Et l’histoire semble lui donner raison. Pour le scrutin d’octobre 1994 déjà, devancé jusqu’à printemps par son rival social-démocrate (SPD) d’alors, Rudolf Scharping, il avait renversé la tendance dans les derniers mois de la campagne et remporté de justesse le scrutin. Dimanche en Bavière, la SCU a encore renforcé sa confortable majorité absolue avec 52,9% des suffrages. Deux jours plus tôt, un institut réputé, Forsa, ne lui en accordait pourtant que 49%, pronostiquant une progression du SPD qui a perdu du terrain. Exemple encore plus frappant de la relativité des sondages: les élections de Saxe-Anhat, fin avril dans l’ex-RDA. Si certains instituts avaient auguré une entrée de l’exrême-droite au Parlement régional — il faut recueillir au moins 5% des voix — aucun n’avait vu venir la marée brune qui a emporté 12,9% des suffrages. Bon sens Le directeur d’Infratst-Dimap, Reinhard Schlinkert dresse ce postulat de bon sens: «Les sondages sont une photographie de l’opinion à un moment donné et en aucun cas une projection au jour des élections. Nous ne sommes pas des oracles». Avec un parti crédité de 40% des intentions de vote, relève-t-il, la marge d’erreur est de toute façon de 2,7%. Pour Reihnard Schlinkert, la surprise du scrutin du 27 septembre pourrait venir, comme en 1994, de l’ex-RDA. «L’optimisme des Allemands de l’Est s’est considérablement renforcé. 55% pensent aujourd’hui que la situation économique va s’améliorer dans les prochains mois, soit 12% de plus qu’en mai», note-t-il. Un autre analyste, qui préfère garder l’anonymat pour ne pas se voir reprocher ses extrapolations audacieuses, va plus loin encore. La CDU, imagine-t-il, pourrait gagner tant de terrain à l’est qu’elle progresserait facilement de 2% à l’échelon fédéral, sans compter l’«effet Bavière». Et comme les Verts reprennent du poil de la bête au détriment du SPD, Helmut Kohl peut encore raisonnablement espérer devancer son challenger au soir du 27 septembre. Difficile pour les sondeurs, dans ces conditions, de garder la tête froide. Chacun se trouve mille bonnes raisons de se tromper. Edgar Piel, de l’institut Allensbach, souligne que nombre d’électeurs annoncent qu’ils vont voter pour le SPD parce que ce parti est «in» et changent d’avis dans l’isoloir. Son collègue de l’Institut d’étude de marché de Leipzig, Reinhard Guenther, invoque «le grand nombre d’électeurs indécis», et le patron de Forsa, Manfred Guellner, les abstentionnistes de dernière minute. Juergen Hofrichter, de Dimap, tremble déjà à l’idée de la versatilité des 3,3 millions de jeunes électeurs appelés pour la première fois aux urnes le 27 septembre. (AFP)
La classe politique allemande et les électeurs ont les yeux rivés sur les instituts de sondages, dont les oracles sont écoutés avec d’autant plus d’attention que l’écart se resserre entre Helmut Kohl et Gerhard Schroeder, mais leur fiabilité est mise à rude épreuve. Depuis la victoire, dimanche en Bavière, de l’allié régional du chancelier Kohl, l’Union chrétienne-sociale (CSU), la nervosité est à son comble dans les états-majors politiques. La CSU a déjoué la plupart des pronostics: les sondeurs prédisaient son recul mais elle a renforcé ses positions tandis qu’en guise de percée, les sociaux-démocrates (SPD) ont perdu du terrain. Helmut Kohl veut croire à «l’effet bavarois» pour doper ses deux dernières semaines de campagne. Et de fait, un premier sondage réalisé au lendemain de ce scrutin...