Dans les églises, au Congrès, à la télévision, les représentants de la communauté noire montent au créneau pour apporter leur soutien à Bill Clinton. Alors que le président lutte pour sa survie, une majorité de Noirs américains ne manque pas de voir dans l’acharnement du procureur indépendant Kenneth Starr à son égard le spectre d’une persécution dont eux-mêmes continuent de se sentir victimes. Les récents sondages montrent que les Noirs ont une vue sensiblement divergente de celle des Blancs sur les problèmes de Bill Clinton et lui apportent un soutien quasi inconditionnel. Selon un sondage rendu public par la chaîne CNN, 90% de Noirs américains affirment ainsi avoir une opinion favorable sur la manière dont le président Clinton gouverne le pays, contre 59% de Blancs. «Plus que d’autres présidents, il a donné des chances aux Noirs», indique Ron Walters, professeur en sciences politiques à l’université du Maryland. Il attribue l’affinité entre le président Clinton et la communauté noire à deux facteurs: «empathie et absence d’alternative». «En tant que Noirs américains, en tant que communauté qui a eu trop souvent par le passé à lutter pour que la justice et l’égalité soient appliquées dans le système juridique, nous ne pouvons permettre que quiconque soit persécuté pour des motifs politiques», indiquait dimanche sur NBC Maxine Waters, représentante démocrate de Californie, et présidente du Black Caucus, regroupant les parlementaires noirs du Congrès. Comme beaucoup de Noirs, Maxine Waters s’affirme personnellement «choquée et attristée» par le contenu du rapport de Kenneth Starr. Mais elle estime que «président ou balayeur» tout Américain doit voir ses «droits respectés». Le Black Caucus a été le seul groupe parlementaire à voter à l’unanimité la semaine dernière au Congrès contre la publication immédiate du rapport Starr, estimant que le président devait au moins avoir la possibilité de le voir en premier. Gestes symboliques S’expliquant sur CNN John Conyers, démocrate noir du Michigan, et membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a estimé que la publication de «ce document dégoûtant digne des tabloïds» n’a rien à voir avec l’enquête et «révèle les motifs partisans dont a été accusé Starr». Le poids politique de l’électorat noir, qui représente 10% de la population, sera important pour les élections de novembre. «Le vote noir a fait la différence en 1992 et 1996», rappelle le professeur Walters, avec respectivement 83% et 84% des voix en faveur de Bill Clinton. Originaire d’un Etat du Sud où la ségrégation raciale était loi, Bill Clinton a toujours démontré des affinités particulières envers la communauté noire et ses dirigeants, affirmant notamment son admiration pour le prix Nobel de la Paix Martin Luther King, dont il peut réciter certains discours de mémoire. M. Clinton a choisi une petite église noire le mois dernier pour sa première sortie en public depuis ses aveux télévisés. Lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas, il a nommé plus de Noirs à des postes de responsabilité que tous ses prédécesseurs. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, il a également choisi plusieurs Noirs comme membres de son cabinet. Il a également multiplié les gestes symboliques à l’égard de la communauté noire, présentant notamment les excuses de l’Amérique à des Noirs utilisés comme cobayes et lançant un ambitieux programme sur les questions raciales aux Etats-Unis. En outre, son voyage historique de douze jours en Afrique en mars dernier est également allé droit au cœur des Noirs américains. Certains d’entre eux cependant voient dans l’attitude de Bill Clinton une manipulation démagogique. Mais au cœur des églises noires, le pardon pour ses errements, ponctué de sermons sur la rédemption, reste généreux. Et comme le rappelle le professeur Walters: «Les Noirs sont les Américains qui fréquentent le plus les églises et depuis longtemps, nous avons dû apprendre à pardonner pour survivre». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans les églises, au Congrès, à la télévision, les représentants de la communauté noire montent au créneau pour apporter leur soutien à Bill Clinton. Alors que le président lutte pour sa survie, une majorité de Noirs américains ne manque pas de voir dans l’acharnement du procureur indépendant Kenneth Starr à son égard le spectre d’une persécution dont eux-mêmes continuent de se sentir victimes. Les récents sondages montrent que les Noirs ont une vue sensiblement divergente de celle des Blancs sur les problèmes de Bill Clinton et lui apportent un soutien quasi inconditionnel. Selon un sondage rendu public par la chaîne CNN, 90% de Noirs américains affirment ainsi avoir une opinion favorable sur la manière dont le président Clinton gouverne le pays, contre 59% de Blancs. «Plus que d’autres présidents, il a...