Le dernier «Roi des rois» d’Egypte règne sur le marché aux chameaux du Caire, un des plus réputés du Moyen-Orient, imposant le respect à ses pairs qui l’ont reconnu comme le meilleur marchand et ont recours à lui pour arbitrer leurs litiges. «Je suis le Roi des rois car je règne sur les autres marchands qui sont eux des rois», affirme Mohamed Abdel Aal, faisant allusion aux dix-huit propriétaires d’écuries pour lesquels travaillent des centaines de petits vendeurs. Imposant, Mohamed Abdel Aal, 45 ans, porte des lunettes noires sur son visage carré, Rolex au poignet, solitaire au petit doigt, et une galabiyah (robe masculine) bleue immaculée. Il exhibe un document, intitulé «dynastie des Ashrafs» (descendants du prophète Mahomet), délivré par l’administration gouvernementale, et cultive une attitude majestueuse en distribuant des ordres à ses vendeurs depuis sa demeure. Assis à l’ombre du patio de sa petite maison blanchie à la chaux au cœur du marché, il joue nonchalamment avec son fouet en cuir d’hippopotame et reçoit les marchands venus le saluer. «Le marché est composé d’entités autonomes. Les vendeurs dépendent des 18 plus gros marchands. Mais nous respectons et faisons confiance à Mohamed parce qu’il est le meilleur et le plus riche d’entre nous», affirme un des marchands. Soudain, son «royaume» se remplit de dromadaires, la patte avant attachée, suivis d’une cohorte d’offrants qui se chamaillent, font monter les enchères, et vont jusqu’à bâillonner les importuns qui risquent de leur faire perdre la vente. Froid, peu loquace, le «Roi» juge d’un regard la marchandise, écoute les offrants s’apostropher, fixe le prix en fonction des cours du marché puis joint la main du vendeur à celle d’acheteur qui lui paraît le plus sérieux. Ses décisions sont sans appel. La reconnaissance de ses pairs lui permet d’être réélu chaque année pour les représenter auprès des autorités. Une fonction qui lui vaut l’admiration des jeunes. «La police ne vient jamais ici, nous avons nos lois et c’est le Roi qui les fait respecter», affirme ainsi Aladdin, vendeur de chameaux. «Je suis Roi depuis dix ans et avant moi c’était mon père. Ma famille est dans les affaires depuis 500 ans», indique fièrement M. Abdel Aal. Le marché est une affaire de famille mais le titre de Roi n’est pas héréditaire. La plupart des marchands sont issus d’une dynastie de chameliers dont la hiérarchie s’est maintenue à travers les siècles. Les enfants commencent par prendre soin des animaux avant de devenir vendeurs, puis propriétaires d’écurie et peut-être roi.(AFP)
Le dernier «Roi des rois» d’Egypte règne sur le marché aux chameaux du Caire, un des plus réputés du Moyen-Orient, imposant le respect à ses pairs qui l’ont reconnu comme le meilleur marchand et ont recours à lui pour arbitrer leurs litiges. «Je suis le Roi des rois car je règne sur les autres marchands qui sont eux des rois», affirme Mohamed Abdel Aal, faisant allusion aux dix-huit propriétaires d’écuries pour lesquels travaillent des centaines de petits vendeurs. Imposant, Mohamed Abdel Aal, 45 ans, porte des lunettes noires sur son visage carré, Rolex au poignet, solitaire au petit doigt, et une galabiyah (robe masculine) bleue immaculée. Il exhibe un document, intitulé «dynastie des Ashrafs» (descendants du prophète Mahomet), délivré par l’administration gouvernementale, et cultive une attitude...
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