Marseille, premier port de France, a tiré cet été un profit sans précédent du «boom» de la croisière en mer Méditerranée, la deuxième destination au monde après les Caraïbes, qui conduit de plus en plus de touristes sur le littoral de la Provence. Anecdotique il y a six ans (9.000 passagers en 1992), le trafic des paquebots de croisière atteindra quelque 150.000 passagers cette année dans la cité phocéenne, avec 176 escales, contre 70.000 passagers en 1997 (96 escales), selon le port autonome de Marseille (PAM). A l’image du «France/Norway», venu en mai y célébrer sa première escale, de luxueux navires, tels le «Splendour of the Seas» ou le paquebot à voile «Club Med II», se succèdent désormais sur les docks marseillais, accoutumés jusqu’alors au trafic beaucoup moins chic des cargos et des ferries. «Marseille s’est transformée et a montré qu’elle était capable de monter des manifestations internationales, notamment avec la Coupe du Monde», affirme Jacques Truau, président du Club de la croisière, créé en 1996 par la Chambre de commerce, le PAM et la ville de Marseille pour promouvoir cette nouvelle activité. Le premier port de l’Hexagone et de la Méditerranée profite surtout de la progression fulgurante du marché français de la croisière, qui a augmenté de 75% en six ans, selon les professionnels, et de l’engouement tout particulier des Français pour la Méditerranée. Nouveaux touristes Dix-neuf compagnies, avec en tête Costa Croisières, Royal Caribbean, et Norwegian Cruise Line, font escale à Marseille, souvent en «tête de ligne». Le port, qui table sur un trafic croisière de 250.000 passagers en l’an 2000, prévoit d’ouvrir au «poste 163», un terminal spécial, avec une nouvelle gare maritime desservie par le TGV, pour accueillir les paquebots de plus de 2.000 passagers. L’investissement représente 25 millions de francs (4 millions de dollars). Pourtant, la croisière ne représente que 5% de l’activité du PAM en termes de chiffre d’affaires, mais elle draine de nouveaux touristes, invités à vider leur porte-monnaie lors d’excursions dans les Calanques, aux Baux-de-Provence, en Camargue ou tout simplement au Château d’If. Chaque passager, qui emportera en souvenir santons de Provence, savons de Marseille, tissus provençaux et autres sachets de lavande, rapporte 800 à 1.000 francs par escale à l’économie locale, selon M. Truau. Pour Costa Croisières, leader en Europe, les escales hebdomadaires à Marseille du Paquebot de 1.600 places «Costa Romantica» permettent surtout d’approcher la clientèle française qui peut ainsi embarquer à partir de la cité phocéenne. «Le marché français comporte de forts éléments de croissance, estime Filippo de Caterina, directeur de la communication de Costa. Les Français commencent à envisager la croisière comme une option pour leurs vacances». L’ensemble du littoral provençal profite du phénomène, avec une hausse de fréquentation de 60% dans le Var, soit 140 escales programmées cette année contre 78 en 1997 (42.230 passagers). Avec sa rade bien abritée, Toulon (14 escales prévues) peut accueillir de gros paquebots. Selon Gabrielle Choisy, responsable du marketing au Comité départemental du tourisme du Var, «des bateaux plus petits de 120 cabines, mais plus luxueux avec une clientèle haut de gamme» font également relâche à Saint-Tropez (87 escales), au Lavandou (15 escales) ou devant l’île de Porquerolles, qui comptera cet été 28 escales contre 7 en 1997.
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