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Actualités - Chronologie

Les allemands de l'est, une des clés du scrutin

Les 12 millions d’électeurs est-allemands de l’ex-RDA communiste, fluctuants et très ouverts aux extrêmes, vont peser lourd dans les élections législatives du 27 septembre en Allemagne, même s’ils ne représentent qu’un électeur sur cinq. A la différence des Allemands de l’Ouest, attachés par tradition familiale ou sociale à un parti, l’électorat de l’ex-RDA reste très volatil. Nombre d’électeurs est-allemands, sensibles au climat de la campagne, ne se décident qu’au dernier moment, ce qui peut conduire à d’importantes distorsions entre le résultat final et les sondages distillés dans les dernières semaines, soulignent les instituts d’opinion. Le triomphe dimanche en Bavière des alliés chrétiens-sociaux (CSU) du chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl aura toutefois «peu d’influence sur les Allemands de l’Est et peu d’effets sur le vote du 27 septembre», a estimé lundi le politologue Richard Stoess, à Berlin. Les citoyens de l’ex-RDA sont de fait particulièrement mécontents de Helmut Kohl, après ses promesses non tenues de «paysages florissants» à l’Est au lendemain de la réunification en 1990. Son parti, la CDU, s’attend en conséquence à une chute de ses positions à l’Est de cinq à dix points (38,5% en 1994). La réélection ou non au Bundestag (Chambre basse) des communistes rénovés (PDS), une exception est-allemande héritée du Parti communiste (SED) au pouvoir pendant 40 ans en RDA, constitue également une inconnue majeure. Des bastions rouges En franchissant une nouvelle fois les portes du Bundestag, le Parti du socialisme démocratique (PDS) — 30 députés actuellement — risque de barrer la route aux sociaux-démocrates (SPD) et aux Verts sur la voie d’une majorité absolue en sièges. Au vu des derniers sondages, il ne resterait plus alors comme option qu’une grande coalition du SPD de Gerhard Schroeder avec la démocratie-chrétienne, aucun parti ne voulant gouverner avec les héritiers du PC est-allemand. «L’Est va décider du vote», titrait lundi l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. «Avec leur voix pour ou contre le PDS, les Allemands de l’Est vont donner la direction du changement», ajoutait-il. Huit ans après la réunification, un citoyen de l’ex-RDA sur cinq vote encore communiste. Ce taux atteint même 30 à 40% dans certains bastions rouges, notamment à Berlin-Est. Avec une telle implantation, le PDS, s’il aura du mal à franchir la barre fatidique des 5% le 27 septembre, a de bonnes chances de décrocher au moins trois mandats directs, une autre possibilité d’avoir des députés. Pour nombre d’Allemands de l’Est, le PDS reste leur meilleur avocat au milieu des bouleversements de la réunification et un moyen de marquer sa différence face à des Allemands de l’Ouest jugés arrogants. Voter PDS, c’est dire «non» à l’explosion du chômage à l’Est (17,1% en août) en raison du passage à l’économie de marché ou encore «non» à la suppression d’avantages sociaux (logements, crèches). Seul un citoyen est-allemand sur dix aimerait revenir à l’époque de la RDA, selon une enquête du Centre de recherches en sciences sociales de Berlin-Brandebourg réalisée en mai-juin. Deux Allemands de l’Est sur trois estiment toutefois être des citoyens «de seconde classe» dans l’Allemagne réunifiée. L’antipathie vouée au PDS en Allemagne de l’Ouest ne le rend de fait que plus sympathique dans l’ex-RDA. L’élection régionale de Saxe-Anhalt en avril a ajouté une nouvelle composante à la spécificité est-allemande, en offrant à l’extrême-droite, en l’occurrence l’Union du peuple allemand (DVU), un de ses meilleurs scores de l’après-guerre en Allemagne (12,9% et 16 députés au Parlement régional). Mécontents des partis traditionnels et du jeu démocratique, les Allemands de l’Est, notamment les jeunes, sont aussi moins sensibles que leurs concitoyens de l’Ouest au tabou de l’extrême-droite. (AFP-Reuters)
Les 12 millions d’électeurs est-allemands de l’ex-RDA communiste, fluctuants et très ouverts aux extrêmes, vont peser lourd dans les élections législatives du 27 septembre en Allemagne, même s’ils ne représentent qu’un électeur sur cinq. A la différence des Allemands de l’Ouest, attachés par tradition familiale ou sociale à un parti, l’électorat de l’ex-RDA reste très volatil. Nombre d’électeurs est-allemands, sensibles au climat de la campagne, ne se décident qu’au dernier moment, ce qui peut conduire à d’importantes distorsions entre le résultat final et les sondages distillés dans les dernières semaines, soulignent les instituts d’opinion. Le triomphe dimanche en Bavière des alliés chrétiens-sociaux (CSU) du chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl aura toutefois «peu d’influence sur...