L’entrée de l’extrême-droite allemande au Bundestag n’est a priori pas pour 1998: non que le potentiel électoral fasse défaut, mais les principaux partis extrémistes se déchirent et cette division devrait leur coûter cher. Selon l’institut de sondages Forsa, un Allemand sur dix peut s’imaginer voter pour un parti d’extrême-droite aux législatives du 27 septembre. Les différentes formations sont au total créditées de plus de voix qu’il n’en faut à un parti pour siéger au Bundestag (Chambre basse), la barre d’entrée se situant à 5% des suffrages. Mais les républicains, l’Union du peuple allemand (DVU) et le Parti national-démocrate (NPD) n’ont pas passé alliance. Ambitions personnelles et vieilles rancunes ont empêché toute entente électorale. Conséquence: aucun des trois partis ne devrait à lui seul glaner les 5% requis, selon les sondages, et donc l’extrême-droite devrait une nouvelle fois échouer, comme à chaque élection de la jeune République fédérale, fondée en 1949. Son score global pourrait toutefois surprendre. Créditée de 5% des voix (républicains 2%, DVU 2% et NPD 1%), elle pourrait en obtenir 2% de plus. «Souvent, les électeurs potentiels de l’extrême-droite n’avouent pas leurs penchants. C’est le «facteur tabou» qui peut fausser les prévisions de 1,7 à 2%», explique Dieter Roth, directeur de l’Institut d’études électorales de Mannheim (ouest). La DVU a le vent en poupe, portée par son spectaculaire succès d’avril aux régionales de Saxe-Anhalt à l’est (12,9%, 16 députés), et escompte une percée au niveau fédéral «avec 6,5%». Depuis 1949, aucun parti extrémiste n’a conquis de siège au Bundestag, au contraire des Parlements régionaux des Laender: avant avril, la DVU avait déjà passé les portes des Parlements de Brême (nord) en 1991 et du Schleswig-Holstein (nord) en 1992, et n’a échoué que de 190 voix en septembre dernier à Hambourg (nord), recueillant 4,97% des suffrages. Les républicains ont 14 députés dans le Bade-Wurtemberg (Sud) et ont disposé de députés européens (1989-94). Les trois grands partis extrémistes présentent des candidats dans tous les Laender (hormis le NPD en Thuringe, à l’est) et mènent d’actives campagnes. Tous espèrent faire mouche en ex-RDA, en ciblant surtout les jeunes et les chômeurs: un tiers des moins de 30 ans avaient voté DVU en Saxe-Anhalt et près d’un cinquième des Allemands de l’Est sont sans emploi. «Si on fait autant à l’Est qu’en Saxe-Anhalt en avril, 3% suffisent à l’Ouest et nous sommes au Bundestag», estime Bernd Droese, porte-parole de la DVU. La rhétorique extrémiste trouve en ces temps de chômage-record une audience de plus en plus large. La moitié des Allemands juge qu’il y a trop d’étrangers et, à l’Est, un habitant sur deux se dit insatisfait des institutions fédérales. Les républicains jouent la carte nationaliste conservatrice pour se démarquer de la DVU plus ouvertement antisémite et du NPD, classé «néo-nazi» par les renseignements intérieurs, proche de skinheads. Mais, leur discours est similaire contre les «criminels étrangers», pour «le travail aux Allemands», exploitant la misère sociale, contre l’euro et avec une note écologiste («la défense de la nature»). Malgré leur rivalité, la DVU et le NPD pourraient se tailler un franc succès le 27: l’extrême-droite est créditée d’un potentiel de 19% des voix aux régionales de Mecklemboug-Poméranie (nord-est), le même jour que les législatives, haut lieu de chômage. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’entrée de l’extrême-droite allemande au Bundestag n’est a priori pas pour 1998: non que le potentiel électoral fasse défaut, mais les principaux partis extrémistes se déchirent et cette division devrait leur coûter cher. Selon l’institut de sondages Forsa, un Allemand sur dix peut s’imaginer voter pour un parti d’extrême-droite aux législatives du 27 septembre. Les différentes formations sont au total créditées de plus de voix qu’il n’en faut à un parti pour siéger au Bundestag (Chambre basse), la barre d’entrée se situant à 5% des suffrages. Mais les républicains, l’Union du peuple allemand (DVU) et le Parti national-démocrate (NPD) n’ont pas passé alliance. Ambitions personnelles et vieilles rancunes ont empêché toute entente électorale. Conséquence: aucun des trois partis ne devrait à...