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Actualités - Chronologie

Mourir d'indigestion aux repas d'enterrement

La plupart des Irakiens souffrent de malnutrition en raison de l’embargo, mais certains pique-assiette trouvent le moyen de mourir à force de trop manger lors des dîners d’enterrement. Selon l’hebdomadaire «al-Zaoura», des Irakiens sont morts d’indigestion après s’être gavés de riz au mouton offert par les proches d’habitants de Bagdad récemment décédés. L’hebdomadaire révèle l’identité de deux de ces «martyrs» de la bonne chère. En Irak, la tradition veut que la disparition d’un membre d’une famille aisée donne lieu à des repas funéraires au cours desquels sont sacrifiés entre cinq et dix moutons. Ces repas sont offerts tant que durent les visites de condoléances, le plus souvent une semaine. Les frais, avec le café, le thé et les cigarettes à volonté, peuvent s’élever à 4, voire 5 millions de dinars (entre 2.200 et 2.800 dollars). Il faut y ajouter les tentes, les chaises, les haut-parleurs et les enregistrements sur cassettes des meilleurs récitateurs du Coran, loués à prix d’or pour marquer la disparition de l’être cher. En raison de l’embargo frappant l’Irak depuis son invasion du Koweit (1990), les hommes de religion ont recommandé aux Irakiens de réduire les dépenses consacrées à ces repas. Mais cela n’a pas dissuadé les habitués des dîners d’enterrement, connus en Irak par le sobriquet de «sammata» (gourmands), pour qui la mort d’un riche est une aubaine. Un «sammata», qui a refusé d’être nommé, a affirmé que, non content de s’inviter à ces repas, il en rapportait des restes, en particulier de la viande, pour sa famille. «Les parents du défunt nous donnent parfois de l’argent pour nous aider, mais il arrive qu’on nous chasse», a-t-il ajouté. La presse locale ayant cessé de publier les avis de décès, ces pique-assiette se donnent rendez-vous chaque jour dans l’un des cafés de l’avenue al-Rachid, dans le centre de Bagdad, pour se communiquer les informations sur les derniers enterrements. Hamid, cité par «al-Zaoura», affirme recueillir ses informations auprès d’un fonctionnaire au ministère des Affaires religieuses. «J’en informe alors mes camarades qui s’empressent de m’accompagner», raconte-t-il. Il arrive même à ces ««sammata» «d’acheter l’information pour 100.000 ou 150.000 dinars (55 ou 83 dollars), le prix variant en fonction de la position sociale du défunt», confie Abdel Jabbar, 60 ans, un fonctionnaire retraité. Mais tous ces pique-assiette ne sont pas nécessairement dans le besoin. «Al-Zaoura» cite notamment le cas du propriétaire d’une parfumerie ou d’une villa luxueuse. Pour ceux-là, la fréquentation des tables mortuaires n’est pas un besoin mais un simple passe-temps. «J’avoue que mon salaire me suffit», admet Abou Adnane, qui travaille dans une usine de confection de chaussures, mais pour qui les repas funéraires sont devenus une «habitude». (AFP)
La plupart des Irakiens souffrent de malnutrition en raison de l’embargo, mais certains pique-assiette trouvent le moyen de mourir à force de trop manger lors des dîners d’enterrement. Selon l’hebdomadaire «al-Zaoura», des Irakiens sont morts d’indigestion après s’être gavés de riz au mouton offert par les proches d’habitants de Bagdad récemment décédés. L’hebdomadaire révèle l’identité de deux de ces «martyrs» de la bonne chère. En Irak, la tradition veut que la disparition d’un membre d’une famille aisée donne lieu à des repas funéraires au cours desquels sont sacrifiés entre cinq et dix moutons. Ces repas sont offerts tant que durent les visites de condoléances, le plus souvent une semaine. Les frais, avec le café, le thé et les cigarettes à volonté, peuvent s’élever à 4, voire 5...