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Actualités - Chronologie

Le destin de Clinton aux mains du Congrès

Le Congrès américain a, depuis lundi matin, le destin de Bill Clinton entre ses mains. Trois jours après la publication du rapport Starr sur la relation extraconjugale entre le président américain et Monica Lewinsky, Sénat et Chambre des représentants doivent décider de l’opportunité d’ouvrir une enquête qui pourrait aboutir à la destitution (impeachment) de Clinton. Les membres de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui mènerait les investigations le cas échéant, s’apprêtent à passer les semaines à venir à déterminer si les éléments révélés par le procureur indépendant Kenneth Starr constituent les «crimes et délits graves» requis par la Constitution pour entamer une telle procédure. La première question à laquelle la commission doit répondre est celle de savoir s’il y a lieu d’ouvrir une enquête de destitution. Cela mènerait alors à des débats destinés à déterminer si Bill Clinton s’est rendu coupable de faux témoignage, de subornation de témoins et d’obstruction à la justice. Une telle enquête, qui aboutirait nécessairement à une décision de la commission afin d’organiser ou non un vote de destitution, serait la première du genre depuis 1974. Le président en fonction, Richard Nixon, avait alors démissionné avant le vote d’impeachment, une fois certain que la destitution serait approuvée par le Congrès. «Ce que nous devons faire, c’est analyser ce que Starr nous a envoyé et déterminer si les accusations de faux témoignage atteignent le niveau requis pour une destitution et surtout de déterminer s’il y a les preuves qui viennent corroborer ces accusations», a expliqué Bill McColum, représentant républicain de Floride et membre de la Commission judiciaire sur CNN. «Et je pense, mais ce n’est que mon avis, que nous sommes face à des crimes et délits graves s’ils sont avérés», a-t-il ajouté. Vers une réprimande publique Pour Vic Fazio, représentant démocrate de Californie, l’ouverture d’une enquête avec audiences permettrait au moins au président Clinton de s’expliquer. «Si le président et le Congrès veulent aller au fond de ce qui leur est accordé constitutionnellement, il se peut que nous allions» (jusqu’à l’ouverture d’une enquête), a-t-il estimé, ajoutant qu’il était encore trop tôt pour le dire. «Quand je vois que les experts en histoire juridique disent (que les délits reprochés à Clinton) ne s’apparentent pas à des crimes et délits graves, je souhaite que le Congrès arrive à la même conclusion», a-t-il insisté. Quoi qu’il arrive, même si le Congrès vote finalement l’ouverture de l’enquête avant l’intersession parlementaire pendant les élections de novembre, le processus peut être très long. Certaines voix s’élèvent aujourd’hui pour demander une session extraordinaire jusqu’à la fin de l’année afin d’accélérer les choses. «Je pense qu’au moins la Commission judiciaire devrait continuer à travailler sans arrêt», a expliqué James Rogan, représentant républicain de Californie. Les membres de la commission ont reçu les 2.600 pages d’appendice au rapport Starr ainsi que les 17 cartons de preuves apportés au dossier par le procureur indépendant. Ils doivent les étudier avant publication pour prévenir toute violation de vie privée. La Chambre des représentants a donné à sa commission jusqu’au 28 septembre pour terminer ce premier examen. Pour le chef des démocrates à la Chambre, le représentant du Michigan, David Bonior, la Chambre a trois options: ne rien faire, «ce qui serait inacceptable», une réprimande publique ou la destitution. La solution médiane, selon lui, est en train «de devenir très probable». «Je pense que dans les jours et les mois à venir, de plus en plus de gens seront en faveur de cette voie de compromis: une réprimande publique pour sa conduite personnelle», a-t-il ajouté, interrogé sur NBC. (Reuters)
Le Congrès américain a, depuis lundi matin, le destin de Bill Clinton entre ses mains. Trois jours après la publication du rapport Starr sur la relation extraconjugale entre le président américain et Monica Lewinsky, Sénat et Chambre des représentants doivent décider de l’opportunité d’ouvrir une enquête qui pourrait aboutir à la destitution (impeachment) de Clinton. Les membres de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui mènerait les investigations le cas échéant, s’apprêtent à passer les semaines à venir à déterminer si les éléments révélés par le procureur indépendant Kenneth Starr constituent les «crimes et délits graves» requis par la Constitution pour entamer une telle procédure. La première question à laquelle la commission doit répondre est celle de savoir s’il y a...