Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les Maï-Maï, ennemis traditionnels des tutsis

Les milices Maï-Maï du Kivu, qui semblent avoir participé hier à l’attaque contre Goma, le quartier général de la rébellion de RDC, comptent de 15 à 20.000 hommes et se caractérisent par une hostilité radicale à la présence tutsie sur leurs terres. Milices tribales formées par les chefs traditionnels des provinces du Nord et du Sud Kivu de la République démocratique du Congo (RDC) les Maï-Maï sont souvent divisées par des conflits fonciers et des rivalités ethniques. Mais les Maï-Maï, mal armées et ne disposant d’aucune arme lourde, ont en commun le refus de voir les Tutsis s’implanter sur leurs terres. Cette hostilité envers les Tutsis vise particulièrement les Banyamulenge, Congolais tutsis d’origine rwandaise installés dans le Sud Kivu, à qui les chefs traditionnels du Kivu refusent tout droit de propriété de la terre. Les combattants banyamulenge ont été à l’origine du déclenchement, le 2 août, de la rébellion contre le président Laurent-Désiré Kabila. Début juillet, les journalistes avaient pu rencontrer l’un des principaux chefs Maï-Maï, «Padiri», le «prêtre» en swahili, qui s’était installé avec plusieurs centaines de combattants à Lwana, localité du Sud Kivu située à environ 100 km de la capitale provinciale, Bukavu. «Nous ne sommes pas contre le président Kabila. Nous ne sommes pas non plus un mouvement insurrectionnel comme on veut nous le prêter (…) Le phénomène Maï-Maï est une réaction à l’occupation de nos terres par des étrangers», avait alors déclaré Padiri qui, selon certaines sources, a environ 5.000 combattants sous ses ordres. Jusque ces derniers mois, les Maï-Maï étaient en rébellion ouverte contre le régime de Kinshasa, après s’être brièvement alliés à M. Kabila au début de son offensive victorieuse contre le maréchal Mobutu, en septembre-octobre 1996. Mais l’antagonisme envers les Banyamulenge et l’armée tutsie rwandaise, qui soutenait alors M. Kabila, avait rapidement repris le dessus et l’alliance avait volé en éclat. Les Maï-Maï, retranchées dans les collines et montagnes du Kivu, s’étaient alors lancé dans des opérations de harcèlement et des escarmouches contre les Forces armées congolaises (FAC) du président Kabila, rendant toute circulation périlleuse dans la région. A l’occasion, les Maï-Maï passaient également des alliances avec les rebelles ougandais et rwandais qui se servent du Kivu comme base arrière. Depuis ces derniers temps, le gouvernement de Kinshasa avait dépêché plusieurs missions dans le Kivu afin de parvenir à un règlement pacifique avec les Maï-Maï. Les rituels initiatiques sont au centre de la vie des Maï-Maï. Ils leur doivent d’ailleurs leur nom, tiré du swahili Maji (eau), par référence aux cérémonies d’aspersion d’eau magique censée les rendre invulnérables aux balles ennemies. (AFP)
Les milices Maï-Maï du Kivu, qui semblent avoir participé hier à l’attaque contre Goma, le quartier général de la rébellion de RDC, comptent de 15 à 20.000 hommes et se caractérisent par une hostilité radicale à la présence tutsie sur leurs terres. Milices tribales formées par les chefs traditionnels des provinces du Nord et du Sud Kivu de la République démocratique du Congo (RDC) les Maï-Maï sont souvent divisées par des conflits fonciers et des rivalités ethniques. Mais les Maï-Maï, mal armées et ne disposant d’aucune arme lourde, ont en commun le refus de voir les Tutsis s’implanter sur leurs terres. Cette hostilité envers les Tutsis vise particulièrement les Banyamulenge, Congolais tutsis d’origine rwandaise installés dans le Sud Kivu, à qui les chefs traditionnels du Kivu refusent tout droit de...