Les arabes se félicitent de la nomination de Primakov, Israël sceptique
le 14 septembre 1998 à 00h00
La plupart des pays arabes du Proche-Orient ont favorablement accueilli la nomination cette semaine de M. Evgueni Primakov au poste de Premier ministre en Russie mais Israël s’est montré sceptique. En Arabie Séoudite, le journal Al-Ryad se félicite de la nomination de M. Primakov, soulignant qu’il connaît bien les Arabes et «les comprend». M. Primakov «a un passé riche en expérience (...) il est un expert de la psychologie des Arabes dont il connaît bien la langue», écrit le quotidien. A Doha, le quotidien qatariote Peninsula souligne que «l’influence de M. Primakov peut être décisive au Proche-Orient». M. Primakov est «un champion de la cause palestinienne et appuie la levée des sanctions imposées par l’ONU à l’Irak», rappelle le quotidien de langue anglaise. Orientaliste de formation, M. Primakov a toujours entretenu d’excellentes relations avec le monde arabo-musulman et ses dirigeants, qu’il embrasse quand il les rencontre. Il est également un fin connaisseur de l’Irak, rompu aux négociations délicates avec Bagdad. Alors ministre des Affaires étrangères, il a été en novembre 1997 l’artisan de l’accord qui a permis le retour en Irak des inspecteurs en désarmement de l’ONU de nationalité américaine, chassés par Bagdad. Il avait obtenu cet accord après des entretiens à Moscou avec le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz, avec lequel il a des relations personnelles. M. Primakov n’avait en revanche pas réussi à convaincre le président irakien Saddam Hussein de retirer ses troupes du Koweit qu’elles avaient envahi en août 1990. Dépêché à Bagdad par le numéro un soviétique de l’époque Mikhaïl Gorbatchev, M. Primakov s’était entretenu à plusieurs reprises avec Saddam Hussein sans parvenir à infléchir sa position. L’armée irakienne a été par la suite boutée hors du Koweit en février 1991 par une coalition internationale conduite par les Etats-Unis. L’investiture de M. Primakov a également été saluée par le gouvernement jordanien selon lequel le nouveau premier ministre russe est un diplomate qui « a une longue expérience de la région (arabe) et qui est un familier des dossiers arabo-israélien et irakien». M. Primakov est un «ami du monde arabe et de la Jordanie, qui apprécie sa connaissance du Proche-Orient», a-t-on indiqué de source officielle. En Israël, par contre, plusieurs responsables ont exprimé leurs appréhensions après la désignation de M. Primakov, également jugé pro-arabe par les dirigeants de l’Etat hébreu. «Ces liens avec les pays arabes et ses activités passées ont de quoi nous préoccuper mais nous espérons nous tromper», a déclaré au quotidien Haaretz un haut responsable israélien qui a requis l’anonymat. «Il est normal que nous soyons inquiets. Mais Israël pourra bénéficier d’un retour à l’ordre en Russie dans la mesure où Moscou sera en mesure d’empêcher les transferts de technologie militaire à l’Iran — l’une des grandes préoccupations régionales d’Israël — que M. Primakov a lui-même interdit», a déclaré un haut fonctionnaire israélien sous couvert d’anonymat. En visite en Israël et dans les territoires palestiniens en octobre dernier, M. Primakov avait réaffirmé le soutien de Moscou «à la juste cause du peuple palestinien qui veut récupérer sa terre et créer un État indépendant» et accusé Israël de ne pas respecter ses engagements.
La plupart des pays arabes du Proche-Orient ont favorablement accueilli la nomination cette semaine de M. Evgueni Primakov au poste de Premier ministre en Russie mais Israël s’est montré sceptique. En Arabie Séoudite, le journal Al-Ryad se félicite de la nomination de M. Primakov, soulignant qu’il connaît bien les Arabes et «les comprend». M. Primakov «a un passé riche en expérience (...) il est un expert de la psychologie des Arabes dont il connaît bien la langue», écrit le quotidien. A Doha, le quotidien qatariote Peninsula souligne que «l’influence de M. Primakov peut être décisive au Proche-Orient». M. Primakov est «un champion de la cause palestinienne et appuie la levée des sanctions imposées par l’ONU à l’Irak», rappelle le quotidien de langue anglaise. Orientaliste de formation, M. Primakov...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.