Reconstitution somptueuse, «Lautrec», du metteur en scène français Roger Planchon, est un «bio-portrait» du comte et peintre Henri de Toulouse-Lautrec qui fait revivre la folle époque du Moulin-Rouge, la Goulue et le Chat Noir où Bruant chantait «Nini peau de chien!». Cette production luxueuse, qui sort aujourd’hui en France, était présentée en avant-première mondiale à la Mostra de Venise, en présence de Régis Royer (Lautrec) et d’Elsa Zylberstein (Suzanne Valadon) dans la section «Nuits et étoiles». Cadre approprié pour le peintre connu dans le monde entier pour avoir croqué les nuits parisiennes du Paris populaire au tournant du siècle. La vie tourmentée et excessive du général nabot, mort à 36 ans, se prêtait à une fresque romanesque et colorée où défile une galerie de personnages historiques, Van Gogh, Degas, Renoir mais aussi les blanchisseuses, les filles lestes et les maquereaux, les habitués truculents et picaresques des tripots, bistrots et autres «caboulots» de la Butte Montmartre. Le réalisateur suit le jeune aristocrate du château d’Albi où il est né en 1864, aux rues chaudes et à la bohème de Montmartre en passant par les guinguettes des bords de la Marne, les baraques des fêtes foraines, le caniveau et la maison de santé où il est interné. C’est l’itinéraire d’un homme qui fait fi avec autodérision de son physique de nain difforme — il s’appelle «Cloche-pied» — et qui s’autodétruit dans l’absinthe, les orgies et les bordels. C’est d’abord, pour Planchon, une histoire d’amour tumultueuse, entre Lautrec et Suzanne Valadon, modèle et peintre elle-même, «une romance sur un air de polka, au temps où Montmartre avait encore des moulins». Cette passion, ponctuée de bagarres, des scènes de jalousie, de chantage au suicide, a pour toile de fond des séquences endiablées de french cancan où ne manque pas une jarretelle, où l’on retrouve toute une faune pittoresque, Nini Pattes en l’air, la Môme Fromage, Valentin «Le désossée», Rosa la Rouge... Dans ce film d’époque, qui n’évite ni les clichés, ni le registre chromo, l’un des aspects les plus émouvants est la tendresse des relations entre «le petit prince d’Albi», et ses parents, sa mère, l’austère Adèle, confite en religion (Anémone), et son père, l’extravagant comte Alphonse, joueur, noceur, trousseur de jupons (Claude Rich). Pour son troisième film, Planchon qui a mis en scène au théâtre Molière, Corneille, Racine, Shakespeare, Marivaux, ainsi que Brecht, Feydau et Ionesco, a privilégié l’homme sur l’artiste. Régis Royer (1,69m) a dû jouer les genoux fléchis pour restituer la taille du «morpion» qui mesurait 1,52m.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Reconstitution somptueuse, «Lautrec», du metteur en scène français Roger Planchon, est un «bio-portrait» du comte et peintre Henri de Toulouse-Lautrec qui fait revivre la folle époque du Moulin-Rouge, la Goulue et le Chat Noir où Bruant chantait «Nini peau de chien!». Cette production luxueuse, qui sort aujourd’hui en France, était présentée en avant-première mondiale à la Mostra de Venise, en présence de Régis Royer (Lautrec) et d’Elsa Zylberstein (Suzanne Valadon) dans la section «Nuits et étoiles». Cadre approprié pour le peintre connu dans le monde entier pour avoir croqué les nuits parisiennes du Paris populaire au tournant du siècle. La vie tourmentée et excessive du général nabot, mort à 36 ans, se prêtait à une fresque romanesque et colorée où défile une galerie de personnages historiques,...