Après les stars en chair et en os, Tom Hanks, Matt Damon, Jim Carrey, qui ont déchaîné la frénésie des paparazzi à la 55e Mostra de Venise, la Sérénissime a retrouvé une certaine sérénité, laissant la place aux artistes, peintres, musiciens, virtuoses, au cinéma d’auteur et à... Jésus. En compétition pour le Lion d’or, décerné le 13 septembre par le jury présidé par le cinéaste italien Ettore Scola, figuraient «Le silence» de L’Iranien Mohsen Makhmalbaf et «I piccoli maestri» (Le petit maître) de l’Italien Daniele Luchetti, sur un groupe de jeunes étudiants idéalistes qui partent faire de la résistance en 1943 comme on part en vacances à la montagne et qui sont confrontés à la dure réalité. La Mostra a présenté en compétition «I giardini dell’Eden» (Le jardin d’Eden) de son compatriote Alessandro D’Alatri, dont le héros n’est autre que Jésus. Le beau Kim Rossi Stuart – yeux très bleus et dents très blanches – réincarne le Messie, dans cette version réalisée au Maroc, là où Martin Scorsese a tourné la vie du dalaï lama, «Kundun», car les paysages de l’Atlas et du désert se prêtent aussi bien à la reconstitution du Tibet que de la Palestine. «Le jardin d’Eden», rajouté en dernière minute à la compétition, raconte la jeunesse de Jésus jusqu’à l’âge de 30 ans, l’histoire d’un non violent qui parcourt le monde à la recherche de la sagesse, basée sur les Evangiles apocryphes et les manuscrits de la mer Morte. Ce nouveau portrait d’un Christ «bourgeois», «instruit», dans un pays où des cinéastes tels que Pasolini et Zeffirelli ont déjà abordé ce sujet, est un défi particulièrement téméraire à relever qui n’a pas convaincu les critiques (sinon les catholiques) mais l’Eglise paraît l’apprécier. Le responsable du secteur cinématographique de la Conférence épiscopale italienne, le père Dario Vigano, lui a donné sa bénédiction: «Ce film réussit là où la théologie en a été incapable: communiquer la conscience de Jésus». Côté arts plastiques, les écrans du Lido affichaient un portrait somptueux et léché du «génial nabot» d’Albi, le peintre Toulouse-Lautrec qui fait revivre la folle époque du Moulin-Rouge, avec un french cancan endiablé où ne manque pas une jarretelle. Dans cette fresque romanesque et colorée défilent Van Gogh, Degas, Renoir mais aussi les blanchisseuses, les filles lestes et les proxénètes qui hantent les bistrots et autres «caboulots» de Paname. Après cette parenthèse, le Lido devait accueillir George Clooney, le dernier «Batman», star de la série «E.R.» et gentleman-cambrioleur dans «Out of Sight» de Steven Soderbergh présenté au Lido, ainsi que Fanny Ardant, qui joue Marie de Guise dans «Elisabeth» de Shekar Kapur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après les stars en chair et en os, Tom Hanks, Matt Damon, Jim Carrey, qui ont déchaîné la frénésie des paparazzi à la 55e Mostra de Venise, la Sérénissime a retrouvé une certaine sérénité, laissant la place aux artistes, peintres, musiciens, virtuoses, au cinéma d’auteur et à... Jésus. En compétition pour le Lion d’or, décerné le 13 septembre par le jury présidé par le cinéaste italien Ettore Scola, figuraient «Le silence» de L’Iranien Mohsen Makhmalbaf et «I piccoli maestri» (Le petit maître) de l’Italien Daniele Luchetti, sur un groupe de jeunes étudiants idéalistes qui partent faire de la résistance en 1943 comme on part en vacances à la montagne et qui sont confrontés à la dure réalité. La Mostra a présenté en compétition «I giardini dell’Eden» (Le jardin d’Eden) de son compatriote...