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Actualités - Chronologie

Lourd contentieux avec les Taliban

La milice afghane des Taliban constitue pour l’Iran, qui partage près d’un millier de kilomètres de frontière avec l’Afghanistan, un sujet de préoccupation majeur allant bien au-delà de l’affaire des diplomates disparus. Malgré leur commune référence à l’islam, le contentieux entre Téhéran et les «étudiants en théologie» (Taliban) est total: religieux, diplomatique, militaire, ethnique et économique. «Alors que le président Mohammad Khatami s’efforce de donner une image modérée de l’Iran, le pays se trouve confronté à une crise majeure à sa frontière qui l’oblige à déployer son armée et à entonner une rhétorique martiale», relève un diplomate en poste à Téhéran. L’Iran est également obligé de concilier deux objectifs: «affirmer son rang de puissance régionale, qui suppose qu’il se fasse respecter à ses frontières, et faire preuve de modération en tant que président en exercice de l’Organisation de la conférence islamique (OCI)». Vingt ans après la révolution islamique iranienne, alors que le régime semble vouloir s’éloigner de l’intégrisme révolutionnaire, Téhéran ne veut pas voir un islam fondamentaliste, de surcroît sunnite et anti-chiite, s’installer à sa frontière orientale. Le véritable «blitzkrieg» qui a permis aux Taliban d’origine pachtoune de s’emparer de Kaboul en septembre 1996 a été un revers cuisant pour Téhéran, qui couvait de sa bienveillance le gouvernement persanophone du président d’origine tadjike Burhanuddine Rabbani. Contrairement au Pakistan et à l’Arabie Séoudite qui ont reconnu le régime taliban, l’Iran continue de reconnaître le président Rabbani comme le seul représentant légal de son pays. Depuis deux ans, Téhéran n’a pas ménagé ses efforts diplomatiques et militaires en faveur de l’opposition anti-taliban, sans parvenir à inverser le cours de la guerre. L’activisme diplomatique de Téhéran, qui a organisé plusieurs «conférences internationales» sur l’Afghanistan sans la présence des Taliban, s’est également montré infructueux. La présence en Iran de près de deux millions de réfugiés afghans, arrivés par vagues successives au fil des conflits qui agitent le pays depuis des années, rend la question encore plus sensible pour les dirigeants iraniens. Composé à 90% de musulmans chiites, l’Iran a toujours tenu en profonde aversion la milice fondamentaliste sunnite, accusée sans relâche par les dirigeants iraniens d’être «bornée», «rétrograde» et de «nuire à l’image de l’islam». Au nom de la défense des minorités chiites, l’Iran s’est également toujours considéré comme le «protecteur» de la communauté afghane des Hazaras, installés dans la région du Hazaradjat, et farouchement hostiles aux Taliban. La montée de l’extrémisme sunnite à sa frontière orientale inquiète également l’Iran, qui compte de fortes minorités adeptes de cette branche de l’islam à ses régions périphériques. Sur le plan diplomatique, l’Iran a toujours considéré les Taliban comme des créatures des Etats-Unis, financées et armées par les deux principaux alliés de Washington dans la région, le Pakistan et l’Arabie Séoudite, afin d’isoler le régime de Téhéran. Téhéran accuse les Etats-Unis de vouloir un Afghanistan enfin «pacifié» sous la férule des Taliban pour offrir une voie de transit vers la mer aux immenses richesses en pétrole et en gaz de l’Asie centrale, sans avoir à passer par l’Iran. Enfin, Téhéran accuse les Taliban d’avoir intensifié la production de drogue pour financer leurs opérations militaires, et de se servir de l’Iran comme pays de transit pour acheminer les stupéfiants vers les «marchés» européens et du Moyen-Orient. Le président Khatami a récemment appelé la communauté internationale à établir un véritable «cordon sanitaire» autour de l’Afghanistan des Taliban pour couper la route de la drogue. (AFP)
La milice afghane des Taliban constitue pour l’Iran, qui partage près d’un millier de kilomètres de frontière avec l’Afghanistan, un sujet de préoccupation majeur allant bien au-delà de l’affaire des diplomates disparus. Malgré leur commune référence à l’islam, le contentieux entre Téhéran et les «étudiants en théologie» (Taliban) est total: religieux, diplomatique, militaire, ethnique et économique. «Alors que le président Mohammad Khatami s’efforce de donner une image modérée de l’Iran, le pays se trouve confronté à une crise majeure à sa frontière qui l’oblige à déployer son armée et à entonner une rhétorique martiale», relève un diplomate en poste à Téhéran. L’Iran est également obligé de concilier deux objectifs: «affirmer son rang de puissance régionale, qui suppose qu’il...