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Actualités - Chronologie

Portraits et femmes et .. Jim Carrey à la mostra

Femmes indépendantes, femmes solitaires, femmes en mal d’amour, femmes secrètes... La Mostra de Venise offre pour sa 55e édition une telle galerie de portraits féminins qu’on l’a déjà baptisée «le festival des femmes». Pourtant, Jim Carrey, héros malgré lui du «Truman Show» de Peter Weir, leur a volé la vedette. Assailli par les photographes et les chasseurs d’autographes et salué par une ovation, l’acteur canadien, au sourire rayonnant, était la star incontestée du «Lido Show», un «show» endeuillé toutefois par la disparition d’Akira Kurosawa, reconnu en Occident en 1951 grâce à la Mostra où «Rashomon» obtint le Lion d’or. A l’applaudimètre, Jim Carrey, révélé par «Le Masque», «Liar, Liar» ou «Ace Ventura», a fait un malheur avec «The Truman Show», une fable sur l’univers cynique des «reality shows» qui lui permet de jouer dans un registre autre que celui de la comédie. Le directeur de la Mostra, Felice Laudadio, qui venait de prononcer un «adieu» ému «à l’empereur Kurosawa», au Palais du cinéma, a d’ailleurs publiquement regretté que le film ne figure pas en compétition lors de la conférence de presse donnée par Jim Carrey avec le réalisateur australien Peter Weir («The Year of Living Dangerously», «Dead Poet Society», «Witness») et les acteurs Ed Harris, Laura Linney et Natascha McElhone’s. Ce dimanche de septembre, marqué par les traditionnelles Régates historiques sur le Grand Canal de Venise, était aussi la journée des femmes. Après les Alda et Olga (Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire) de «Voleur de vie» d’Yves Angelo, et en attendant Catherine Deneuve et Emmanuelle Seigner pour «Place Vendôme» de Nicole Garcia, elles ont pour prénom Isabelle, Magali, Hilary et Jackie. Désir lancinant Comme les sœurs de «Voleur de vie», elles vont par deux, amies et sœurs, complices et rivales, brunes et blondes, complémentaires, le visage à deux faces de la femme. Isabelle (Marie Rivière) et Magali (Béatrice Romand) sont les provinciales du «Conte d’automne» d’Eric Rohmer, Lion d’or en 1986 pour «Le rayon vert». Le dernier des «Contes des quatre saisons», du vétéran français né en 1920, a été chaleureusement accueilli. «Hilary et Jackie» sont les héroïnes d’Anand Tucker, 33 ans, Britannique né à Bangkok de père indien et de mère allemande. Toutes ces femmes sont aux prises avec un désir lancinant, difficile à exprimer et à satisfaire: Olga épiait à la porte de la chambre d’Alda, Isabelle cherche un compagnon pour son amie Magali par le biais des petites annonces et Hilary prête son mari à sa sœur... «Conte d’automne» est un conte de saison, une nouvelle broderie sur le thème de l’amour au temps de la maturité (Isabelle et Magali ont bien franchi le cap de la quarantaine) et des vendanges dans la vallée du Rhône où Magali est viticultrice. Et ce Rohmer 98, léger, fruité, et plein de soleil, est un bon cru, remarquablement servi par deux de ses actrices fétiches, Béatrice Romand et surtout Marie Rivière. C’est une «machination amoureuse», d’inspiration «balzacienne», selon le réalisateur, et pourtant au ton complètement contemporain sur la solitude et l’isolement dans la société en cette fin de millénaire. «Hilary et Jackie» raconte la vie météorique de la violoncelliste Jacqueline du Pré, qui se convertit au judaïsme pour épouser à 22 ans le pianiste Daniel Barenboim (James Frain), abandonne la scène à 27 ans et meurt à 42 ans de sclérose en plaques. Le film est basé sur la biographie écrite par Hilary (la remarquable Rachel Griffiths), elle-même flutiste, qui accepte avec résignation et par amour de «prêter» son mari à Jackie (l’Emily Watson de ‘Breaking the Waves’), virtuose maniaco-dépressive. Rien de scabreux pourtant dans ce mélodrame, porté par le souffle de la musique et interprété avec une extrême sensibilité. (AFP)
Femmes indépendantes, femmes solitaires, femmes en mal d’amour, femmes secrètes... La Mostra de Venise offre pour sa 55e édition une telle galerie de portraits féminins qu’on l’a déjà baptisée «le festival des femmes». Pourtant, Jim Carrey, héros malgré lui du «Truman Show» de Peter Weir, leur a volé la vedette. Assailli par les photographes et les chasseurs d’autographes et salué par une ovation, l’acteur canadien, au sourire rayonnant, était la star incontestée du «Lido Show», un «show» endeuillé toutefois par la disparition d’Akira Kurosawa, reconnu en Occident en 1951 grâce à la Mostra où «Rashomon» obtint le Lion d’or. A l’applaudimètre, Jim Carrey, révélé par «Le Masque», «Liar, Liar» ou «Ace Ventura», a fait un malheur avec «The Truman Show», une fable sur l’univers cynique...