Après l’excitation causée par le dernier film de Steven Spielberg, le festival de Deauville s’installe dans une atmosphère studieuse, propice à l’examen des dix films indépendants présents en compétition. La station balnéaire normande avait repris lundi matin son allure paisible de fin d’été. Rien ne permet de penser a priori que s’y déroule un festival du cinéma important avec invités de renom à l’appui. Si ce n’est, se dressant sous un ciel bleu mais chargé d’imposants nuages gris, des mâts au bout desquels flottent soit des fanions rappelant son existence, soit des bannières étoilées. Il est vrai que tout se passe dans les salons cossus des hôtels quatre étoiles de la station. «Saving Private Ryan» et Steven Spielberg ont écrasé de leur présence le premier week-end du festival dès samedi. C’est pourquoi les organisateurs ont dû juger plus prudent de programmer les autres avant-premières en fin de semaine. Sont attendus à partir de jeudi, Steven Soderbergh et George Clooney pour «Out of Sight». Le lendemain, les festivaliers auront la primeur du «Masque de Zorro», que l’acteur principal Antonio Banderas viendra présenter samedi lors d’une conférence de presse. Vendredi encore, Michaël Douglas s’adressera à la presse, à l’occasion de l’hommage que lui rend le festival. Samedi aura lieu une autre conférence de presse importante, celle du cinéaste australien Peter Weir, venu présenter «The Truman Show». Enfin, le festival s’achèvera dimanche avec «A Soldier’s Daughter Never Cries» (Une fille de soldat ne pleure jamais). James Ivory parlera de son film après la projection, en compagnie de l’actrice française Virginie Ledoyen. A la découverte des films indépendants D’ici là, la priorité sera donnée à la compétition des films indépendants. Outre qu’ils sont dans l’ensemble bien plus originaux et intéressants que les productions des «majors», ces longs métrages présentent l’avantage de révéler en France des noms dont certains deviendront rapidement célèbres. Et de ce fait de moins en moins accessibles à la presse. Cette découverte d’un autre visage du cinéma américain s’appuie également sur la section «Panorama» — des longs métrages hors compétition — et, nouveauté, sur des courts métrages qui, eux, s’affrontent pour un prix. Dans l’intervalle, un grand studio hollywoodien, la Columbia, a présenté lundi matin, en tant que distributeur, un film qui ne fera pas date. Surtout en France puisqu’il ne s’agit de rien moins que des «Misérables», d’après Victor Hugo. Cette dernière adaptation du best-seller de la littérature classique française a été mise en images par le cinéaste danois Bille August, deux fois Palme d’or à Cannes avec «Pelle le Conquérant» et «les meilleures intentions». Pour «Smilla», son précédent film, August avait travaillé avec une autre «major», la Warner. Lui aussi adapté d’une œuvre littéraire (de l’auteur danois Peter Hoeg), ce film inégal prouvait à la fois la valeur d’Auguste en tant que cinéaste et les dangers qu’il y a, pour un tel réalisateur, à œuvrer pour un studio hollywoodien. Quant aux «Misérables», ils n’apportent rien à sa carrière. C’est un film qui ne laisse pas grande trace dans l’imaginaire du spectateur. D’autant que ce dernier est déjà bien chargé par les images qu’ont pu lui procurer la lecture de l’œuvre ou ses précédentes adaptations. Jean Valjean est interprété par Liam Neeson, par ailleurs membre du jury de la compétition présidé cette année par Jean-Paul Rappeneau. L’infernal inspecteur Javert a les traits de Geoffrey Rush, Fantine ceux d’Uma Thurman et Cosette est jouée par Claire Danes. L’ambiance littéraire ne quitte pas le festival puisque, après la projection dimanche de «Lulu on the Bridge», de l’écrivain-scénariste Paul Auster, le Prix littéraire du festival sera décerné aujourd’hui à Mary Higgins Clark — dite «la reine du suspense» — au cours d’un déjeuner, pour son dernier roman intitulé «Tu m’appartiens». (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après l’excitation causée par le dernier film de Steven Spielberg, le festival de Deauville s’installe dans une atmosphère studieuse, propice à l’examen des dix films indépendants présents en compétition. La station balnéaire normande avait repris lundi matin son allure paisible de fin d’été. Rien ne permet de penser a priori que s’y déroule un festival du cinéma important avec invités de renom à l’appui. Si ce n’est, se dressant sous un ciel bleu mais chargé d’imposants nuages gris, des mâts au bout desquels flottent soit des fanions rappelant son existence, soit des bannières étoilées. Il est vrai que tout se passe dans les salons cossus des hôtels quatre étoiles de la station. «Saving Private Ryan» et Steven Spielberg ont écrasé de leur présence le premier week-end du festival dès samedi....