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Actualités - Chronologie

Face aux juges belges, Serge Dassault prend des notes

Parfois il se tient la tête. Très souvent, il prend des notes. Un peu voûté sur le banc feutré de rouge des accusés, Serge Dassault, 73 ans, veut tout comprendre de ce procès dans lequel il comparaît bien qu’il se dise totalement innocent des faits qui lui sont reprochés. L’avionneur français a assisté jusqu’à présent à toutes les audiences de la Cour de Cassation belge, chargée de juger depuis mercredi le double scandale politico-financier Agusta/Dassault. Les débats se déroulent chaque matin dans une salle somptueuse décorée de marbre et d’or, sous un très haut plafond. Vendredi, Serge Dassault a obtenu la possibilité d’être absent lundi. Le procès doit durer plusieurs mois et l’homme d’affaires a un agenda très rempli dans une période cruciale selon lui pour l’avenir de son groupe, qu’il est en train de négocier. A la tête de quelque 14.000 employés, l’avionneur qui est aussi l’une des plus grosses fortunes de France, sera dès vendredi soir à Farenborough, en Grande-Bretagne, où se tient la semaine prochaine l’un des plus importants salons aéronautiques au monde. En échange de cette «liberté», Serge Dassault aurait promis de venir à toutes les audiences de la Cour de Cassation nécessitant explicitement sa présence. Depuis trois jours, l’industriel arrive à Bruxelles avec son avion personnel et repart aussitôt après la suspension du procès jusqu’au lendemain. Il n’est pas exclu qu’à l’avenir, il prenne le train, qui relie Paris à la capitale belge en seulement une heure vingt-cinq. D’emblée, il a fui la presse, entrant et sortant discrètement du Palais de Justice, car il préfère réserver ses premières déclarations aux 15 plus importants magistrats du royaume de Belgique qui composent la Cour de Cassation. «Il connaît parfaitement le dossier» le concernant, assure l’un de ses proches. Il est persuadé de son bon droit et continue d’affirmer qu’il est étranger aux faits qui lui sont imputés. Serge Dassault est accusé d’avoir corrompu des hauts dignitaires socialistes belges, en leur versant des pots-de-vin, pour remporter en 1989 un contrat de modernisation des avions de chasse F-16 de l’armée de l’Air belge. Il risque pour cela une peine de prison avec ou sans sursis pouvant aller jusqu’à trois ans et une forte amende. L’industriel a eu des relations difficiles avec la Justice de Belgique pendant plus de deux ans à cause de cette affaire. Il a longtemps refusé de se rendre à des convocations en Belgique, provoquant le lancement d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Après avoir trouvé un modus vivendi avec la Justice belge — à la suite apparemment d’un accord lui permettant de venir en Belgique sans être aussitôt incarcéré comme cela était arrivé en 1994 à un autre patron français (Didier Pineau-Valencienne) —, l’avionneur devrait se défendre principalement en prouvant que l’offre de sa société était la meilleure. En costume sombre, volontiers souriant, Serge Dassault est très attentif au déroulement de son procès. Il s’énerve un peu lorsque le procureur général Eliane Liekendael l’accable, contestant de la tête la véracité de ses propos. Prévenant, il se tourne pour appuyer sur l’interrupteur commandant le micro de son avocat situé juste derrière lui, Me Lambert Matray, lorsque ce dernier prend la parole en oubliant que, sans amplification, personne ne pourra l’entendre. Lors des suspensions de séance, il s’entretient avec ses avocats, ou regagne la salle mise à la disposition des prévenus, contrairement à ses coaccusés qui n’hésitent pas à aller boire un verre au milieu du public et des journalistes à l’entrée du prétoire. (AFP)
Parfois il se tient la tête. Très souvent, il prend des notes. Un peu voûté sur le banc feutré de rouge des accusés, Serge Dassault, 73 ans, veut tout comprendre de ce procès dans lequel il comparaît bien qu’il se dise totalement innocent des faits qui lui sont reprochés. L’avionneur français a assisté jusqu’à présent à toutes les audiences de la Cour de Cassation belge, chargée de juger depuis mercredi le double scandale politico-financier Agusta/Dassault. Les débats se déroulent chaque matin dans une salle somptueuse décorée de marbre et d’or, sous un très haut plafond. Vendredi, Serge Dassault a obtenu la possibilité d’être absent lundi. Le procès doit durer plusieurs mois et l’homme d’affaires a un agenda très rempli dans une période cruciale selon lui pour l’avenir de son groupe, qu’il est...