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Actualités - Chronologie

Le paradis des ouvriers perdu

La Corée du Nord s’est depuis longtemps proclamée le «paradis des ouvriers». A l’approche de l’avènement de Kim Jong-II aux fonctions de président, ce pays est en fait devenu une citadelle isolée du monde, plongée dans la famine et la peur de son «Big Brother». Ce pays qui commémore mercredi prochain le 50e anniversaire de sa création demeure dirigé par un culte de la personnalité effréné qui fait de Kim Jong-II, 56 ans, fils et dauphin du président disparu Kim II-Sung, une sorte de demi-dieu craint de tous. La propagande de la Corée du Nord ne trompe plus grand monde. Les cohortes de réfugiés faméliques qui se rendent de l’autre côté de la frontière, en Chine, sont là pour témoigner de l’ampleur du désastre dans ce pays touché par une crise économique aiguë, une pénurie alimentaire sans précédent, le régime nord-coréen dépendant pour survivre de l’aide internationale. Jusqu’à 10% des Nord-Coréens seraient morts depuis trois ans du fait de la famine, des inondations et de la sécheresse, réduisant la population à quelque 22 millions de personnes, selon certaines évaluations. Confirmer des informations est très difficile. Or malgré cette situation désespérée, beaucoup d’argent est allé à la construction de projets prévus pour la célébration du 50e anniversaire, Pyongyang étant la vitrine du «paradis» nord-coréen. L’ordre n’a pu venir que de Kim Jong II. Y compris celui de construire un boulevard de 8 kilomètres de long qui mène au palais de Kumsusan, le mausolée où repose la dépouille embaumée de son père, mort en juillet 1994. D’autres monuments seront ajoutés pour souligner l’élan révolutionnaire qui animerait encore la population nord-coréenne toute entière rassemblée derrière son «grand dirigeant». «Dictature féodale» «Radieux est l’avenir de la République populaire et démocratique de Corée», proclamait encore cette semaine le «Rodong Sinmun», l’organe du Parti des ouvriers, Parti unique en Corée du Nord. «Nous saluons le 50e anniversaire de la RPDC qui représentera le grand festival des vainqueurs du socialisme avec Km Jong-II à la tête du parti, de l’armée et de l’Etat», ajoutait le journal. Hwang Jang-Yop, 75 ans, l’un des principaux idéologues nord-coréens, qui a fait défection l’an dernier en Corée du Sud, est d’un avis radicalement différent. «La Corée du Nord qui se vantait d’être le paradis du socialisme est maintenant réduite à mendier son pain auprès de la communauté internationale», explique Hwang. Le régime nord-coréen est «une dictature militaire féodale», dit-il. «Il n’y a plus aujourd’hui d’économie qui fonctionne encore par elle-même. Tout ce qui reste, c’est l’armée». Kim Jong-II est devenu commandant des forces armées nord-coréennes en 1991, du vivant de son père qui l’avait désigné comme son successeur. Il est devenu secrétaire général du parti en octobre l’an dernier. Il ne lui manquait plus que son arrivée à la tête de l’Etat pour compléter cette transition dynastique unique dans les annales du monde communiste. Contester ouvertement son pouvoir est inimaginable. Le culte de sa personnalité est tel que tout le monde à Pyongyang, aussi bien les enfants dans les maternelles que les ouvriers dans les usines, commencent leurs journées en entonnant une chanson d’allégeance à leur «cher dirigeant». Chaque unité de l’armé posséderait un «escadron-suicide» qui a pour mission de protéger Kim Jong-II dans toute situation d’urgence, selon des sources informées citées par le quotidien japonais «Asahi Shimbun». Selon les services de renseignements sud-coréens, plus de cinquante officiers supérieurs nord-coréens, y compris un général, ont été exécutés en public le mois dernier, une purge de type stalinien qui en dit long sur le climat qui règne dans ce pays. (AFP)
La Corée du Nord s’est depuis longtemps proclamée le «paradis des ouvriers». A l’approche de l’avènement de Kim Jong-II aux fonctions de président, ce pays est en fait devenu une citadelle isolée du monde, plongée dans la famine et la peur de son «Big Brother». Ce pays qui commémore mercredi prochain le 50e anniversaire de sa création demeure dirigé par un culte de la personnalité effréné qui fait de Kim Jong-II, 56 ans, fils et dauphin du président disparu Kim II-Sung, une sorte de demi-dieu craint de tous. La propagande de la Corée du Nord ne trompe plus grand monde. Les cohortes de réfugiés faméliques qui se rendent de l’autre côté de la frontière, en Chine, sont là pour témoigner de l’ampleur du désastre dans ce pays touché par une crise économique aiguë, une pénurie alimentaire sans...