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Actualités - Chronologie

Omar Raddad devrait sortir de prison aujourd'hui

Omar Raddad, l’ancien jardinier marocain condamné en 1994 par la justice française à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre, qu’il a toujours nié, commis en 1991 de sa patronne Ghislaine Marchal, doit sortir de prison vendredi. Le ministre français de la Justice, Elisabeth Guigou, a signé un arrêté accordant la libération conditionnelle à ce prisonnier qui a passé plus de sept ans derrière les barreaux à compter du jour de son arrestation. Son avocat Me Jacques Vergès s’en est réjoui en termes ironiques — «mieux vaut tard que jamais» — en soulignant la longueur du processus: la libération conditionnelle a été demandée en avril 1997, et après avoir reçu un feu vert en février 1998 du comité consultatif du ministère de la Justice, «n’a été signée qu’hier» par Mme Guigou, a-t-il relevé. En février 1994, sa condamnation avait été vivement contestée par nombre de personnalités, intellectuels, avocats et associations. Deux ans plus tard, le 23 mai 1996, le président français Jacques Chirac accordait à M. Raddad une grâce partielle qui réduisait sa peine de quatre ans et huit mois et lui permettrait ainsi de bénéficier plus tôt d’une libération conditionnelle. Celle-ci avait été demandée depuis par son avocat, Me Jacques Vergès, mais avait été à deux reprises refusée par la chancellerie, le futur emploi présenté par l’avocat pour son client n’étant pas jugé satisfaisant. Le troisième poste, celui d’employé dans une conserverie de Marseille, a recueilli l’adhésion du ministère. «Omar m’a T» Le meurtre pour lequel Omar Raddad a été condamné est celui de Mme Ghislaine Marchal, 65 ans, veuve d’un riche industriel d’accessoires automobiles, pour laquelle il travaillait comme jardinier. Le corps a été découvert le 23 juin 1991 à Mougins (sud de la France) dans la cave de la villa de la victime. Sur les murs, les policiers relèvent cette double inscription, écrite avec le sang de la victime: «Omar m’a tuer» et «Omar m’a T», interprétée par les enquêteurs comme le signe de la culpabilité de M. Raddad. Après huit jours de procès, le jardinier est condamné mais le verdict est très mal accueilli, tant par des avocats que des associations, comme la Ligue des droits de l’homme ou des personnalités comme le directeur littéraire du «Figaro», Jean-Marie Rouart, qui consacre un livre à défendre son innocence. Au cœur des protestations, deux éléments: d’une part, l’absence d’indices matériels tangibles et de preuves de la culpabilité de l’accusé, hormis les deux inscriptions sanglantes et d’autre part, l’impossibilité de faire appel pour les condamnés par les Cours d’assises. Il s’en est suivi des demandes persistantes de réforme de la procédure criminelle. Un an plus tard, Jacques Toubon, à peine nommé ministre de la Justice, avait lancé une grande réforme de la Cour d’assises incluant une possibilité d’appel des verdicts. Mais celle-ci est finalement restée lettre morte, après l’arrivée de son successeur à la chancellerie, Elizabeth Guigou, qui ne l’a pas faite figurer parmi ses priorités. Reste à Me Vergès à déposer un dossier de révision du procès qu’il avait annoncée dès mai 1996. Pour lui, cette demande repose sur trois éléments: une contre-expertise graphologique des inscriptions («Omar m’a tuer» et «Omar m’a T») affirmant que ces mots n’ont pas été écrits par la victime, une expertise d’un médecin-légiste concluant que le crime remonte au 24 juin 1991, et non au 23, ce qui innocenterait M. Raddad, et des déclarations contredisant les propos d’un des témoins du procès, la femme de ménage de Mme Marchal. (AFP)
Omar Raddad, l’ancien jardinier marocain condamné en 1994 par la justice française à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre, qu’il a toujours nié, commis en 1991 de sa patronne Ghislaine Marchal, doit sortir de prison vendredi. Le ministre français de la Justice, Elisabeth Guigou, a signé un arrêté accordant la libération conditionnelle à ce prisonnier qui a passé plus de sept ans derrière les barreaux à compter du jour de son arrestation. Son avocat Me Jacques Vergès s’en est réjoui en termes ironiques — «mieux vaut tard que jamais» — en soulignant la longueur du processus: la libération conditionnelle a été demandée en avril 1997, et après avoir reçu un feu vert en février 1998 du comité consultatif du ministère de la Justice, «n’a été signée qu’hier» par Mme Guigou, a-t-il...