Le président Yahya Jammeh de Gambie vient de dévoiler une facette inconnue de sa personnalité: l’ancien capitaine venu au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat et puis élu démocratiquement, est aussi un cultivateur. Depuis quatre semaines, il a abandonné les lustres présidentiels de Banjul et ses tenues africaines exubérantes pour les rigueurs des champs, dans son modeste village natal de Kanilai, à 118 km de la capitale. La télévision nationale gambienne le montre presque tous les jours en kaftan ou en jean pataugeant dans la boue et tout en sueur en train de procéder à des semis de mil, de maïs ou d’arachide. Le village de Kanilai est devenu ainsi le point de mire et de ralliement des ministres du gouvernement, de centaines de partisans du président Jammeh ou de curieux qui, chaque jour, viennent admirer les prouesses de leur dirigeant. Des touristes étrangers et des journalistes allemands font même le déplacement pour assister ou filmer ce spectacle peu ordinaire d’un chef d’Etat africain muni d’une houe ou d’une machette, cultivant son champ, au son de la musique. Le président cultive non seulement en compagnie de ses amis d’enfance, comme dans la pure tradition de son terroir, mais aussi avec l’aide de quelques partisans plus soucieux de se faire remarquer que des résultats de leurs activités agricoles. Devant les caméras de télévision, Yahya Jammeh ne manque jamais de lancer des appels aux jeunes pour un retour à la terre en soulignant que le champ qu’il cultive actuellement a servi à financer ses études. Le chef de l’Etat gambien avait décidé de passer ses vacances d’août dans les champs confiant l’intérim à la vice-présidente Isatou Nije Saidy. C’est donc dans son champ que le président Jammeh a accueilli son ancien instructeur américain, le major Faout Aide, qui, devant la télévision gambienne, n’a pas tari d’éloges pour son poulain, «le plus remarquable» des quelque 4.000 militaires qu’il a encadrés. En attendant que les lampions s’éteignent sur les activités champêtres du président mercredi, avec la fin de ses vacances et son retour au palais présidentiel, ses détracteurs l’accusent de se faire de la publicité gratuite. Réponse du président-cultivateur: «Ils sont portés à la critique. Ils n’ont rien à offrir et ne laissent pas en paix ceux qui veulent travailler». Avec ses récoltes, Yahya Jammeh compte alimenter le fonds spécial pour l’éducation qu’il gère depuis qu’il a pris le pouvoir. Ce fonds parraine des lycéens et accorde des bourses d’études supérieures aux élèves les plus méritants. (AFP) *
Le président Yahya Jammeh de Gambie vient de dévoiler une facette inconnue de sa personnalité: l’ancien capitaine venu au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat et puis élu démocratiquement, est aussi un cultivateur. Depuis quatre semaines, il a abandonné les lustres présidentiels de Banjul et ses tenues africaines exubérantes pour les rigueurs des champs, dans son modeste village natal de Kanilai, à 118 km de la capitale. La télévision nationale gambienne le montre presque tous les jours en kaftan ou en jean pataugeant dans la boue et tout en sueur en train de procéder à des semis de mil, de maïs ou d’arachide. Le village de Kanilai est devenu ainsi le point de mire et de ralliement des ministres du gouvernement, de centaines de partisans du président Jammeh ou de curieux qui, chaque jour, viennent admirer les...
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