Le génocide rwandais, qui a fait de 500.000 à 800.000 morts entre avril et juillet 1994, a été perpétré par des extrémistes hutus (ethnie majoritaire) contre des Tutsis et des opposants hutus modérés. Le soir du 6 avril 1994, le président hutu Juvénal Habyarimara est tué dans l’explosion de son avion, abattu à Kigali. Quelques heures après l’attentat, au cours duquel le président burundais Cyprien Ntaryamira trouve également la mort, le premier ministre, Agathe Uwilingiyimana, et plusieurs ministres de l’opposition sont tués. Dix Casques bleus belges de la MINUAR (Mission de l’ONU pour l’assistance au Rwanda, créée en 1993), chargés de la protection du premier ministre, sont également massacrés. Des barrages sont dressés dans les rues de Kigali, les miliciens et les militaires fouillent les maisons. Les milices «Interahamwe», au départ le «mouvement de jeunesse» du parti du président Habyarimana, deviennent une véritable machine à tuer. Les massacres systématiques s’étendent à tout le pays. Hommes, femmes et enfants sont exterminés à coups de machettes, déchiquetés par les grenades et les obus, dans les rues, chez eux, et même dans les églises et les écoles où ils croyaient être en sécurité. Une seule commune, Giti, à quelques kilomètres au nord de Kigali, sera épargnée par les massacres. La MINUAR — 5.500 hommes au plus fort de sa présence — est incapable d’arrêter le bain de sang, devant une communauté internationale paralysée. Ses derniers hommes quitteront le pays en avril 1996. La France met sur pied, le 22 juin, l’Opération «Turquoise» (2.500 soldats français et des soldats africains) pour protéger les civils dans le sud-ouest du pays et dans les camps de réfugiés au Zaïre. L’armée américaine organise l’opération «Support Hope» d’aide aux réfugiés. La victoire du Front patriotique rwandais (FPR), le 4 juillet, qui s’empare de la capitale, met fin au génocide et provoque la fuite de 1,7 million de Hutus vers les pays limitrophes. La majorité a depuis regagné le Rwanda. Environ 130.000 personnes sont actuellement détenues dans ce pays, où la justice a prononcé une centaine de condamnations à mort. De son côté, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR), créé en novembre 1994, n’a encore prononcé aucun jugement. En décembre 1997, une commission d’enquête parlementaire belge a dénoncé la responsabilité des autorités de Bruxelles et de l’ONU dans le génocide. Une mission d’information parlementaire française chargée d’enquêter notamment sur le rôle militaire de la France au Rwanda a été créée le 3 mars dernier. (AFP)
Le génocide rwandais, qui a fait de 500.000 à 800.000 morts entre avril et juillet 1994, a été perpétré par des extrémistes hutus (ethnie majoritaire) contre des Tutsis et des opposants hutus modérés. Le soir du 6 avril 1994, le président hutu Juvénal Habyarimara est tué dans l’explosion de son avion, abattu à Kigali. Quelques heures après l’attentat, au cours duquel le président burundais Cyprien Ntaryamira trouve également la mort, le premier ministre, Agathe Uwilingiyimana, et plusieurs ministres de l’opposition sont tués. Dix Casques bleus belges de la MINUAR (Mission de l’ONU pour l’assistance au Rwanda, créée en 1993), chargés de la protection du premier ministre, sont également massacrés. Des barrages sont dressés dans les rues de Kigali, les miliciens et les militaires fouillent les maisons. Les...
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