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Actualités - Chronologie

Chouette Belgique

Les rapaces diurnes et nocturnes hantent à nouveau en nombre la Belgique: dans ce pays pourtant très dense et industrialisé, ils ont profité des efforts des écologistes tout en s’adaptant à des sites inattendus. En Belgique comme ailleurs, les écologistes sont opposés au nucléaire. Mais ce sont justement les tours de refroidissement des centrales atomiques de Tihange et de Doel qu’ont choisies des couples de faucons pèlerins comme repaires. Ce rapace était considéré comme en voie de disparition dans le pays depuis les années 60 avant de raparaître en nichant sur des sites artificiels, souvent en haut des centrales électriques. Les organisations de protection spécialisées se sont adaptées à cette situation, en installant des nichoirs spécialisés dans ces lieux incongrus. Le faucon crécerelle – un tout petit rapace qui aime les séances de surplace dans les airs – s’est quand à lui quelquefois reconverti à un mode de vie urbain. Selon Hughes Fanal de la Ligue royale belge de protection des oiseaux (LRBPO), des volontaires ont mené une garde vigilante cette année près de l’Arche du Cinquantenaire, en plein Bruxelles, pour protéger discrètement une nidification couronnée de succès. Pour les rapaces nocturnes (chouettes et hiboux), une politique volontariste a également complété l’effort d’adaptation des espèces. Le plus gros, le hibou grand-duc a ainsi fait un retour en force dans la faune belge en s’installant dans des carrières, autre lieu honni des écologistes pour les dommages causés aux biotopes traditionnels. Cet oiseau qui n’était supposé vivre que dans les falaises sauvages, s’installe même quelquefois dans des villages, notamment ceux pourvus de colonies de pigeons qui constituent son ordinaire alimentaire. La chouette de Tengmalm – très petit rapace aux pattes emplumées et aux yeux d’or – était, elle victime de l’abattage systématique des vieux arbres malades dans lesquels elle avait l’habitude de nicher. Les efforts d’information par les ornithologues auprès des gestionnaires de forêts permettent maintenant d’épargner les arbres susceptibles d’abriter leurs nichées, alors que la pose de nichoirs s’est révélée fructueuse. Dynamisme sexuel Le dynamisme sexuel de l’espèce – le mâle peut avoir trois femelles simultanément et ces dernières laissent l’élevage des petits à leur père pour reprendre des noces avec un autre partenaire –, a fait le reste. Les chouettes de Tengmalm sont à nouveau bien représentées dans les forêts des Ardennes. La chouette chevêche, autrefois commune en Belgique, a également été victime d’un fort déclin avec l’amenuisement de son habitat de haies d’arbres têtards et de vergers hautes tiges. Une reconversion aléatoire dans les bâtiments agricoles lui a permis de sauver les meubles. Mais pour la relancer durablement, les ornithologues ont lancé une grande «opération chevêche» à travers le royaume. Outre la pose massive de nichoirs fabriqués à partir de caisses à vin (12 bouteilles), ils ont encouragé le recours à la pratique ancestrale de l’émondage (coupe au ras de la tête) des arbres qui aboutit à la formation de cavités naturelles. Un autre plan d’action a été lancé il y a six ans en faveur de la chouette effraie, célèbre pour sa face blanche. Contrairement à ses congénères, celle-ci apprécie le voisinage humain, ayant pris l’habitude de nidifier dans les clochers. Or, beaucoup de ces derniers ont été grillagés pour éviter les déjections des pigeons. La politique de protection a donc consisté à placer des nichoirs à leur entrée, en attendant des aménagements plus adéquats. Dans la mesure du possible, on encourage la présence autour de ces lieux d’amas naturels (meules de foin, tas de bois) attirant les petits mammifères et notamment les musaraignes, particulièrement convoitées. La LRPBO se félicite de ces succès mais note que pour d’autres rapaces – comme le busard des marais – qui dépendent des milieux marécageux raréfiés, la situation est moins encourageante. (AFP)
Les rapaces diurnes et nocturnes hantent à nouveau en nombre la Belgique: dans ce pays pourtant très dense et industrialisé, ils ont profité des efforts des écologistes tout en s’adaptant à des sites inattendus. En Belgique comme ailleurs, les écologistes sont opposés au nucléaire. Mais ce sont justement les tours de refroidissement des centrales atomiques de Tihange et de Doel qu’ont choisies des couples de faucons pèlerins comme repaires. Ce rapace était considéré comme en voie de disparition dans le pays depuis les années 60 avant de raparaître en nichant sur des sites artificiels, souvent en haut des centrales électriques. Les organisations de protection spécialisées se sont adaptées à cette situation, en installant des nichoirs spécialisés dans ces lieux incongrus. Le faucon crécerelle – un tout petit...