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Actualités - Chronologie

Pieds de vigne à louer

Depuis quinze ans, un viticulteur du bordelais, à Lanzac, joue les pionniers en louant chaque année une partie de ses vignes à des viticulteurs amateurs venus de toute l’Europe, qui peuvent ainsi, moyennant un loyer, recevoir une partie de la récolte à leur nom. «Nous voulions reprendre une vieille tradition bordelaise selon laquelle les négociants achetaient la récolte sur pied. (...), explique Jean-Yves Béchet, penché sur un jeune cep du «Château Fougas», sur les Côtes de Bourg. «Ça ne va jamais marcher, me disaient les viticulteurs de la région quand nous avons lancé cette idée de location en 1983. Maintenant, quelques-uns s’y sont mis», ajoute-t-il. La formule mise en place par M. Béchet est originale: entre 40 et 50% de ses vignes (sur 11 hectares de Côtes de Bourg et trois hectares de Saint Emilion) sont louées par des particuliers ou des sociétés. Ils sont aujourd’hui près d’un millier à payer un loyer annuel pour 25, 50 ou 100 pieds de vigne (2.800 francs – 500 dollars – pour 100 pieds), et à partager la production (un pied produisant une bouteille et demie) et les soucis de l’exploitation. Les locataires sont en effet tenus au courant de l’état de la production par une lettre confidentielle, «Le Cep de Vigne». «Ils se sentent chez eux, ici», affirme le viticulteur. «D’ailleurs, nos clients participent aux vendanges et viennent souvent en famille ou entre amis. C’est une vraie fête», ajoute Michèle Béchet, l’épouse du propriétaire, très impliquée dans cette «affaire familiale». Bouche à oreille Et pour que les viticulteurs en herbe n’oublient pas un week-end de vendanges très couleur locale, Michèle leur promet un confit d’oie dans sa graisse, conservé dans les pots en terre d’autrefois... Mais qu’en pensent ceux qui, de la Suisse à la Suède, en passant par la Belgique, ont fait le choix de commander un millésime avant le début de la saison? «On lui fait entière confiance, car il réussit à nous associer et nous tient informés», explique Georges Erismann, de Pully, sur les bords du lac Léman (Suisse). En effet, la transparence est indispensable pour se constituer un capital confiance, rappelle Jean-Yves Béchet, qui fait appel à un huissier au moment de la répartition de la récolte. Quant au vin, «même si les gens du médoc considèrent que ce n’est pas du haut de gamme, il faut le laisser vieillir et il est très agréable!», poursuit ce client suisse. «L’image de marque que le bordeaux véhicule est très appréciée par nos clients», confie une locataire de Bruxelles, Edith Sacrée, dont la société financière, Locabel, offre régulièrement du Château Fougas à sa clientèle. Et le bouche à oreille fonctionne, amenant des clients ou des amis à s’intéresser à l’expérience peu commune de ce viticulteur du Bordelais. Accompagné de son chien appelé opportunément «Levure», le couple de viticulteurs vérifie le bon déroulement de la «vendange verte», qui consiste à décharger les pieds de la moitié de leurs grappes au cours de leur développement, pour gagner en qualité. Une pratique digne des grands crûs qui étonne les collègues de M. Béchet. «Louer permet d’investir sans être stressés», affirme ce dernier. «Les loyers constituent un fonds de roulement qui nous permet d’élever la qualité sur des petites superficies, et nos clients ne paient en fait que 32 francs par bouteille. C’est une bonne solution.» (AFP)
Depuis quinze ans, un viticulteur du bordelais, à Lanzac, joue les pionniers en louant chaque année une partie de ses vignes à des viticulteurs amateurs venus de toute l’Europe, qui peuvent ainsi, moyennant un loyer, recevoir une partie de la récolte à leur nom. «Nous voulions reprendre une vieille tradition bordelaise selon laquelle les négociants achetaient la récolte sur pied. (...), explique Jean-Yves Béchet, penché sur un jeune cep du «Château Fougas», sur les Côtes de Bourg. «Ça ne va jamais marcher, me disaient les viticulteurs de la région quand nous avons lancé cette idée de location en 1983. Maintenant, quelques-uns s’y sont mis», ajoute-t-il. La formule mise en place par M. Béchet est originale: entre 40 et 50% de ses vignes (sur 11 hectares de Côtes de Bourg et trois hectares de Saint Emilion) sont...