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Actualités - Chronologie

Le Maroc tente de faire face à une pollution inquiétante

La pollution a pris des dimensions inquiétantes au Maroc où officiels et parlementaires tentent de mettre sur pied un plan d’urgence pour diminuer les effets polluants de l’industrie phosphatière, assainir le littoral et garantir la propreté des villes. Le secrétaire d’Etat à l’Environnement, Ahmed Iraqi, a récemment appelé les députés à «agir vite et mettre sur pied un arsenal juridique de protection» de l’environnement. La presse marocaine a de son côté multiplié les appels et les «sonnettes d’alarmes» pour que le gouvernement sauve les localités menacées par la pollution alors que le pays est riche en paysage de toutes sortes, tant maritimes que montagneux ou désertiques. La sonnette d’alarme avait pourtant été tirée en 1996, lorsque le roi Hassan II avait lui-même dénoncé la saleté qui pollue les villes marocaines. Mal asphaltées et aux égouts bouchés, de nombreuses rues sont encombrées de déchets domestiques qui, conjugués à la chaleur, menacent la santé des habitants et notamment des enfants. «Les notables et les élus ont bien leurs proprettes et verdoyantes villas, la propreté de nos rues ne les intéresse nullement et ils ne nous parlent qu’à la veille des élections», déplorent amèrement des habitants de Rabat. A Casablanca et à Rabat, les autorités se préparent à conclure des accords avec des sociétés étrangères pour assurer l’assainissement, notamment le traitement des eaux usées déversées dans l’Atlantique et les grandes rivières. A el-Jadida, plus au sud, une usine de production de levure est accusée de polluer l’embouchure du fleuve Oum Rabia, dont la teneur en oxygène a baissé par endroit en raison du rejet de «grandes quantités de matières organiques» polluantes. Plusieurs plages sont «impropres» pour le baignade, 21% étant polluées et 50% de «qualité moyenne», a estimé le ministère de l’Equipement dans un récent rapport. Le littoral en danger Le Maroc qui possède 3.000 kilomètres de littoral et plusieurs sites et monuments historiques ne dépasse pas le seuil des 2 millions de touristes annuellement, dont une partie déplore la pollution des plages et des villes touristiques du royaume. Sur l’Atlantique, le Maroc possède deux complexes chimiques qui par leurs émissions de fumées et leurs déchets déversés en mer aggravent la situation de l’environnement. A lui seul, le complexe chimique de Safi (sud), deuxième en importance après celui de Jorf Lasfar (200 kilomètres au sud de Casablanca), déverse en mer 24.000 m3 par heure de déchets toxiques contenant de l’arsenic, du plomb, du soufre et de l’acide phosphorique, selon un dossier publié récemment par «al-Ittihad al-Ichtiraki» qui cite une étude «non révélée au public»... Les déchets industriels changent la couleur de l’eau de mer, augmentant sa température, causant la mort des algues et faisant fuir les bancs de poissons, ajoute ce journal, porte-parole de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, au pouvoir). Pour prévenir les dangers de la pollution de l’industrie phosphatière, l’Office chérifien des phosphates (OCP, public), premier exportateur de phosphate et d’acide phosphorique dans le monde, a cependant débloqué au début de l’année quelque 2,5 millions de dollars pour des études sur l’impact de la pollution afin de mieux l’affronter. (AFP)
La pollution a pris des dimensions inquiétantes au Maroc où officiels et parlementaires tentent de mettre sur pied un plan d’urgence pour diminuer les effets polluants de l’industrie phosphatière, assainir le littoral et garantir la propreté des villes. Le secrétaire d’Etat à l’Environnement, Ahmed Iraqi, a récemment appelé les députés à «agir vite et mettre sur pied un arsenal juridique de protection» de l’environnement. La presse marocaine a de son côté multiplié les appels et les «sonnettes d’alarmes» pour que le gouvernement sauve les localités menacées par la pollution alors que le pays est riche en paysage de toutes sortes, tant maritimes que montagneux ou désertiques. La sonnette d’alarme avait pourtant été tirée en 1996, lorsque le roi Hassan II avait lui-même dénoncé la saleté qui pollue...