Les sanctions internationales imposées à la Libye depuis 1992 ont profondément affecté son économie, dont les principaux secteurs, notamment pétrolier, ont enregistré des pertes de plus de 24 milliards de dollars, selon des chiffres officiels publiés à Tripoli. Ces sanctions ont été imposées à la Libye en raison de son refus d’extrader vers les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne deux suspects sans l’attentat contre un avion de la compagnie américaine PanAm dont l’explosion au-dessus de Lockerbie en Ecosse a fait 270 morts en 1988. L’embargo aérien, militaire et les restrictions sur les déplacements des responsables libyens à l’étranger en vigueur depuis 1992 ont été renforcés en 1993 par le gel d’avoirs financiers libyens et les restrictions sur l’importation de certains équipements pétroliers. Moins dures que l’embargo total qui frappe l’Irak depuis 1990, ces sanctions n’ont pas moins désorganisé plusieurs secteurs de l’économie libyenne, qui était florissante dans les années 1980. L’acceptation libyenne de la proposition américano-britannique de juger les deux suspects, MM. Abdel Basset Ali Mohammed el-Megrahi et al-Amine Khalifa Fhimah, aux Pays-Bas, doit ouvrir la voie à la suspension des sanctions contre Tripoli, comme en a décidé jeudi le Conseil de Sécurité de l’ONU. Le secteur de l’industrie, ceux du commerce et l’industrie pétrolière ont été les plus durement touchés. Le premier a perdu 5,5 milliards de dollars, le second 6 mds USD, et le troisième 5 mds, en raison notamment du manque de pièces détachées, selon les chiffres officiels publiés récemment. L’élevage, secteur important dans la société pastorale libyenne, a également souffert, affirment les responsables libyens parlant de pertes de 5 mds USD. Dépenses réduites Autre activité, celle du transport, notamment aérien, qui a perdu la bagatelle de 2,5 mds, dont 2 mds pour la seule compagnie aérienne nationale, la Libyan Arab Airlines. Celle-ci a été obligée de cesser ses vols, de fermer ses bureaux à l’étranger et de licencier une bonne partie des membres de son personnel à la suite de l’embargo. Les responsables libyens insistant sur «les effets dévastateurs» des sanctions sur le secteur de la santé, affirmant que les difficultés de déplacement à l’étranger et les retards de livraison des médicaments et d’équipements médicaux ont causé pas moins de 18.000 décès. Ils évoquent même un accroissement du nombre des victimes des accidents de la route en raison, selon eux, du vieillissement du parc automobile causé par les sanctions. En six ans, 4.000 Libyens sont morts dans des accidents de la circulation attribués aux retombées des sanctions, 13.000 autres ont été handicapés et 26.000 véhicules ont été détruits, affirment ces responsables, estimant les pertes à plus de 2,5 mds. Mais contrairement à l’Irak, dont l’infrastructure a été détruite pendant la guerre du Golfe en 1991, les effets des sanctions ont été atténués, dans le cas de la Libye, par la poursuite des exportations pétrolières, principale ressource du pays. Un diplomate occidental en Libye a résumé l’objectif des sanctions en estimant récemment qu’«on a voulu affaiblir la Libye qui avait gagné beaucoup de poids dans le tiers-monde, en freinant ses capacités économiques» la contraignant à «réduire sensiblement ses dépenses à l’étranger». Selon un autre diplomate en poste à Tripoli, «les sanctions ont fait le bonheur des intermédiaires et des pays voisins, entraîné une augmentation des prix mais n’ont pas affecté fondamentalement le commerce avec l’Europe». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les sanctions internationales imposées à la Libye depuis 1992 ont profondément affecté son économie, dont les principaux secteurs, notamment pétrolier, ont enregistré des pertes de plus de 24 milliards de dollars, selon des chiffres officiels publiés à Tripoli. Ces sanctions ont été imposées à la Libye en raison de son refus d’extrader vers les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne deux suspects sans l’attentat contre un avion de la compagnie américaine PanAm dont l’explosion au-dessus de Lockerbie en Ecosse a fait 270 morts en 1988. L’embargo aérien, militaire et les restrictions sur les déplacements des responsables libyens à l’étranger en vigueur depuis 1992 ont été renforcés en 1993 par le gel d’avoirs financiers libyens et les restrictions sur l’importation de certains équipements pétroliers. Moins...