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Actualités - Chronologie

L'Extrême-Orient en récession prononcée, sauf la Chine et Taiwan

L’Asie orientale est entrée clairement en récession prononcée, la Malaisie comme la Corée du Sud annonçant jeudi un 2e trimestre consécutif de contraction de leurs économies sur la période d’avril à juin, la Chine et Taïwan restant les exceptions. La Malaisie et la Corée rejoignent des pays déjà officiellement en récession (2 trimestres de recul consécutifs), à savoir le Japon, Hong Kong, l’Indonésie et la Thaïlande, 14 mois après le déclenchement de la tourmente financière et monétaire dans la région. Les économistes prévoient l’entrée en récession de Singapour à la fin de l’année, tandis que les Philippines pourraient avoir enregistré un 2e trimestre négatif. La banque centrale de Corée a annoncé jeudi un recul de 6,6% de l’économie au 2e trimestre. Le PIB de la Malaisie s’est contracté sur la même période de 6,8%, après 2,8% au 1er trimestre, a indiqué la Bank Negara (banque centrale), reconnaissant l’existence de la première récession du pays depuis 13 ans. «L’impact de la crise financière et monétaire commence à se traduire dans l’économie réelle, ce qui laisse présager un avenir à court terme douloureux», souligne Jimmy Koh, économiste régional chez IDEA, firme financière britannique de Singapour. La dernière grande récession en Asie orientale remonte au milieu des années 80 et avait correspondu à un net recul des prix mondiaux des matières premières, qui constituaient alors l’essentiel des productions et exportations des pays touchés. Les pays d’Asie de l’Est ont depuis corrigé le tir en lançant des productions manufacturières, mais dont beaucoup reposent sur la sous-traitance de fabrication de produits électroniques, lesquels souffrent actuellement d’une nette récession mondiale et de baisses de prix. Et la plupart des devises de la région continuent donc depuis des mois de côtoyer leurs plus bas niveaux historiques par rapport au dollar US, ce qui n’empêche pas le fort recul des exportations, les économies concernées n’étant pas présentes sur les «niches» mondiales de croissance ou insuffisamment organisées commercialement. Simultanément sont apparus la dépréciation de l’immobilier, les baisses des bourses, l’augmentation soudaine du chômage et les dépôts de bilans d’entreprises. «Le ralentissement économique en Asie devient de plus en plus grave, estime Susumu Takahashi, économiste en chef du Japan Research Institute à Tokyo. Les crises en Thaïlande, en Indonésie et en Corée du Sud se sont répandues vers Taïwan, Singapour, Hong Kong et la Malaisie». La Chine, «moteur de l’économie asiatique, est elle-même en train de ralentir en raison de la baisse de ses exportations et de sa demande intérieure, notamment avec l’impact des grandes inondations», ajoute-t-il. M. Takahashi repère également un cercle vicieux entre le Japon et les économies de la région, le recul de ces dernières affectant le Japon, pendant que la récession au Japon les affecte en retour. «Si le Japon ne remet pas en ordre son économie, le Japon et les pays de la région pourraient provoquer une récession mondiale. Particulièrement si l’économie américaine devait commencer à s’essouffler sans que le Japon ait amorcé une reprise». Le fort recul du PIB en Corée du Sud au 2e trimestre est consécutif à une contraction de 3,9% au premier trimestre de cette année. Et cette contraction du 2e trimestre de 6,6% est la plus forte chute trimestrielle depuis celle du 4e trimestre de 1980, qui avait été de 7,8%. Le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad annonce, mais sans les préciser, des mesures radicales pour sortir de la crise en se disant «confiant que le peuple continuera à soutenir le gouvernement». Alors que le gouvernement philippin reconnaît lui que le pays a probablement enregistré une contraction au 2e trimestre, il reste toutefois confiant que l’année sera positive. Le président Jiang Zemin a de son côté reconnu publiquement mercredi que la Chine n’atteindrait peut-être pas son objectif officiel de croissance du PIB de 8% cette année, en raison notamment de la baisse de rythme des exportations, mais en indiquant clairement que le gouvernement de Pékin n’y voyait pas un souci majeur. Si Singapour pourrait afficher des reculs consécutifs aux 3e et 4e trimestres, l’année 98 est prévue par nombre d’économistes pour devoir rester légèrement positive. (AFP)
L’Asie orientale est entrée clairement en récession prononcée, la Malaisie comme la Corée du Sud annonçant jeudi un 2e trimestre consécutif de contraction de leurs économies sur la période d’avril à juin, la Chine et Taïwan restant les exceptions. La Malaisie et la Corée rejoignent des pays déjà officiellement en récession (2 trimestres de recul consécutifs), à savoir le Japon, Hong Kong, l’Indonésie et la Thaïlande, 14 mois après le déclenchement de la tourmente financière et monétaire dans la région. Les économistes prévoient l’entrée en récession de Singapour à la fin de l’année, tandis que les Philippines pourraient avoir enregistré un 2e trimestre négatif. La banque centrale de Corée a annoncé jeudi un recul de 6,6% de l’économie au 2e trimestre. Le PIB de la Malaisie s’est contracté...