Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les frappes US, source de nouvelles difficultés pour le Pakistan

Les frappes américaines en Afghanistan ont mis dans une situation très difficile Islamabad qui doit à la fois gérer son soutien aux Taliban afghans, son alliance avec les Etats-Unis et la montée en puissance de l’intégrisme islamique dans le pays. D’autant que la situation politique du premier ministre Nawaz Sharif devient de plus en plus incertaine, en dépit de sa confortable majorité parlementaire, en raison en particulier de son incapacité à juguler une crise économique et financière catastrophique. «Les missiles américains ont frappé au plus mauvais moment» pour le gouvernement de Nawaz Sharif, a commenté un diplomate occidental. Selon lui, M. Sharif est de plus en plus sur la défensive et il tente de convaincre ses compatriotes que le Pakistan n’avait pas été mis au courant de l’attaque prévue par les Américains sur la région afghane de Ghost jeudi dernier. Il a ainsi expliqué que son gouvernement avait été informé d’une attaque américaine contre des camps terroristes supposés en Afghanistan seulement entre le moment où les missiles ont été lancés et celui où ils ont atteint leurs objectifs. Et si M. Sharif a condamné le «terrorisme sous toutes ses formes», il a critiqué les attaques américaines où «de précieuses vies ont été perdues». D’ores et déjà, l’ancien premier ministre Benazir Bhutto a dénoncé la «confusion» entretenue selon elle par le gouvernement autour de cette affaire. L’impression générale, a-t-elle dit, est que le gouvernement était au courant et a «collaboré» avec les Etats-Unis. Gages aux religieux «M. Sharif est entre le marteau et l’enclume», a estimé un autre diplomate, pour qui le premier ministre est tiraillé entre le besoin de préserver de bonnes relations avec les Etats-Unis et ne pas mécontenter un monde arabo-musulman et une opinion publique intérieure, notamment dans ses franges intégristes, où les frappes américaines ont déclenché une levé de boucliers. «Le Pakistan a besoin, plus que jamais, de la puissance des Etats-Unis aussi bien au plan international qu’au plan économique», a estimé un expert occidental du pays. «Sur la scène régionale, notamment, l’appui de Washington est nécessaire dans les rapports du Pakistan avec l’Inde, le puissant ennemi voisin», a-t-il dit. C’est le cas dans l’affaire du Cachemire, une région himalayenne à majorité musulmane que les deux pays se disputent depuis l’indépendance et la partition de 1947 et pour laquelle ils se sont déjà livré deux guerres. Par ailleurs, selon l’expert, la situation économique du pays est telle que le Pakistan dépend désormais de plus en plus de prêts de l’extérieur pour assurer ses paiements internationaux, notamment le service de la dette estimée à plus de 32 milliards de dollars. Or, les réserves de changes sont actuellement estimées à environ 700 millions de dollars, alors que les échéances de septembre sont de 500 millions de dollars. Et, là aussi, la bonne volonté des Etats-Unis est indispensable pour un assouplissement des sanctions prises après les essais nucléaires de l’Inde et du Pakistan en mai dernier et l’obtention de prêts par le FMI et les autres organisations financières internationales. Les effets de cette crise sont là, notent les observateurs, avec notamment le retour prévu d’une inflation à deux chiffres dangereuse quant à ses effets sociaux. Une situation dont peuvent profiter les mouvements intégristes pakistanais — politiquement peu importants jusqu’à présent mais puissamment organisés et dont l’influence grandit. Ils ont condamné sans réserve les actions américaines et appelé à des mesures de représailles qui font craindre des attentats au Pakistan. D’ores et déjà, la presse pakistanaise fait état de la volonté du gouvernement de procéder à une islamisation plus poussée du pays qui aurait pour effet de donner des gages aux partis religieux extrémistes. (AFP)
Les frappes américaines en Afghanistan ont mis dans une situation très difficile Islamabad qui doit à la fois gérer son soutien aux Taliban afghans, son alliance avec les Etats-Unis et la montée en puissance de l’intégrisme islamique dans le pays. D’autant que la situation politique du premier ministre Nawaz Sharif devient de plus en plus incertaine, en dépit de sa confortable majorité parlementaire, en raison en particulier de son incapacité à juguler une crise économique et financière catastrophique. «Les missiles américains ont frappé au plus mauvais moment» pour le gouvernement de Nawaz Sharif, a commenté un diplomate occidental. Selon lui, M. Sharif est de plus en plus sur la défensive et il tente de convaincre ses compatriotes que le Pakistan n’avait pas été mis au courant de l’attaque prévue par les...