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Actualités - Chronologie

Peu d'espoir de changement pour des réfugiés campeurs

L’échéance des élections signifie pas grand-chose pour Kadira Alic, qui attend toujours le jour où elle pourra retourner dans son village natal de Klisa, situé dans le nord-est de la Bosnie et contrôlé par les Serbes. «Cela ne m’intéresse pas de savoir qui va gagner les élections» générales des 12 et 13 septembre en Bosnie, dit-elle, «tout ce que je veux c’est retourner chez moi». Depuis un mois, Kadira, 37 ans, vit avec d’autres réfugiés de Klisa dans des tentes à Sapna, près de la frontière entre la Fédération croato-musulmane et la Republika Srpska (RS, l’entité serbe de Bosnie), et près des maisons qu’ils ont fui durant la guerre de 1992-1995. Ces réfugiés racontent que des groupes serbes les empêchent de retourner chez eux, malgré le fait que 1998 a été désigné comme «l’année du retour des réfugiés» par des responsables internationaux, qui tentent de restaurer une Bosnie multiéthnique. «Nous ne pensons pas qu’ils retourneront (chez eux) avant les élections, mais nous espérons qu’ils seront en mesure de le faire après», a déclaré Alexandra Stiglmayer, une porte-parole du Haut représentant civil en Bosnie, Carlos Westendorg. Kadira a quitté Klisa le 1er juin 1992, durant les premières semaines de la guerre, lorsque son mari, Osman, a été emmené par des unités serbes. «Je n’ai jamais appris ce qui lui était arrivé», déclare-t-elle. Aujourd’hui, elle est la cuisinière en chef dans ce camp de réfugiés musulmans originaires de Klisa et prépare des pommes de terre et du riz pour le déjeuner et le dîner. Mosquée détruite Les tentes ont été montées dans la cour arrière d’une maison serbe, dont l’intérieur sert de cuisine et de salle à manger. On y sert le café entre les repas, tandis que des adolescents marchent plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver de l’eau. Un médecin y effectue des visites quotidiennes, mais la plus grande difficulté pour ces campeurs est le froid, quand la nuit tombe dans cette région montagneuse de la Bosnie-Herzégovine. Kadira raconte qu’elle fait partie d’un groupe de villageois de Klisa qui ont tenté de retourner chez eux le 29 juillet, mais qui ont été forcés à rebrousser chemin par des groupes de Serbes qui, dit-elle, les ont menacés. Klisa comptait avant la guerre 900 habitants, majoritairement musulmans, qui ont fui leurs maisons lors de l’avancée des forces serbes bosniaques. Près de trois ans après la fin de la guerre, personne n’y vit. Les maisons qui y sont très endommagées, n’ont ni porte ni fenêtre. La mosquée, qui était située au centre de cette localité, a été complètement détruite lors de la guerre. Seuls sept kilomètres et un poste de contrôle de police serbe séparent les habitants de Klisa de leurs maisons, dans une zone où patrouillent des soldats russes de la Force de stabilisation de l’OTAN (SFOR). «C’est dur de voir des maisons détruites et aucun signe de vie», commente Azemina Alic, 30 ans, rentrée d’Allemagne le 30 juillet avec ses deux enfants, pour rejoindre les réfugiés de Klisa sous leurs tentes. De nombreuses rencontres ont été organisées durant ces dernières semaines entre les autorités serbes et les réfugiés de Klisa, mais ces derniers ne sont toujours pas en mesure de retourner chez eux. Et l’approche des élections n’éveille que très peu d’intérêt. «Je ne crois pas que de quelconques élections vont changer grand-chose», estime Salih Suljic, 53 ans. (AFP)
L’échéance des élections signifie pas grand-chose pour Kadira Alic, qui attend toujours le jour où elle pourra retourner dans son village natal de Klisa, situé dans le nord-est de la Bosnie et contrôlé par les Serbes. «Cela ne m’intéresse pas de savoir qui va gagner les élections» générales des 12 et 13 septembre en Bosnie, dit-elle, «tout ce que je veux c’est retourner chez moi». Depuis un mois, Kadira, 37 ans, vit avec d’autres réfugiés de Klisa dans des tentes à Sapna, près de la frontière entre la Fédération croato-musulmane et la Republika Srpska (RS, l’entité serbe de Bosnie), et près des maisons qu’ils ont fui durant la guerre de 1992-1995. Ces réfugiés racontent que des groupes serbes les empêchent de retourner chez eux, malgré le fait que 1998 a été désigné comme «l’année du retour...