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Actualités - Chronologie

Terrorisme et guerre au menu des non-alignés

Les attentats anti-américains et la riposte de Washington ainsi que la guerre en RDCongo, deux dossiers qui concernent directement plusieurs de ses membres, vont dominer la réunion des non-alignés qui s’ouvre ce week-end à Durban (est de l’Afrique du Sud). C’est une Afrique du Sud choquée par l’explosion d’une bombe, le 25 août dernier au Cap dans le restaurant Planet Hollywood, qui se prépare à accueillir à partir de vendredi les quelque 4.000 délégués des 113 pays membres, dont une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Les premiers prépareront le XIIe sommet du Mouvement des non-alignés (MNA), prévu les 2 et 3 septembre dans le grand port de l’océan Indien. Avec la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, le Mouvement des non-alignés, créé en 1961, six ans après la Conférence de Bandung, reste essentiellement un forum de défense et de promotion du Sud, plaidant pour un meilleur accès au Conseil de Sécurité des Nations Unies dont il réclame la réforme, un allégement de la dette, voire son effacement pour les plus pauvres et la lutte contre la prolifération nucléaire. Si ce dernier dossier demeure plus que jamais d’actualité avec les essais nucléaires en mai et juin derniers de l’Inde et du Pakistan — deux pays non-alignés, voisins et ennemis — les autres points seront sans doute éclipsés, en l’absence d’ordre du jour formel, par la multiplicité des crises et conflits en cours impliquant plusieurs de ses membres. Après le double attentat contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie le 7 août, les représailles de Washington ont visé le territoire de deux non-alignés, le Soudan et l’Afghanistan, suscitant la colère du monde arabo-musulman, amplement représenté au sein du MNA, lui-même traditionnellement hostile à l’hégémonie américaine. Nouvelle donne Au cœur de l’Afrique, la guerre en République démocratique du Congo n’implique que des pays non-alignés: l’Angola et le Zimbabwe, engagés militairement aux côtés du président congolais Laurent-Désiré Kabila, le Rwanda et l’Ouganda, aux côtés des rebelles. Dès le début de cette nouvelle crise congolaise, Nelson Mandala a tenté une médiation en tant que président en exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC): mais l’organisation régionale s’est retrouvée divisée sur le sujet, en raison notamment des efforts déployés par le président du Zimbabwe Robert Mugabe, qui conteste à son homologue sud-africain son leadership moral et diplomatique sur le continent. La SADC doit d’ailleurs se réunir, en marge du sommet de Durban, et, sous l’égide du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, se pencher sur le sort de l’Angola. Ce pays est aux prises avec une guerre civile qui n’en finit pas malgré la signature, en 1994, d’un accord de paix entre le régime du président Eduardo dos Santos et l’opposition armée, l’UNITA. Les non-alignés devront en outre intégrer une nouvelle donne avec la crise financière qui frappe l’Asie du Sud: lors des deux précédents sommets de Carthagène (Colombie) en 95 et Djakarta en 92, ses représentants arboraient un visage conquérant et des taux de croissance insolents. Le naufrage de leur économie, accompagné en Indonésie par la fin de l’ère Suharto, gagne peu à peu aujourd’hui l’Amérique latine. Face à cette somme de tâches en suspens, Nelson Mandela, qui sera intronisé président du MNA au cours du sommet de Durban, pourra se satisfaire des récentes avancées sur le dossier Lockerbie: l’idée, qu’il avait défendue, de faire traduire les deux suspects libyens devant la justice d’un pays tiers, a été officiellement acceptée par Londres et Washington, qui ont proposé les Pays-Bas à Tripoli en début de semaine. (AFP)
Les attentats anti-américains et la riposte de Washington ainsi que la guerre en RDCongo, deux dossiers qui concernent directement plusieurs de ses membres, vont dominer la réunion des non-alignés qui s’ouvre ce week-end à Durban (est de l’Afrique du Sud). C’est une Afrique du Sud choquée par l’explosion d’une bombe, le 25 août dernier au Cap dans le restaurant Planet Hollywood, qui se prépare à accueillir à partir de vendredi les quelque 4.000 délégués des 113 pays membres, dont une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Les premiers prépareront le XIIe sommet du Mouvement des non-alignés (MNA), prévu les 2 et 3 septembre dans le grand port de l’océan Indien. Avec la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, le Mouvement des non-alignés, créé en 1961, six ans après la Conférence...