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Actualités - Chronologie

Selon la presse russe Atmosphère de fin de règne à Moscou

D’ordinaire divisée, la presse russe est quasi unanime pour estimer que la décision surprise de Boris Eltsine de rappeler Viktor Tchernomyrdine à la tête du gouvernement avait porté un coup sévère, si ce n’est fatal, à l’autorité du président. «Il est désormais clair que non seulement la Russie n’a pas de gouvernement, mais qu’elle n’a pas de président non plus», écrit le quotidien économique «Kommersant». «Boris Eltsine continue de signer des décrets. Il lit des annonces à l’adresse de la population. Il participe même à des manœuvres militaires. Mais cela ne veut rien dire. En fait, à l’heure actuelle, la Russie n’a pas de président». «Si, il y a peu de temps, le Kremlin s’agitait beaucoup pour tenter de montrer que le président contrôlait parfaitement la situation du pays. Désormais, dans les conversations de couloirs, les officiels admettent presque ouvertement: ‘Nous ne savons pas comment nous allons survivre jusqu’en l’an 2000 (date de la prochaine élection présidentielle)’». De son côté, le quotidien Izvestia titre tout simplement à la une: «Eltsine abandonne le pouvoir». «Le chef de l’Etat a, une fois de plus, fait la preuve de sa trop fameuse imprévisibilité. Cela équivaut non pas à changer de monture en pleine course, mais à changer de parachute en plein saut — ce qui, cela va sans dire, est assez dangereux», estime le journal. «Izvestia» pense que le gouvernement de Tchernomyrdine sera probablement formé grâce à un accord avec la Douma, contrôlée par les communistes, ce qui signifie que «certaines des mesures anticrise absolument nécessaires seront bloquées». Le quotidien «Sevodnia» convient qu’une coopération entre la Douma et Viktor Tchernomyrdine réduirait le pouvoir d’Eltsine. «A long terme, la Douma deviendra le principal soutien du premier ministre. Et le président peut vraisemblablement compter sur l’adoption de lois offrant des garanties en cas de départ anticipé». Le «Moscow Times», anglophone, ajoute: «Du point de vue d’un vieil homme malade, aux facultés mentales affaiblies et doté d’un profond sentiment de paranoïa, la décision (d’Eltsine) de rappeler Viktor Tchernomyrdine peut sembler raisonnable». Mais «Eltsine est désormais un président sortant dont la popularité et l’influence vont décroître. Les ressemblances avec les derniers jours du régime de Suharto, en Indonésie, augmentent. Il est difficile de voir ce qui peut maintenant tirer d’affaire la Russie». Le quotidien pro-communiste «Sovietskaïa Rossia» apporte sa propre solution: «Seule la démission du président peut sauver la Russie». «En limogeant le gouvernement de Kirienko, Eltsine déclare sa propre faillite», titre le journal. Plusieurs journaux voient derrière le nouveau changement la main du magnat du pétrole, de la banque et des médias, Boris Berezovski, dont les journaux ont soutenu Viktor Tchernomyrdine. Le «Russki Telegraf», contrôlé par un rival de Berezovski, titre ironiquement en première page: «Berezovski est notre président» et prédit que Tchernomyrdine assouplira la ligne dure adoptée par son prédécesseur Sergueï Kirienko pour obtenir des grandes sociétés qu’elles paient leurs impôts. «Kommersant» et le quotidien populaire «Komsomolskaïa Pravda» affirment tous deux que la liste des nouveaux ministres a été arrêtée en commun par Tchernomyrdine et Berzovski. Selon Kommersant, les principaux réformateurs du pays refuseront de participer au nouveau gouvernement. (Reuters)
D’ordinaire divisée, la presse russe est quasi unanime pour estimer que la décision surprise de Boris Eltsine de rappeler Viktor Tchernomyrdine à la tête du gouvernement avait porté un coup sévère, si ce n’est fatal, à l’autorité du président. «Il est désormais clair que non seulement la Russie n’a pas de gouvernement, mais qu’elle n’a pas de président non plus», écrit le quotidien économique «Kommersant». «Boris Eltsine continue de signer des décrets. Il lit des annonces à l’adresse de la population. Il participe même à des manœuvres militaires. Mais cela ne veut rien dire. En fait, à l’heure actuelle, la Russie n’a pas de président». «Si, il y a peu de temps, le Kremlin s’agitait beaucoup pour tenter de montrer que le président contrôlait parfaitement la situation du pays. Désormais,...