Deux super-fusions, engageant cinq des plus grosses banques russes, ont été annoncées mardi à Moscou, lançant ainsi un processus d’assainissement d’un secteur bancaire mis au bord de l’implosion par la crise financière. Onexim, Menatep et Most-Bank ont annoncé leur fusion au sein d’un holding financier «qui fonctionnera sur les normes de comptabilité et d’audit internationales», selon le communiqué des banques. Inkombank et NRB (National Reservny Bank) ont également annoncé leur regroupement mardi. Ces cinq établissements font partie des 12 établissements bancaires constitués en pool la semaine dernière et qui ont la garantie du soutien de la Banque centrale russe. Au 31 décembre 1997, Onexim était la 4e banque russe (environ 3,7 mds de dollars d’actifs), Menatep la 7e (3 mds) et Most-Bank la 17e (1,25 md). Ces établissements appartiennent à trois des plus grands noms du monde des affaires russe: Onexim fait partie du groupe financier Interros aux mains de Vladimir Potanine, Menatep fait partie de l’empire de Mikhail Khodorkovski et Most-Bank de celui de Vladimir Goussinski. En février dernier, un classement établi par les spécialistes les plaçaient respectivement 2e, 4e et 3e sur la liste des «plus influents» hommes d’affaires en Russie, souvent surnommés «les oligarques». Les trois établissements vont apporter un capital de base représentant 51% des actions de chacun. Ils détiendront chacun 33,3% des parts. Inkombank quant à elle se classe seconde sur le podium des banques russes, avec environ 4,7 milliards de dollars, et NRB est 14e (chiffre non communiqué). Les fusions ont été saluées par la Banque centrale comme «facteur de stabilisation pour tout le système bancaire», selon un porte-parole de la BCR cité par Itar-Tass. Ces mouvements interviennent de fait alors que l’ensemble du secteur bancaire russe (qui compte quelque 1.500 établissements) est en danger. «La dévaluation du rouble, qui continue, a sinistré tout le secteur. Et il était déjà très mal en point», relève une source financière occidentale. «Si le rouble poursuit sa baisse sur les 20 plus grandes banques russes, seules deux ou trois resteront debout. Joindre ses forces est la seule chose à faire», ajoute cette source. Beaucoup d’établissements russes étaient très engagées en bons du Trésor (GKO, dont les remboursements ont été suspendus) et avaient pris des positions dangereuses sur le marché des changes. La crise financière (effondrement des actions russes depuis octobre, puis dévaluation du rouble et suspension de la dette) a lessivé leurs actifs. «La logique allait vers la consolidation depuis plus d’un an», relève Richard Hainsworth, représentant de l’agence d’évaluation Thomson BankWatch à Moscou. Le processus de fusions ne peut que se poursuivre. «D’ici quelques mois de nombreuses banques auront disparu», affirme un financier occidental. (AFP)
Deux super-fusions, engageant cinq des plus grosses banques russes, ont été annoncées mardi à Moscou, lançant ainsi un processus d’assainissement d’un secteur bancaire mis au bord de l’implosion par la crise financière. Onexim, Menatep et Most-Bank ont annoncé leur fusion au sein d’un holding financier «qui fonctionnera sur les normes de comptabilité et d’audit internationales», selon le communiqué des banques. Inkombank et NRB (National Reservny Bank) ont également annoncé leur regroupement mardi. Ces cinq établissements font partie des 12 établissements bancaires constitués en pool la semaine dernière et qui ont la garantie du soutien de la Banque centrale russe. Au 31 décembre 1997, Onexim était la 4e banque russe (environ 3,7 mds de dollars d’actifs), Menatep la 7e (3 mds) et Most-Bank la 17e (1,25 md)....
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