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Actualités - Chronologie

Les touristes chinois à la découverte de l'Europe

Dopés par un yuan fort, les touristes chinois, appareil photos en bandoulière, sont en train de remplacer les touristes japonais dans les grandes capitales européennes, avec tous les aléas liés à cette aventure. «Lorsque nous sommes arrivés à Paris, après une escale à Rome, les valises des 18 personnes de notre groupe avaient toutes été vidées», raconte Zhang Ying, une élégante Chinoise de Shanghai, équipée d’un sac Gucci, dans l’avion qui la ramène en Chine après un périple de 12 jours dans huit pays européens. Le tour, organisé par une agence de voyages pékinoise, a coûté la bagatelle de 25.000 yuans (3.000 dollars) dans un pays où le revenu moyen des citadins oscille autour de 9.000 yuans (1.086 dollars) par an. Mais l’agence de voyages, trop contente de répondre aux aspirations des nouveaux riches chinois, avait apparemment omis de mettre en garde ses clients contre les dangers des voyages à l’étranger. A Genève, une ville pourtant réputée pour sa sécurité, une collègue de Zhang Ying s’est fait dérober son sac à main. «Les petits voyous savent que les Chinois se rendent à l’étranger avec des liasses de billets», commente Zhang, désabusée, tout en notant que les vols de bagages appartenant à des touristes chinois sont de plus en plus fréquents. Comme leurs prédécesseurs Japonais, les touristes chinois ne prennent guère de précautions lorsqu’ils déambulent dans les villes européennes, à la recherche de produits de luxe meilleur marché qu’en Chine. Leur devise nationale – le yuan – n’étant pas convertible, ils se promènent avec d’importantes quantités de dollars ou de devises européennes qu’ils ont achetées avant de quitter la Chine. Officiellement toutefois, le tourisme chinois à destination des pays européens n’existe pas. Les seules destinations autorisées à ce jour sont outre Hong Kong et Macao, Singapour, la Malaisie, la Thailande, la Mongolie, la Russie et depuis peu la Corée du Sud et l’Australie. Et encore, le tourisme n’est-il autorisé que pour les groupes et non pour les individus. Pour contrecarrer cette réglementation, un nombre croissant d’agences de voyages chinoises font tout simplement passer leurs touristes pour des hommes d’affaires. Ils se procurent des passeports et des visas d’affaires grâce à des lettres d’invitation des pays concernés, parfois fausses, comme la presse chinoise l’a signalé récemment. Pour éviter les défections, les passeports sont confisqués par le responsable du groupe au départ de Chine et restitués uniquement dans l’avion qui les ramène. Certaines agences, comme la China International Travel Agency, n’hésitent pas à refuser les célibataires de moins de 35 ans, jugés plus susceptibles de fausser compagnie aux organisateurs. Lorsque cette éventualité se produit – ce qui arrive de temps à autre –, l’agence se voit retirer toute autorisation d’exercer. Aucune statistique n’existe sur ces voyages en Europe, comptabilisés dans les voyages d’affaires, mais à en croire les nombreuses publicités qui fleurissent dans Pékin, ils semblent promis à un grand avenir. «Quatre-vingts pour cent des passagers de nos avions sont désormais Chinois, contre moins de la moitié il y a encore deux ou trois ans», relève le représentant d’une grande compagnie d’aviation européenne à Pékin. Ce dernier estime qu’environ la moitié de ces passagers sont des touristes. L’an dernier, 1,67 million de touristes chinois «officiels» se sont rendus à l’étranger par l’intermédiaire d’agences de voyages, selon un responsable du bureau d’Etat des voyages. Ce nombre devrait continuer à augmenter cette année, le maintien d’un yuan fort, alors que la plupart des autres monnaies asiatiques ont baissé, rendant les destinations autorisées toujours plus attrayantes aux yeux des Chinois. (AFP)
Dopés par un yuan fort, les touristes chinois, appareil photos en bandoulière, sont en train de remplacer les touristes japonais dans les grandes capitales européennes, avec tous les aléas liés à cette aventure. «Lorsque nous sommes arrivés à Paris, après une escale à Rome, les valises des 18 personnes de notre groupe avaient toutes été vidées», raconte Zhang Ying, une élégante Chinoise de Shanghai, équipée d’un sac Gucci, dans l’avion qui la ramène en Chine après un périple de 12 jours dans huit pays européens. Le tour, organisé par une agence de voyages pékinoise, a coûté la bagatelle de 25.000 yuans (3.000 dollars) dans un pays où le revenu moyen des citadins oscille autour de 9.000 yuans (1.086 dollars) par an. Mais l’agence de voyages, trop contente de répondre aux aspirations des nouveaux riches...