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Actualités - Chronologie

L'éclipse d'un jeune loup

Boris Nemtsov, qui a annoncé son intention de prendre du recul avec le pouvoir, était considéré lors de son arrivée au gouvernement en 1997 comme une figure emblématique de la jeune génération de réformateurs libéraux russes. M. Nemtsov, lors d’une conversation téléphonique avec le président Boris Eltsine, a annoncé sa décision de ne pas entrer dans la prochaine équipe gouvernementale que doit former le premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine. Il entend prendre un mois de vacances «pour étudier le large éventail de propositions» qui lui ont été faites. Il était jusqu’à dimanche le numéro deux du gouvernement de son ami Sergueï Kirienko, limogé dimanche soir par Boris Eltsine. Il y était vice-premier ministre chargé du secteur énergétique et des monopoles naturels. Il avait connu durant son court passage au gouvernement — de mars 1997 à ce lundi — des fortunes diverses, mais s’était souvent opposé à Viktor Tchernomyrdine, son premier ministre jusqu’en mars 1998. Il s’était notamment attaqué à l’entreprise qu’avait longtemps dirigée M. Tchernomyrdine, le géant gazier Gazprom. Boris Nemtsov, qui fêtera le 9 octobre ses 39 ans, s’est efforcé de restaurer le contrôle du gouvernement sur une société qui était devenue un véritable Etat dans l’Etat. C’est lui également qui avait négocié pied à pied le remboursement de la dette de Gazprom envers l’Etat. Venu de province — il avait fait de sa région de Nijni-Novgorod une vitrine des réformes économiques — ce jeune gouverneur était arrivé à Moscou à l’appel de Boris Eltsine en mars 1997. Boris II Nommé premier-vice premier ministre, il avait pris de plus en plus d’importance dans l’équipe ministérielle, au point d’éclipser brièvement le premier ministre lui-même. La presse l’avait parfois surnommé Boris II, tandis que le chef de l’Etat (Boris Ier) laissait entendre qu’il voyait en lui un successeur possible. Très proche du président, il avait survécu au remaniement ministériel de mars 1998, lorsque M. Tchernomyrdine avait été remplacé par M. Kirienko. Il s’était fait plus discret ces derniers mois, et était resté quasiment muet ces deux dernières semaines, avant et après la dévaluation du rouble et le gel partiel de la dette russe. Ce jeune homme énergique et ambitieux, doté d’un visage de jeune premier, avait réussi avant de «monter» à Moscou une ascension politique fulgurante dans la Russie post-soviétique. Originaire d’une ville balnéaire du sud du pays, Sotchi, il arrive à Gorki (ex-Nijni-Novgorod) comme jeune étudiant à l’Institut de la radio-physique. Docteur ès physique théorique à 25 ans, parlant anglais, il abandonne la science pour se consacrer à une carrière politique. Peu après l’accident à la centrale nucléaire de Tchernobyl en mai 1986, le séduisant jeune homme aux cheveux frisés et à l’allure sportive dirige un mouvement local qui réussit à empêcher la construction à Nijni-Novgorod — quelque 1,5 million d’habitants — d’une centrale atomique. Depuis, le succès a accompagné toutes ses initiatives. En 1990, à l’âge de 31 ans, il est élu au Soviet suprême (ex-Parlement) russe, où il entre au groupe réformateur «Russie démocratique». En décembre 1991, il devient gouverneur de la région de Nijni-Novgorod (Volga), dont il fait en quelques années la vitrine des réformes libérales en Russie. Partisan fervent de la propriété privée de la terre, M. Nemtsov s’engage dans une réforme agraire, contribuant à la création de petites exploitations agricoles. Peu à peu, il acquiert une réputation de défenseur des petits entrepreneurs russes. (AFP-Reuters)
Boris Nemtsov, qui a annoncé son intention de prendre du recul avec le pouvoir, était considéré lors de son arrivée au gouvernement en 1997 comme une figure emblématique de la jeune génération de réformateurs libéraux russes. M. Nemtsov, lors d’une conversation téléphonique avec le président Boris Eltsine, a annoncé sa décision de ne pas entrer dans la prochaine équipe gouvernementale que doit former le premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine. Il entend prendre un mois de vacances «pour étudier le large éventail de propositions» qui lui ont été faites. Il était jusqu’à dimanche le numéro deux du gouvernement de son ami Sergueï Kirienko, limogé dimanche soir par Boris Eltsine. Il y était vice-premier ministre chargé du secteur énergétique et des monopoles naturels. Il avait connu durant son...