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Actualités - Chronologie

Mobilisation contre le Dianaland

Les habitants de Kensington, à Londres, ont entrepris de se mobiliser contre la nuisance que représenterait selon eux la réalisation d’un coûteux projet de «Dianaland» dans leur quartier huppé. Ce projet, qui n’en est encore qu’au stade des consultations, émane d’un comité gouvernemental présidé par le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown et comprenant entre autres la sœur de Diana et son ancien majordome. D’un coût minimal de 10 millions de livres (16 millions de dollars), il prévoit de transformer de fond en comble les jardins du palais de Kensington, où résidait la princesse, pour en faire un «parc du peuple» dédié à sa mémoire. Les habitants de Kensington se souviennent encore des foules qui avaient envahi leur îlot de tranquillité après la mort tragique de la princesse, il y a un an, afin de déposer des gerbes de fleurs au pied des grilles de son palais. Ils redoutent donc que les «pèlerins du peuple» n’affluent à nouveau de toutes parts par cars entiers, que les rues du quartier soient à nouveau bondées et que les transports publics ne puissent faire face. Le nombre de visiteurs dans les jardins de Kensington a déjà doublé depuis la mort de la princesse de Galles et Ersel Buckley Sharp, secrétaire de l’Association de défense des habitants du quartier, criant les effets dévastateurs de la création de ce véritable Dianaland. «Ce qui s’est passé l’an dernier, c’était extraordinaire. C’était très émouvant, mais on ne pouvait pas absolument plus marcher sur les trottoirs. C’était un gigantesque embouteillage humain», se souvient-elle. Pour elle, si le projet se concrétise, le quartier va devoir faire face à une inondation de papiers gras de McDonald et autres cornets vides de Kentucky Fried Chicken et c’est le contribuable qui paiera la note au bout du compte. «D’accord, elle vivait au palais de Kensington, mais il y a bien d’autres endroits où cet argent pourrait être dépensé», dit-elle. Ladies and dogs «The Times» juge que l’estimation de 10 millions de livres pour réaliser ce parc du souvenir sur 11 hectares est étriquée: «Ce parc du peuple aura besoin d’un parking du peuple et de gardiens de parc du peuple pour faire face aux millions de pèlerins qui visiteront le sanctuaire». Dans ce conflit aux accents perceptibles de lutte de classe, la presse londonienne murmure que la reine Elisabeth et d’autres membres de la famille royale, dont certains résident au palais de Kensington, ont pris parti en dénonçant le projet comme une «fantaisie absurde». «On peut difficilement s’attendre à ce qu’ils sautent de joie à l’idée de voir des millions de personnes grouiller devant chez eux», a confié un ami de famille au «Sunday Times». Pour sa défense, Gordon Brown fait valoir que ce projet de parc du souvenir, qui incluerait un jardin merveilleux pour les enfants et un jardin olfactif et tactile pour les aveugles, arrivait largement en tête des 10.000 suggestions faites par le public. «Nos propositions sont simples, élégantes et dignes», a-t-il assuré en se disant persuadé que les habitants s’inquiétaient à tort et changeraient d’avis lorsqu’ils en auraient pris connaissance en détail. L’ancien ministre conservateur de la Défense, Alan Clark, un des élus de Kensington, n’est pas de ceux-là. Il dénonce ce projet comme une immense gabegie et un triste symbole de «la culture abêtissante du prochain millénaire». L’irritation des gens «comme il faut» du quartier est telle qu’ils envisagent des actions écologistes de choc pour éviter que l’on massacre l’un des plus beaux parcs royaux de la capitale. Brian Sewell, critique artistique au journal londonien «Evening Standard», prophétise que «les vieilles ladies et leurs chiens vont s’allonger devant les bulldozers». (Reuters)
Les habitants de Kensington, à Londres, ont entrepris de se mobiliser contre la nuisance que représenterait selon eux la réalisation d’un coûteux projet de «Dianaland» dans leur quartier huppé. Ce projet, qui n’en est encore qu’au stade des consultations, émane d’un comité gouvernemental présidé par le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown et comprenant entre autres la sœur de Diana et son ancien majordome. D’un coût minimal de 10 millions de livres (16 millions de dollars), il prévoit de transformer de fond en comble les jardins du palais de Kensington, où résidait la princesse, pour en faire un «parc du peuple» dédié à sa mémoire. Les habitants de Kensington se souviennent encore des foules qui avaient envahi leur îlot de tranquillité après la mort tragique de la princesse, il y a un an, afin de...