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Actualités - Chronologie

Discrétion ou indifférence pour un anniversaire

Tchèques et Slovaques commémorent le 30e anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie dans la discrétion, sinon l’indifférence. Tout au plus, les 5,5 millions de Slovaques trouvent-ils, dans le rappel de ces journées, l’occasion de saluer la mémoire d’un de leurs héros, Alexander Dubcek, symbole du «Printemps de Prague» qui rêva d’un communisme à visage humain. L’ex-dissident Vaclav Havel, sorti de prison en 1989, année de la chute du communisme, pour être aussitôt promu président de l’éphémère Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque n’a, quant à lui, rien à dire depuis son lit d’hôpital. La présidence a annoncé qu’il ne comptait pas adresser, à cette occasion, de message aux 10,5 millions de Tchèques. Ces derniers, confrontés à la récession économique, songent surtout à leurs problèmes quotidiens. Ils occultent cette tranche de leur histoire, marquée après août 1968 par la terrible «normalisation» à laquelle durent se plier – avec toutes les compromissions qu’elle entraîna – Tchèques et Slovaques durant une vingtaine d’années d’oppression. En république tchèque, seules quelques manifestations confidentielles – expositions photographiques, colloques et dépôts de gerbes – marquent l’écrasement du «Printemps de Prague». Le pardon Lundi, l’inauguration d’une exposition de photos de l’occupation soviétique, en présence du premier ministre et chef du parti social-démocrate CSSD, Milos Zeman, des membres de son gouvernement, et du fils d’Alexander Dubcek, n’a réuni que deux cents personnes environ. Les organisateurs d’une manifestation prévue le 21 août devant l’immeuble de la radio, au-dessus de la place Venceslas, espèrent plus d’attention en ce lieu symbolique. C’est là que se déroulèrent les grandes manifestations de protestation contre l’envahisseur et que l’étudiant Jan Palach s’immola par le feu en janvier 1969 pour protester contre l’occupation soviétique. M. Zeman, qui se berça, avec ses nombreux compatriotes, de l’illusion de réformer le communisme, n’a aucune raison de célébrer aujourd’hui cet échec (en 1968, il avait adhéré au PC qui le rejeta par la suite de ses rangs, comme Alexander Dubcek). Son allié de droite dans le gouvernement d’aujourd’hui, l’ex-premier ministre Vaclav Klaus, chef du Parti démocratique civique ODS, qui a conclu avec le CSSD, «un accord d’opposition», manifeste, quant à lui, une indifférence condescendante vis-à-vis des événements de 1968: à l’époque, il poursuivait des études à l’étranger. La presse, plus prolixe, a abondamment prêté ses pages à certains des acteurs du «Printemps de Prague». Et l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev de confier samedi au journal slovaque «Narodna Qbrada» que le «Printemps de Prague» fut «le commencement de la fin du système totalitaire, sans lequel la «perestroïka» n’eût pas été possible». Depuis l’effondrement du bloc soviétique, tous les pays envahisseurs – RDA, Pologne, Hongrie, Bulgarie et URSS – qui envoyèrent un total de 600.000 soldats sur le sol tchécoslovaque, ont cherché à obtenir le pardon pour cette agression. (AFP)
Tchèques et Slovaques commémorent le 30e anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie dans la discrétion, sinon l’indifférence. Tout au plus, les 5,5 millions de Slovaques trouvent-ils, dans le rappel de ces journées, l’occasion de saluer la mémoire d’un de leurs héros, Alexander Dubcek, symbole du «Printemps de Prague» qui rêva d’un communisme à visage humain. L’ex-dissident Vaclav Havel, sorti de prison en 1989, année de la chute du communisme, pour être aussitôt promu président de l’éphémère Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque n’a, quant à lui, rien à dire depuis son lit d’hôpital. La présidence a annoncé qu’il ne comptait pas adresser, à cette occasion, de message aux 10,5 millions de Tchèques. Ces derniers, confrontés à la...