Trente ans après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, les Slovaques continuent de revendiquer une page dans l’histoire du «Printemps de Prague», jusque-là exclusivement attribuée aux Tchèques. A Bratislava, on souligne le prix payé par les manifestants slovaques — une trentaine de morts et des centaines de blessés — fauchés par les balles des armées des «pays frères» dans les premiers mois de l’occupation. Durant cette période, quelque 90 morts ont été dénombrés dans toute la Tchécoslovaquie. La polémique demeure sur les motivations des foules slovaques qui défièrent les fusils des envahisseurs à partir du 20 août 1968. Etaient-elles mues par le combat pour un communisme à visage humain où par un nationalisme ombrageux qui aboutit, en janvier 1993, à la scission de la Tchécoslovaquie partagée entre Slovaquie et République tchèque? Les cinq millions de Slovaques peuvent en tout cas s’enorgueillir que l’artisan et la figure emblématique du «Printemps de Prague» était l’un des leurs: Alexander Dubcek. Le mouvement réformateur échouera, mais les Slovaques y gagneront un début de reconnaissance de l’identité nationale. Une loi permettant la transformation de la Tchécoslovaquie en une fédération et la création formelle de la République slovaque sera adoptée en octobre 1968, deux mois après l’invasion soviétique. Autre protagoniste slovaque de l’époque, l’opportuniste Gustav Husak, qui succéda en avril 1969 à Dubcek, à la tête du Parti communiste tchécoslovaque (PCT), puis accéda à la présidence de l’Etat en 1975, figure lui aussi parmi les principaux acteurs du «Printemps de Prague». Les Slovaques sont moins diserts sur un autre de leurs compatriotes, Vasil Bilak, 81 ans, unique survivant des «traîtres qui invitèrent» les troupes du Pacte de Varsovie à intervenir contre les réformateurs tchécoslovaques. Retiré dans une villa cossue de Bratislava, il nie aujourd’hui avoir signé une lettre d’invitation aux armées frères. Au-delà de leurs divergences, souligne-t-on à Bratislava, ces trois hommes ont été les témoins de la lutte slovaque contre le «tchécoslovaquisme» personnifié dans les années 1960 par l’ultra-tchèque Antonin Novotny, chef du PCT. (AFP)
Trente ans après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, les Slovaques continuent de revendiquer une page dans l’histoire du «Printemps de Prague», jusque-là exclusivement attribuée aux Tchèques. A Bratislava, on souligne le prix payé par les manifestants slovaques — une trentaine de morts et des centaines de blessés — fauchés par les balles des armées des «pays frères» dans les premiers mois de l’occupation. Durant cette période, quelque 90 morts ont été dénombrés dans toute la Tchécoslovaquie. La polémique demeure sur les motivations des foules slovaques qui défièrent les fusils des envahisseurs à partir du 20 août 1968. Etaient-elles mues par le combat pour un communisme à visage humain où par un nationalisme ombrageux qui aboutit, en janvier 1993, à la scission de...
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