Une éraflure, un cœur, une croix: les signes qui distinguent le treizième pilier du tunnel du pont de l’Alma attirent encore chaque jour des dizaines de curieux qui se glissent sous terre par un trottoir étroit pour un cliché du lieu où est morte Diana. De jour comme de nuit, des visiteurs se penchent, «pour voir», par-dessus le parapet qui longe l’entrée ouest du tunnel, dans le 8e arrondissement. Peu importe que l’accident ait eu lieu en sens inverse. La plupart croient apercevoir la colonne bétonnée où le prénom de la princesse a été écrit à la va-vite en cyrillique. Mais davantage que ce pilier blanc, c’est aujourd’hui une flamme dorée qui symbolise l’ardeur de la dévotion à Diana. Depuis début août, des touristes viennent à nouveau s’agglutiner autour d’une torche surélevée, réplique exacte de celle de la statue de la liberté, érigée en 1987 place de l’Alma pour symboliser l’amitié franco-américaine. Des centaines de «love you», «remerciements» et «admiration» y sont griffonnés, tout comme sur le sol et sur le parapet qui surplombe l’entrée du tunnel. «On est très proche de la dévotion à la Vierge», explique Denise Gluck, conservateur du patrimoine au Musée national des arts et traditions populaires. Depuis le 1er septembre 1997, elle est souvent venue observer, interroger, filmer la foule. Portraits de Diana et fleurs séchées dans leur sachet plastique ont été photographiés pour les archives du musée, tout comme ces hommages signés de noms du monde entier: «Diana et Dodi: une mort tragique pour un parfait amour» ou «le Portugal te regrette». «C’est un phénomène tellement extraordinaire, cette dévotion spontanée autour d’une femme malheureuse... Et il y a presque autant de journalistes que de touristes. Un jour, peut-être, on en fera une exposition», précise le conservateur. Les deux jeunes femmes qu’elle a employées pour l’aider dans cette tâche sont en terrain connu: jusqu’à présent, elles étudiaient les ex-voto dans l’église Notre-Dame des Victoires, à Paris. A quelques pas de la Tour Eiffel et des Champs-Elysées, la flamme est devenue l’un des monuments les plus photographiés de Paris. Une mise en garde dactylographiée précise pourtant: «Ce monument a été érigé en 1987 et donc non à la mémoire de Diana. Merci de le respecter comme vous respectez Diana». Mais rien n’y fait. «Que votre doux visage illumine la flamme», répond le texte d’une admiratrice. Une autre main a écrit: «N’y aura-t-il jamais de plaque à la mémoire de Diana?» La même écriture qui affirme au-dessus, en anglais: «Ce n’était pas un acci...» Parmi les «pèlerins» étrangers, les femmes sont majoritaires. Roju Mahboub, Suédoise d’origine iranienne, s’est agenouillée pour écrire la carte qu’elle va accrocher là. «Nous avions tout suivi l’an dernier, après la tragédie, et nous pleurions devant la télévision», explique son mari Wanje. «Aujourd’hui, c’est la journée de maman», dit-il à son fils, coiffé d’une casquette Eurodisney. Roju regrette seulement de ne pas avoir trouvé de bouquet. Le fleuriste de l’avenue George V ne rouvrira que le 31 août, un an jour pour jour après la mort de la princesse. «Elle est morte là, en bas», explique en passant une femme à son fils de 6 ans. «C’était quoi son nom?», demande l’enfant. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une éraflure, un cœur, une croix: les signes qui distinguent le treizième pilier du tunnel du pont de l’Alma attirent encore chaque jour des dizaines de curieux qui se glissent sous terre par un trottoir étroit pour un cliché du lieu où est morte Diana. De jour comme de nuit, des visiteurs se penchent, «pour voir», par-dessus le parapet qui longe l’entrée ouest du tunnel, dans le 8e arrondissement. Peu importe que l’accident ait eu lieu en sens inverse. La plupart croient apercevoir la colonne bétonnée où le prénom de la princesse a été écrit à la va-vite en cyrillique. Mais davantage que ce pilier blanc, c’est aujourd’hui une flamme dorée qui symbolise l’ardeur de la dévotion à Diana. Depuis début août, des touristes viennent à nouveau s’agglutiner autour d’une torche surélevée, réplique exacte...