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Actualités - Chronologie

Les expats affluent au Beach de Brazzaville

Alors que la rébellion progresse sur Kinshasa, Français et autres expatriés continuent de fuir la capitale de la République démocratique du Congo, traversant par barges le fleuve Congo pour se réfugier à Brazzaville. Quatre à cinq bateaux font quotidiennement la navette entre les deux rives du fleuve et, chaque fois, le même scénario recommence. Au fur et à mesure que le navire s’approche des quais du «Beach», le débarcadère de Brazzaville, une multitude de porteurs et de petits voyous grimpent par-dessus les grilles qui servent à canaliser l’arrivée des passagers et se précipitent à la rencontre de la barge. Treillis estampillés «Armée française», casquette de base-ball et inévitables lunettes noires sur le nez, les policiers congolais tentent de repousser cette foule avant d’être submergés de tous côtés. Les soldats français du 3e Régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMa), qui ont pris position sur une partie du débarcadère pour accueillir les «expats», regardent d’un œil mi-intrigué mi-dubitatif la fourmilière de porteurs, passagers et hommes en armes qui s’agite autour d’eux. Les sirènes de la barge donnent le signal du débarquement sur la rive du Congo-Brazzaville. Dans un chassé-croisé chaotique, les passagers qui tentent de descendre doivent jouer des coudes pour ne pas se faire pousser à l’eau par les «Zaïrois» qui voudraient monter à bord et rentrer au pays. Commence alors le calvaire des formalités de douane. Les candidats à l’exil s’entassent dans un long couloir grillagé jusqu’à une petite maisonnette en fer qui fait office de frontière et de jeunes adolescents, Kalachnikov en bandoulière, fouillent les bagages. Kinshasa calme Cris, protestations, sacs éventrés, quelques billets passent discrètement d’une main à l’autre. Les voyageurs sortent de ce parcours épuisés, suant à grosses gouttes. Les expatriés, valises à bout de bras, se précipitent alors vers les soldats français, à la recherche du personnel consulaire. «Vous travaillez à l’ambassade?», s’entendent demander des journalistes qui flânent sur le débarcadère. Talkie-walkie dans la poche, un téléphone portable dans chaque main, un diplomate collecte les passeports des futurs évacués. Beaucoup ont laissé en RDC un mari, un fils ou des amis. «L’ambiance est étrangement calme à Kinshasa», raconte une mère de famille, ses deux enfants dans les bras. «Mais le ressentiment anti-français tend à se généraliser», ajoute un commerçant. Tous condamnent unanimement les récentes déclarations du ministre français de la Coopération Charles Josselin critiquant le président Laurent-Désiré Kabila, qui «n’ont fait qu’aggraver notre situation». Quelques minutes plus tard, les valises sont rangées dans des camions militaires. Les premiers passeports tamponnés, les étrangers montent dans un bus et attendent patiemment qu’on les conduise au centre culturel français. Là, on leur distribuera des bouteilles d’eau et des rations de combat en guise de repas avant de les évacuer par avion Transall sur Libreville. Plusieurs dizaines de Français titulaires de cartes de séjour mais également des ressortissants chinois, turcs, britanniques ou portugais ont été ainsi pris en charge par le dispositif d’évacuation français transféré sur la capitale gabonaise. Quelques cas posent problème: une carte de séjour périmée, un passeport volé ou un candidat au voyage gratuit sur Paris. Mais «les opérations se déroulent jusqu’à présent tout à fait normalement», estime un membre de l’ambassade de France à Brazzaville. (AFP)
Alors que la rébellion progresse sur Kinshasa, Français et autres expatriés continuent de fuir la capitale de la République démocratique du Congo, traversant par barges le fleuve Congo pour se réfugier à Brazzaville. Quatre à cinq bateaux font quotidiennement la navette entre les deux rives du fleuve et, chaque fois, le même scénario recommence. Au fur et à mesure que le navire s’approche des quais du «Beach», le débarcadère de Brazzaville, une multitude de porteurs et de petits voyous grimpent par-dessus les grilles qui servent à canaliser l’arrivée des passagers et se précipitent à la rencontre de la barge. Treillis estampillés «Armée française», casquette de base-ball et inévitables lunettes noires sur le nez, les policiers congolais tentent de repousser cette foule avant d’être submergés de tous...