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Actualités - Chronologie

Le programme de privatisation en danger

L’effondrement des marchés et la crise de confiance des investisseurs rendent plus que délicate la réussite du programme de privatisations que la Russie entendait mener à bien cette année, et par prudence la cession d’une partie de Gazprom a été repoussée mercredi. Mais le gouvernement, qui doit absolument approvisionner ses coffres pour redresser la situation socio-économique, a tout de même lancé la vente du holding de télécommunications Sviazinvest, espérant que ce secteur de pointe pourra attirer l’attention. Sur le conseil de la Deutsche Bank, consultant du gouvernement, l’appel d’offre pour la cession de 5% du géant gazier Gazprom a été repoussée, a annoncé le président du Fonds de privatisations, Igor Chouvalov. La Deutsche Bank estime préférable d’attendre de voir si les candidats potentiels (au nombre de 5, selon M. Chouvalov) sont prêts à faire une offre dans les conditions actuelles. Le prix annoncé la semaine dernière, de 10,3 milliards de roubles (1,65 milliard USD au cours d’avant la dévaluation), «sera maintenu si l’appel d’offres est lancée dans les prochains jours». En revanche, il pourrait changer si le concours prend place plus tard, a-t-il ajouté. Au cours de mercredi, la somme représente 1,47 md USD. Ce prix initial est cependant d’ores et déjà jugé trop élevé par les analystes, alors que les investisseurs ont déserté la Russie. «Le gouvernement craint un nouveau fiasco. Et c’est pour cela qu’il reporte la vente», selon Julian Lee, analyste au Center for Global Energy Studies à Londres. Par deux fois cette année, la Russie a tenté d’attirer les candidats pour céder 75% de la société pétrolière Rosneft, pour un prix de 1,6 milliard de dollars. Ce fut un échec cinglant. La remise en vente prévue pour octobre pourrait encore être repoussée. Reporter la cession du premier producteur mondial de gaz est donc une nécessité. «Dans le contexte actuel, on ne peut attirer les investisseurs étrangers», relève un analyste d’une banque d’affaires occidentale. Le secteur est en grande difficulté. Les cours du brut ont chuté et la rentabilité des grands groupes énergétiques est loin d’être évidente. «L’échec de Rosneft vient principalement de la faiblesse des cours du pétrole. La même chose peut arriver à Gazprom, les prix du gaz étant liés à ceux du brut», relève M. Lee. «En outre, on s’inquiète en raison de la façon dont les compagnies russes ont traité dans le passé les actionnaires minoritaires. C’est important pour une compagnie comme Gazprom», ajoute cet expert. Gazprom est en effet un monstre tentaculaire, dont les activités se sont étendues sur tous les secteurs, et dont la gestion, sous le contrôle quasi unique de son président Rem Viakhirev, manque de transparence. Le Kremlin compte donc sur la cession de 25% (moins deux actions) de Sviazinvest pour enregistrer un succès. Le gouvernement russe a fixé mercredi à 1,035 milliard de dollars le prix de cette participation. L’acheteur devra également investir 516 millions de dollars dans la compagnie. L’appel d’offres sera clos le 13 octobre. L’an dernier, 25% plus une action de Sviazinvest avaient été vendues pour 1,87 milliard de dollars au groupe financier Onexim. «L’intérêt pour cette affaire est réel», affirme M. Chouvalov. Et de fait le secteur des télécommunications se porte bien. «Il investit pour l’élargissement du réseau, dans la digitalisation. Même les entreprises régionales investissent», relève un analyste. «C’est un secteur où existent très peu de problèmes de liquidités. Si on ne paie pas sa facture, le téléphone est coupé», ajoute-t-il. Mais tout dépendra du sentiment de confiance dans la Russie. Dans ce cadre, les détails anxieusement attendus sur la restructuration de la dette intérieure russe — initialement prévus pour mercredi, mais repoussés à lundi — seront déterminants. «Si les investisseurs sont floués, la confiance ne pourra revenir», note le marché. Les privatisations n’ont apporté que 1,3 md USD au premier semestre. Les prévisions budgétaires tablaient sur 8,1 mds. (AFP)
L’effondrement des marchés et la crise de confiance des investisseurs rendent plus que délicate la réussite du programme de privatisations que la Russie entendait mener à bien cette année, et par prudence la cession d’une partie de Gazprom a été repoussée mercredi. Mais le gouvernement, qui doit absolument approvisionner ses coffres pour redresser la situation socio-économique, a tout de même lancé la vente du holding de télécommunications Sviazinvest, espérant que ce secteur de pointe pourra attirer l’attention. Sur le conseil de la Deutsche Bank, consultant du gouvernement, l’appel d’offre pour la cession de 5% du géant gazier Gazprom a été repoussée, a annoncé le président du Fonds de privatisations, Igor Chouvalov. La Deutsche Bank estime préférable d’attendre de voir si les candidats potentiels (au...