Le commandant Massoud se prépare à défendre la vallée du Panshir
le 20 août 1998 à 00h00
Des dizaines de familles afghanes ont fui la vallée du Panshir, au nord de Kaboul, devant l’avancée des troupes des Taliban d’une part et les assurances des forces de l’opposition de défendre ce bastion coûte que coûte. Les Taliban se sont emparés la semaine dernière de nombreuses villes clé jusqu’alors contrôlées par l’opposition. Ils sont aujourd’hui rassemblés autour des quatre provinces toujours tenues par le commandant Ahmad Shah Massoud dans le nord-est d’une part et celles contrôlées par la milice chiite Hezb-i-Wadhat dans le centre du pays. Massoud, originaire du Panshir, a juré de ne pas laisser les soldats intégristes pénétrer dans la vallée, qui est située à une centaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Les soldats de Massoud se sont postés dans les provinces de Takhar, d’où ils surveillent un axe vital à leur approvisionnement au nord, vers le Tadjikistan. Il leur reste moins de deux mois pour se fournir en vivres, essence, armes et médicaments avant que la neige ne bloque les cols de la frontière. Exode vers la capitale Le commandant de l’opposition a demandé aux habitants de quitter la zone pour des raisons de sécurité parce qu’il a annoncé son intention de lutter jusqu’au bout, ont rapporté des personnes ayant traversé la vallée récemment. «Nous sommes venus à Kaboul après ses déclarations. Des dizaines de familles ont préféré partir par peur de la guerre», explique un habitant du Panshir qui vient juste d’arriver à Kaboul. Sous couvert d’anonymat, il raconte que Massoud s’est adressé aux habitants il y a deux semaines, leur expliquant que les hommes qui souhaitaient combattre pouvaient rester mais que les autres devaient fuir avec leurs familles. «Je ne sais pas combien de volontaires sont restés mais l’idée (de Massoud), c’était de dire aux habitants qu’il y allait de nouveau avoir des pénuries de vivres et de biens de première nécessité si la guerre continuait», ajoute-t-il. Hommes, femmes, parfois très âgés, et enfants quittent donc le Panshir avec les biens qu’ils peuvent transporter et arrivent à Kaboul pour commencer une nouvelle vie, raconte-t-il. Dans les années 80, l’armée soviétique avait tenté plusieurs opérations d’envergure dans le Panshir pour en déloger les résistants afghans. Massoud était alors l’un des rares dirigeants afghans à être resté à l’intérieur du pays pour combattre les troupes de Moscou, la plupart des autres dirigeaient leurs soldats depuis le Pakistan voisin. (Reuters)
Des dizaines de familles afghanes ont fui la vallée du Panshir, au nord de Kaboul, devant l’avancée des troupes des Taliban d’une part et les assurances des forces de l’opposition de défendre ce bastion coûte que coûte. Les Taliban se sont emparés la semaine dernière de nombreuses villes clé jusqu’alors contrôlées par l’opposition. Ils sont aujourd’hui rassemblés autour des quatre provinces toujours tenues par le commandant Ahmad Shah Massoud dans le nord-est d’une part et celles contrôlées par la milice chiite Hezb-i-Wadhat dans le centre du pays. Massoud, originaire du Panshir, a juré de ne pas laisser les soldats intégristes pénétrer dans la vallée, qui est située à une centaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Les soldats de Massoud se sont postés dans les provinces de Takhar, d’où ils...
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