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Actualités - Chronologie

Kim Jong-Il, le dirigeant fantôme d'un pays isolé

Kim Jong-Il s’apprête à prendre finalement la présidence de la Corée du Nord, un pays ravagé par la famine depuis trois ans, mais qui n’a subi aucun changement de fond depuis la mort de son père et «grand dirigeant», Kim Il-Sung en juillet 1994. Le tir d’un missile balistique lundi au-dessus du Japon est venu compliquer l’énigme permanente que représente pour les spécialistes ce pays isolé du monde. Toutefois, les analystes n’attendant pas de changement dans la ligne dure suivie par le régime stalinien. La vieille tactique de la menace militaire paraît demeurer la pierre angulaire de la diplomatie nord-coréenne qui cherche des aides économiques internationales pour compenser une situation de faillite économique. «Il est très difficile dans une société aussi opaque de dire où va se diriger la Corée du Nord sous Kim Jong-Il, mais il semble douteux qu’il veuille ou puisse réaliser des changements majeurs», affirme un diplomate en poste à Séoul. «Ce tir de missile paraît confirmer cette hypothèse, quelques jours avant qu’il n’assume ces nouvelles fonctions. Il s’agit d’un signal fort — volontaire ou non — de ses intentions». Kim qui s’est beaucoup appuyé depuis la mort de son père sur l’armée, forte d’un million d’hommes pour une population de 22 millions, semble vouloir réaliser une démonstration de force à la veille de son entrée formelle dans une fonction qu’il assumait de facto depuis 1994. Kim, âgé de 56 ans, devrait être élu, sans doute samedi, par l’Assemblée constituée pour l’occasion après plusieurs années de mise en sommeil. Déjà secrétaire général du parti unique, il assumera ainsi la direction suprême du pays avec les mêmes titres que son père au moment où sera célébré le 50e anniversaire de la fondation de la Corée du Nord, le 9 septembre. Les spéculations sur les conditions de cette transmission dynastique de pouvoir sans précédent dans le monde communiste durent depuis le décès de Kim Il-Sung. Timidité Le jeune Kim, préparé pendant 24 ans pour la succession, était déjà du vivant de son père commandant des forces armées. En octobre dernier, il a été désigné secrétaire général du Parti des travailleurs. Certains analystes, soulignant la timidité de Kim qui n’a jamais été entendu prononcer un discours en public, se demandent s’il n’est pas écrasé par la personnalité de son père, qui fait toujours l’objet d’un pesant culte de la personnalité. «En fait, il était déjà en charge des affaires et il n’y a aucune raison de penser que la fonction largement honorifique de président de la République changera quelque chose», estime un diplomate. «Kim Jong-Il et la Corée du Nord peuvent rester ainsi pendant des années alternant menaces et promesses, l’astuce consistant à laisser la communauté internationale dans le doute», remarque un spécialiste de la Corée du Nord. (AFP - Reuters)
Kim Jong-Il s’apprête à prendre finalement la présidence de la Corée du Nord, un pays ravagé par la famine depuis trois ans, mais qui n’a subi aucun changement de fond depuis la mort de son père et «grand dirigeant», Kim Il-Sung en juillet 1994. Le tir d’un missile balistique lundi au-dessus du Japon est venu compliquer l’énigme permanente que représente pour les spécialistes ce pays isolé du monde. Toutefois, les analystes n’attendant pas de changement dans la ligne dure suivie par le régime stalinien. La vieille tactique de la menace militaire paraît demeurer la pierre angulaire de la diplomatie nord-coréenne qui cherche des aides économiques internationales pour compenser une situation de faillite économique. «Il est très difficile dans une société aussi opaque de dire où va se diriger la Corée du Nord...