Quatre semaines après le début de la rébellion en République démocratique du Congo, la coalition armée soutenant le président Laurent-Désiré Kabila a assis sa supériorité dans le sud-ouest, ainsi qu’à Kinshasa, désormais sous contrôle gouvernemental. Le président Kabila a affirmé lors d’une courte visite en Namibie où il a rencontré son allié le président Sam Nujoma, que la rébellion serait vaincue «dans une semaine ou deux». Il a ajouté que les rebelles ne résistaient plus que dans l’est de la RDC. Bien installées dans le port fluvial de Matadi, les forces gouvernementales, soutenues par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, semblaient déterminées à porter leur contre-offensive jusque dans l’est, fief des rebelles. Elles ont affirmé encercler la ville de Kalémié (bien Kalémié), sur le bord du lac Tanganyika, au Katanga (sud-est), province d’origine de Kabila, sous contrôle rebelle depuis mercredi. Mais cette information a été aussitôt démentie par la rébellion banyamulenge (Congolais tutsis de souche rwandaise), soutenue par l’Ouganda et selon Kinshasa par le Rwanda. Le chef de la branche politique de la rébellion congolaise, Ernest Wamba dia Wamba, a réaffirmé sa disposition à négocier avec le régime de Kabila, demandant le départ des troupes étrangères de RDC. Au sommet des Non-Alignés de Durban (Afrique du Sud), auquel Laurent-Désiré Kabila ne participe pas, le chef de la diplomatie congolaise a exprimé l’espoir que les travaux permettront de «trouver une panacée» à la crise. C’est aussi l’espoir exprimé par l’Afrique du Sud qui compte bien parvenir à un accord de cessez-le-feu en RDC, lors d’un sommet régional en marge de celui des Non-Alignés, malgré l’incertitude sur la présence de plusieurs acteurs-clés. Un sommet rassemblant les pays de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) que préside actuellement l’Afrique du Sud, devrait se tenir en marge du sommet des Non-Alignés, sous l’égide du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan. A Matadi (sud-ouest) sur le fleuve Congo, principal source d’approvisionnement de Kinshasa, les troupes angolaises alliées de Kabila, qui ont repris la ville dimanche, s’y sont déployées en nombre ainsi qu’à l’aéroport avec des hélicoptères et des blindés, dont des chars lourds. Ratissage Les Angolais ont également sécurisé le périmètre du barrage hydroélectrique d’Inga, à quelque 50 km de Matadi, que les rebelles avaient occupé le 11 août avant de l’abandonner dans la nuit de vendredi à samedi. Dans la capitale Kinshasa, le retour à la normale s’est amorcé malgré l’absence d’électricité. Les commerces, fermés depuis le début, mercredi, des opérations de «ratissage» contre les rebelles infiltrés dans l’est de la ville, ont commencé à rouvrir. Trente camions chargés de 1.000 à 1.500 militaires rebelles, faits prisonniers sur le front sud-ouest, les bras ligotés dans le dos, sont arrivés lundi à Kinshasa. Le gouverneur de Kinshasa, Théophile Mbemba, a félicité la population pour son patriotisme, lui a demandé de remettre à la police toutes les armes saisies sur les rebelles et d’éviter les lynchages. Face aux revers militaires successifs, le chef militaire de la rébellion, le commandant Jean-Pierre Ondekane, s’est rendu à Saïo au sud-Kivu, pour remonter le moral de ses troupes et leur «expliquer la révolution». Dans un message transmis à Kinshasa par son directeur de cabinet Abdoulaye Yerodia, le président Kabila, annonçant l’encerclement de Kalémié, a prédit «des heures décisives» et «une débandade générale» pour les rebelles. M. Wamba dia Wamba, chef du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), s’est redit prêt à négocier, estimant que «la communauté internationale doit faire pression pour que les troupes étrangères quittent le pays et (...) pour commencer des négociations». «Les Congolais doivent s’asseoir autour d’une table et discuter de leurs problèmes. Nous sommes même prêts à octroyer l’amnistie à Kabila s’il démissionne de lui-même», a ajouté M. Wamba dia Wamba. Le vice-ministre congolais de l’Intérieur, le commandant Faustin Munene, a accusé lundi à Kinshasa l’UNITA (ex-rébellion armée angolaise) d’avoir combattu, avec «deux bataillons», aux côtés de rebelles dans le sud-ouest de la RDC. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quatre semaines après le début de la rébellion en République démocratique du Congo, la coalition armée soutenant le président Laurent-Désiré Kabila a assis sa supériorité dans le sud-ouest, ainsi qu’à Kinshasa, désormais sous contrôle gouvernemental. Le président Kabila a affirmé lors d’une courte visite en Namibie où il a rencontré son allié le président Sam Nujoma, que la rébellion serait vaincue «dans une semaine ou deux». Il a ajouté que les rebelles ne résistaient plus que dans l’est de la RDC. Bien installées dans le port fluvial de Matadi, les forces gouvernementales, soutenues par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, semblaient déterminées à porter leur contre-offensive jusque dans l’est, fief des rebelles. Elles ont affirmé encercler la ville de Kalémié (bien Kalémié), sur le bord du...