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Actualités - Chronologie

Procès Agusta-Dassault La justice belge lance une opération mains propres

A neuf mois des élections législatives, le procès Agusta – Dassault de corruption présumée de partis au pouvoir s’apparente à une «opération mains propres» pour la Belgique, dont la justice est discréditée depuis l’éclatement en 1996 de l’affaire Dutroux. A partir de mercredi, la Cour de cassation belge entame le procès du financement occulte présumé des deux partis socialistes belges, à l’occasion de la passation de contrats d’armements à la fin des années 80 avec le constructeur d’hélicoptères italien Agusta et la société française Dassault Electronique. Le Parti socialiste (PS, francophone) et le Socialistische Partij (SP, flamand) sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars. Le SP aurait reçu 51 millions de francs belges (1,3 million USD) d’Agusta et l’équivalent de 60 millions FB (1,6 million USD) de Dassault. Les scandales Agusta et Dassault, comme le financement occulte du PS par l’institut d’études d’opinion Inusop, jugé et condamné en 1996, ont déjà entraîné une modification de la législation belge sur le financement des formations politiques. Les dons d’entreprises à des partis sont interdits depuis 1993 et les dépenses électorales ont été plafonnées. Après ses homologues d’Italie, d’Espagne ou de France, la justice belge va aujourd’hui tenter de mettre un terme définitif à des pratiques illicites (pots-de-vin, caisse noire, financement occulte de partis politiques), lors d’un procès sans précédent dans son histoire. Accumulation d’affaires Les affaires Agusta et Dassault n’ont pas eu jusqu’à présent des effets comparables à ceux de l’opération «Mani Pulite» qui, menée au début des années 90 par une poignée de magistrats milanais anticorruption, a entraîné un renouvellement presque complet du paysage politique transalpin. Les deux scandales belges ont provoqué la chute de quatre anciens ministres, dont Willy Claes qui a dû démissionné en 1995 de son poste de secrétaire général de l’OTAN, mais ils n’ont pour l’instant qu’ébranlé les bastions des deux partis socialistes. En période préélectorale, l’issue du procès Agusta-Dassault pourrait toutefois peser lourd pour l’avenir de ces deux formations, au pouvoir sans interruption depuis 1983 et piliers actuels de la coalition de centre-gauche du premier ministre Jean-Luc Dehaene. A l’exception de Serge Dassault, le patron français de Dassault Industries, et de l’avocat d’affaires bruxellois Alfons Puelinckx, les dix autres personnalités poursuivies devant la Cour de cassation sont toutes issues du sérail socialiste belge. L’une des clés du procès consistera à déterminer qui, dans ces partis, a donné son aval aux «dons» présumés des marchands d’armes, et où ces dons ont atterri. La justice belge, après avoir été récemment l’objet de virulentes critiques dans le pays, pourrait tirer bénéfice auprès de l’opinion publique d’avoir su mener à son terme une enquête judiciaire, devenue affaire d’Etat. Depuis dix ans, une singulière accumulation d’affaires non jugées a en effet entaché sa crédibilité et contribuer à détériorer ses relations avec le monde politique. Les tueries du Brabant, meurtres en séries devant des supermarchés au milieu des années 80, et l’assassinat de l’ancien ministre socialiste André Cools en 1991, ne sont toujours pas élucidés à ce jour. A ces affaires est venue s’ajouter la «déflagration» provoquée en 1996 par les agissements du pédophile Marc Dutroux, qui ont jeté une lumière crue sur les déficiences du système judiciaire belge. Le projet d’une réforme de grande ampleur de la justice, qui en est en partie la conséquence, sera examiné au Parlement à l’automne, en même temps que se déroulera le procès Agusta-Dassault. (AFP)
A neuf mois des élections législatives, le procès Agusta – Dassault de corruption présumée de partis au pouvoir s’apparente à une «opération mains propres» pour la Belgique, dont la justice est discréditée depuis l’éclatement en 1996 de l’affaire Dutroux. A partir de mercredi, la Cour de cassation belge entame le procès du financement occulte présumé des deux partis socialistes belges, à l’occasion de la passation de contrats d’armements à la fin des années 80 avec le constructeur d’hélicoptères italien Agusta et la société française Dassault Electronique. Le Parti socialiste (PS, francophone) et le Socialistische Partij (SP, flamand) sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars. Le SP aurait reçu 51 millions de francs belges (1,3 million USD) d’Agusta et...