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Actualités - Chronologie

La peur du Bogue de l'an 2000

La panique créée par la peur du bogue de l’an 2000 en Asie pourrait avoir plus de conséquences que les défaillances informatiques elles-mêmes, au moment même où les gouvernements et les institutions financières mettent en place des solutions, selon des experts. Des millions d’ordinateurs ne peuvent lire que les deux derniers chiffres de l’année. En 2000, ils seront condamnés à «se planter» ou à produire de fausses données en retournant 100 ans en arrière, en l’an 1900. Dans ces conditions, ne pas avoir préparer les systèmes informatiques à ce bogue, connu sous le nom de Y2K, pourrait avoir de graves conséquences, pouvant aller des simples dégâts sur les transactions électroniques jusqu’à des décès. «La peur de ce phénomène sera probablement une source de problèmes plus importants que le Y2K lui-même», affirme Joe Sweeney, directeur de la recherche pour le Gartner Group à Hong Kong. L’Asie, en proie à une profonde crise financière, s’est mobilisée pour rattraper le retard qu’elle avait prise pour faire face au Y2K. Les banques et les institutions financières ont pleinement pris conscience du problème et ont entamé des programmes pour s’adapter. «Le bogue ne devrait pas affecter le secteur bancaire mais la peur que ce soit le cas pourrait déboucher sur des déroutes bancaires», explique M. Sweeney. Cet expert pense que «les banques ont besoin de préciser leur stratégie face au Y2K». «Elles devraient faire des déclarations publiques pour dissiper les malentendus», ajoute-t-il. Les pays industrialisés, tels que Hong Kong, Singapour et l’Australie, sont les plus avancés dans le domaine de la lutte contre les conséquences du bogue. L’Autorité monétaire de Singapour (MAS) a demandé aux entreprises de prendre des mesures avant le 31 décembre prochain. Elle a indiqué la semaine dernière qu’au moins 90% des organismes financiers de Singapour étaient «parfaitement capables» de se conformer à cette demande. La bourse a également mené avec succès, il y a une semaine, un test visant à préparer son système de cotation pour l’an 2000. A Hong Kong, 90% des institutions devraient être capables d’affronter le bogue. 45% le sont dès aujourd’hui, selon l’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA). Les banques de Hong Kong seront soumises à une enquête et pourraient subir des mesures disciplinaires si elles ne respectent pas les décisions de la HKMA. Le gouvernement japonais souhaite, de son côté, avoir mis en place à la mi-septembre un plan d’action pour combattre les risques du bogue. Le premier ministre Keizo Obuchi a récemment annoncé une accélération des mesures. Le Japon, deuxième économie du monde, a jusqu’ici été critiqué pour n’avoir pas assez pris en compte la possibilité d’un chaos informatique. Le Japon a également proposé une aide à la Thaïlande sous la forme d’un prêt de 97,5 millions de dollars. Selon un rapport de l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, la Banque centrale populaire de Chine (PBOC), qui se lance dans le transfert électronique de fonds avec ses branches à l’étranger, est en train d’améliorer ses programmes informatiques et va mener des tests approfondis jusqu’en 1999. L’Inde a prévu de consacrer 375 millions de dollars, dont la moitié provenant de fonds publics, pour mener des efforts contre le bogue. Les entreprises privées ont embauché plus de 10.000 informaticiens. Une enquête de l’International Data Corp. auprès de 500 entreprises a montré que seulement 2% d’entre elles doivent encore prendre des mesures contre le bogue. Le gouvernement indien pense pouvoir régler le problème avant le milieu de l’année 1999. D’autres pays sont beaucoup moins avancés. Aux Philippines, par exemple, «rien n’a été fait pour établir un inventaire approfondi de la situation ou donner des recommandations précises pour guider le gouvernement», a regretté un récent rapport de la Confédération régionale de l’informatique en Asie du Sud-Est. (AFP)
La panique créée par la peur du bogue de l’an 2000 en Asie pourrait avoir plus de conséquences que les défaillances informatiques elles-mêmes, au moment même où les gouvernements et les institutions financières mettent en place des solutions, selon des experts. Des millions d’ordinateurs ne peuvent lire que les deux derniers chiffres de l’année. En 2000, ils seront condamnés à «se planter» ou à produire de fausses données en retournant 100 ans en arrière, en l’an 1900. Dans ces conditions, ne pas avoir préparer les systèmes informatiques à ce bogue, connu sous le nom de Y2K, pourrait avoir de graves conséquences, pouvant aller des simples dégâts sur les transactions électroniques jusqu’à des décès. «La peur de ce phénomène sera probablement une source de problèmes plus importants que le Y2K...